2009 : Top 5 - Pierre Maugein


– PIERRE MAUGEIN –

Cette année est la première depuis l'arrivée de la mode du lâché massif de jeux durant le dernier trimestre à justement ne pas suivre cette voie suicidaire. Un espoir s'est alors dessiné après cette évolution des mentalités, celui de ne pas avoir de bouchons entre octobre et fin décembre, afin de laisser le temps à tout un chacun de simplement découvrir. En effet, difficile de faire son choix quand chaque titre, à peine dévoilé, est déjà noyé sous les campagnes de pub d'un autre et ainsi de suite. Un état de fait qui avait énormément nuit à des jeux pourtant ambitieux l'année dernière. Donc si effectivement, la cohue marketing n'a pas totalement eu lieu, c'est pour se reporter dès le mois de mars avec par exemple des titres comme Resonance of Fate ou Dante's Inferno qui passeront sûrement inaperçus face à des Final Fantasy XIII, God of War III et autres séries à rallonge au poids médiatique plus imposant. Tout ça pour dire que si cette année a été riche en bonnes surprises, il ne m'a pas été facile de me concentrer pleinement sur des titres qui m'attiraient pourtant énormément, malgré cette très légère diminution des sorties automnales. Donc, je vais proposer aux éditeurs un petit planning que je leur enverrai sous peu avec mes disponibilités. Merci d'avance.

 

1 – Tales of Vesperia (X360)

Mes rapports avec la série Tales of sont plutôt conflictuels. Après avoir découvert agréablement à une époque reculée Tales of Destiny, je m'étais lancé avec envie sur un Tales of Symphonia qui agrémentait une ludothèque GameCube à l'époque bien maigre. Après cette cruelle désillusion et le combo détonnant avec Tales of The Abyss, je mettais cette série de côté sans grands regrets. Et au détour du test de Tales of Vesperia, dont la démo honteuse ne rendait pas du tout hommage au jeu et m'avait refroidi, j'ai découvert un excellent RPG avec étonnement. Possédant un casting attachant et un héros aussi charismatique que riche, le jeu de Namco reste classique dans ses fondements, mais s'y tient avec tant de classe, de maîtrise et de passion qu'il capture l'intérêt sans jamais le lâcher. Un RPG qui accroche avec son gameplay, son design général et qui n'a de cesse de rebondir avec intelligence. Ce qui n'a pas été courant ces derniers temps.

 

2 – Uncharted 2 : Among Thieves (PS3)

N'ayant que rarement l'occasion de jouer sur PS3, j'ai commencé cet Uncharted 2 en voulant vérifier si tout le buzz autour de lui était justifié. Autant les premières heures me donnaient l'impression d'un jeu largement surestimé, autant le reste de l'aventure m'a pris sans que je me rende compte. S'il ne fait pas partie des jeux qui marquent une génération, il marque facilement l'esprit via quelques scènes d'une rare intelligence, notamment le passage dans un village tibétain - sublime -, durant lequel les actions, normalement offensives, se transforment en démonstrations d'humanité. Bref, une exploitation géniale du gameplay. Magnifique, rythmé et profondément attachant, Uncharted 2 est une expérience fugace mais d'une rare intensité.

 

3 – Halo 3 : ODST (X360)

Oui, Halo 3 : ODST est daté graphiquement, oui l'aventure solo est courte et oui il est clairement fan-service. Mais à la différence d'un Halo 3 plutôt classique et très proche de ses origines, Halo 3 : ODST met de côté ce passif pour se concentrer sur un élément précis : l'ambiance. Sombre, autant littéralement que dans son atmosphère, le jeu de Bungie se base sur des sessions de jeux bien différentes, en fonction des personnages incarnés. La force du groupe, le sentiment d'être perdu sans vraiment de support en pleine guerre, Halo 3 : ODST tente une construction plus fine que le reste de la série et se montre aussi convaincant qu'avait pu l'être le premier en son temps.

