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Test Urgences sur PC

Test Urgences
La Note
note Urgences 8 20
 

Les plus
  • Mêmes voix que la série
  • Situations folkloriques
  • La démarche chaloupée de l’interne
Les moins
  • Techniquement dépassé
  • Manque de profondeur
  • Interface capricieuse
  • Où est l’humour de la série ?


Le Test

Qui n’a jamais regardé au moins un épisode des aventures médico-sentimentales des docteurs Lewis, Carter et consort ? Comme toute production télévisuelle ou cinématographique bénéficiant d’un certain succès, la série Urgences se consomme désormais également en jeu vidéo. Cette déclinaison était-elle vraiment indispensable ?


Vocation ou vacation ?

 

Jeune interne tout juste tombé des bancs de la faculté de médecine, vous avez la chance (sic) d’intégrer le service d’urgences le plus connu de la planète : celui du Cook County Hospital de Chicago. Félicitations ! L’étincelle de la foi en vos dons pour sauver quotidiennement de nombreuses vies humaines brille encore dans vos yeux. Vous ne savez peut-être pas encore dans quelle spécialité vous spécialiser (toxicologie, orthopédie, cardiologie, neurologie, pédiatrie ou chirurgie générale), mais qu’importe. De toutes façons, vous allez devoir progresser un minimum dans chaque discipline. Ah, la médecine. Vous croyez n’être ici que pour assouvir votre vocation ? Et bien détrompez-vous. Car, à l’instar de ce que l’on voit chaque dimanche soir dans la série télévisée, la vie d’un service d’urgences ne ressemble que bien peu à de la médecine. En effet, au-delà des nombreuses pathologies que vous soignerez lors de vos gardes, vous gérerez tout un ensemble de considérations plus ou moins évidentes telles que votre carrière, les relations humaines avec les différents clans du service, l’hygiène, le stress, la fatigue, vos compétences, sans parler d’invraisemblables catastrophes et de malades pour le moins folkloriques.

 

Vrai/faux SIM’s : Simulation Interactive Médico-Sociale

 

La création du personnage s’effectue par quelques éléments de personnalisation visuels (couleur de la peau, couleur des cheveux, couleur de la blouse, traits du visage) et par la répartition de 12 points de personnalité parmi des caractéristiques classiques : intelligence, charme, dextérité et endurance. On comprend assez vite que la dextérité est indispensable à la pratique de la chirurgie de haut niveau ou que le charme aide à la bonne maîtrise de la pédiatrie, ou plutôt à l’apprivoisement des enfants. Bizarrement, être intelligent n’aide en rien dans la pratique de l’orthopédie. Tout le monde a donc ses chances. Comme tout est bien pensé au Cook County Hospital, une petite visite guidée du lieu vous indique comment vous déplacer et vous orienter. Rapidement, l’interface somme toute assez simple dévoile tous ses secrets. Le jeu se déroule ensuite selon des gardes de 24h (environ 2h en temps réel) qui représentent chacune un épisode de la série. Au cours de cette garde, vous irez diagnostiquer des patients dans la salle de triage pour les orienter, en fonction de la gravité de leur pathologie vers des lits disponibles. Si votre diagnostic révèle un cas d’une gravité dépassant le cadre de vos compétences actuelles, le plus sage consistera à réorienter le patient vers un autre médecin, ou à lui faire passer des examens complémentaires si nécessaire. Chaque patient présente une ou plusieurs pathologies de gravité variable dans différents domaines (cardiologie, neurochirurgie, etc.). Une fois le patient allongé sur son lit en présence d’une infirmière, commence la merveilleuse danse guérisseuse qui fait disparaître les maux … ou pas. Si le cas s’aggrave, n’hésitez pas une seconde à transférer la patate chaude à un autre médecin. Bien évidemment, cela n’embellit pas votre notoriété de faire systématiquement appel à meilleur que vous. En soignant les patients, vous gagnez les points d’expérience nécessaires à améliorer vos compétences. Mais la vie d’interne serait bien trop simple si elle se limitait à soigner des malades. En effet, au cours de votre garde, pensez à vous restaurer et à dormir, à faire du sport pour évacuer le stress ou même prendre une petite douche de temps à autre, juste pour éviter à vos malades de tomber dans les pommes à votre approche. A l’occasion, en socialisant avec les patients ou les autres membres du service, vous obtiendrez des bisous ou des objets bonus avec lesquels vous augmenterez ponctuellement vos caractéristiques. Enfin, vos supérieurs vous attribueront régulièrement des tâches parfois rocambolesques à effectuer dans un délai précis. En outre, lorsque surviendront des événements tous plus improbables les uns que les autres, vous conclurez vite que la vie des urgences est loin d’être un long fleuve tranquille

 

C’est grave docteur ?

 

Projet fort ambitieux que de transposer l’ambiance de la série en jeu vidéo ! Si l’idée de départ séduit, la réalisation est cependant loin d’être à la hauteur de la série. Les graphismes s’avèrent honnêtes pour une production des années 90, et, si le gameplay apparaît simple à maîtriser, c’est parce qu’il est en réalité simpliste. Avec un nombre limité de personnages hospitaliers, nous étions en droit d’attendre un peu plus de profondeur et de charisme, surtout pour les stars. Au lieu de cela, quelques dialogues prédéterminés ne parviennent aucunement à faire oublier les faiblesses de l’interface de communication avec les personnages non joueurs. Tout au plus, s’amusera t’on à bécoter le maximum d’infirmières, à moins que certains ne voient une forme d’aboutissement personnel à faire enfin parti du clan des habitués de la salle de musculation.

 

Pas vraiment une simulation médicale (fort heureusement au demeurant) ni vraiment une simulation sociale, il ne reste même pas l’humour de la série pour sauver le tout de l’ennui. Pire que tout, l’interface se montre extrêmement récalcitrante et on se surprend de manière récurrente à se battre avec la souris pour obtenir un peu de coopération. Réservé aux amoureux de la série télévisée, le jeu risque de les décevoir encore plus que n’importe qui d’autre. Seul le doublage des voix par les véritables « acteurs » de la série apporte une certaine authenticité pour les aficionados. Pour les autres, vous êtes guéris, vous pouvez partir.




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Thierry Cuirot

le mardi 25 octobre 2005, 14:10