 

4 – Muramasa : The Demon Blade (Wii)

Après un Odin Sphere marquant déjà une évolution du moins connu Princess Crown, le studio Vanillaware a continué son entreprise de mutation en délaissant l'aspect RPG pour un beat'em all explosif visuellement et ludiquement. Intégrant avec goût une grande partie de l'imaginaire japonais soutenu par des tableaux d'Hokusai et des références à Basho, Muramasa : The Demon Blade est un exutoire intuitif et nerveux. Le jeu respire l'envie de bien faire et la passion, en réussissant à les communiquer au joueur par un souffle épique et une tornade artistique.

 

5 – Assassin's Creed II (X360)

Malgré sa redondance et des mécaniques de gameplay très voyantes, le premier Assassin's Creed m'avait profondément marqué pour son ambiance et son culte du beau plan. Corrigeant un grand nombre de défauts de son prédécesseur, sa suite se montre bien plus ouverte au niveau des possibilités de jeu, tout en étant paradoxalement plus fermée dans l'exploration hors cités. Un problème qui se change vite en détail, tant il est fascinant d'arpenter les rues de Venise de nuit, tout en parcourant avec avidité les références historiques contenues dans la base de données impressionnante du jeu. Sûrement perfectible mais disposant d'une véritable intelligence dans son traitement, Assassin's Creed 2 est un titre au caractère aussi trempé que les lames d'Ezio.

 

COUP DE GUEULE

Le RPG japonais sur next gen' : deuxième essai

A la suite d'une année 2008 qui ressemblait, sous beaucoup d'aspects, à un film catastrophe pour le RPG japonais, l'année 2009 était gorgée d'espoir. Ou tout du moins ne pouvait pas être pire. Et pourtant... Les hostilités ont débuté avec un Star Ocean : The Last Hope d'une mièvrerie affligeante, doublé d'un casting atroce, arrivant même à détruire les bonnes idées du titre. J'en profite pour faire un mea-culpa. Bien qu'étant allé loin dans le jeu au moment de mon test, j'espérais encore quelque peu, je pensais que le tout allait décoller, je sentais un envol. Et ce fut tout le contraire. Le jeu se ramassant de plus en plus dans une narration poisseuse. Cela n'enlève rien à ses qualités purement ludiques, mais en fait un titre de seconde zone, simplement là pour ramener un peu d'argent à Square Enix et se transformer en jeu "salle d'attente" avant Final Fantasy XIII. L'arrivée de tri-Ace chez SEGA n'est donc plus vraiment surprenante. Tales of Vesperia a heureusement amené son savoir-faire et ses bonnes idées, sortant l'année d'une torpeur incroyable, comme avait su le faire Eternal Sonata en 2007. Tout ça pour finir en beauté face à un Magna Carta 2 sympathique dans le fond mais poussif et sans caractère. Un éventail de titres déchirés de toute part, qui bien qu'un peu rafistolés par Tales of Vesperia, restent sur leurs acquis avec des mécaniques éculées. La nouvelle génération ne devrait pas uniquement être une avancée graphique mais une autre manière de penser l'interactivité, sans complexes vis à vis du cinéma. Le RPG, genre où la narration est omniprésente, est typiquement un terreau propice à ce genre d'expérimentations. Et si les éditeurs japonais souhaitent encore suer à grosses gouttes en tentant de faire quelque chose de l'Unreal Engine et de ses dérivés, qu'ils mettent autant de coeur à inventer. Car le plus gros défaut des RPG "nouvelle génération" est ce manque de génie, ce manque de concepts forts. Le tout couplé à des carences narratives dramatiques. Il est temps d'opérer un retour en arrière pour y piocher les bonnes choses, se les rapproprier et évoluer en les conservant subtilement. A voir si Final Fantasy XIII ou le moins ambitieux mais plus intriguant Resonance of Fate y parviendront. Petit indice, Persona 4 était sur la bonne voie.


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