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Test Tennis World Tour 2 : du mieux certes, mais il y a encore du boulot derrière

Test Tennis World Tour 2 : du mieux, mais il y a encore du boulot derrière
La Note
note Tennis World Tour 2 12 20
Non, vous ne rêvez pas : en dépit de ces imperfections, on arrive à prendre du plaisir avec Tennis World Tour 2. Alors oui, ce n’est pas le plus beau jeu du monde, mais en matière de gameplay, Big Ant Studios tient quelque chose sur lequel il peut bâtir. Tout part du timing qui apporte de la cohérence aux échanges et permet d’améliorer notre tennis, tout en instillant une dose d’incertitude pour desserrer l’étau quand on est acculé en fond de court. Derrière, c’est vrai que la physique de balle n’est pas extraordinaire, et les puristes tiqueront sans doute sur la propension des joueurs à glisser sur le court, au lieu d’avoir les pieds bien ancrés au sol pour mieux se positionner par rapport à la balle. Mais Tennis World Tour revient de tellement loin, et les progrès sont si tangibles, que l’on tient à saluer l’énorme travail fourni par le studio australien pour sauver la licence des enfers. On ne pensait pas dire ça un jour, mais on est curieux de voir ce que pourrait donner un Tennis World Tour 3.

Les plus
  • Le timing, enfin !
  • Un système de service bien pensé
  • Du rythme dans les échanges
  • Un casting de base solide
  • Des efforts sur les animations
  • Le toc de Nadal avant de servir
  • Des progrès sur le plan visuel...
Les moins
  • ...mais ça reste tout de même insuffisant
  • La physique de balle parfois étrange
  • Le jeu au filet toujours bancal
  • Les cartes finalement anecdotiques
  • Encore quelques téléportations
  • Le mode "Carrière" redondant
  • Plusieurs courts (dont ceux de Roland-Garros) ne sont pas disponibles d'office


Le Test
Quand on voue un amour immodéré à la petite balle jaune, le 22 mai 2018 est une date qui fait encore mal à la tête. Elle correspond en effet à la sortie de Tennis World Tour qui, pendant de longs mois, nous a fait croire qu’il serait le digne héritier de Top Spin 4. Allez, on ne va pas remuer le couteau dans la plaie, d’autant que Bigben Interactive a décidé de confier la licence à Big Ant Studios, déjà connu pour être derrière AO Tennis. Et cette fois-ci, la communication depuis l’annonce du jeu en mai dernier a été feutrée, comme si les développeurs ne voulaient pas se mettre inutilement la pression. Maintenant que nous avons poncé la version définitive de Tennis World Tour 2, on peut vous le dire : on a enfin affaire à un jeu de tennis.

Tennis World Tour 2

L’absence du timing dans Tennis World Tour est une aberration que Big Ant Studios s’est empressé de gommer. Cette fois-ci, un indicateur permet de savoir si l’on a tapé « trop tôt » ou « trop tard », le but étant de claquer régulièrement des « bon » et des « parfait ». Pour y parvenir, il faut d’abord faire la distinction entre les coups précis et les coups puissants. Les premiers sont précieux pour trouver des angles et d’excentrer l’adversaire, tandis que les grosses frappes servent généralement à le déborder, et donc à conclure le point. Selon le type de coup que l’on exécutera, il faudra taper différemment. En gros, dans le cas d’une frappe précise, on devra presser la touche brièvement juste avant que la balle n’entre en contact avec la raquette ; tandis que si l’on souhaite envoyer une praline, il faudra maintenir le bouton et le relâcher avant l’impact. Simple sur le papier, la manip’ est plus délicate à mettre en œuvre car, forcément, il y a d’autres facteurs à prendre en compte. Par exemple, on n’appréhendera pas une balle à plat comme une frappe slicée ou liftée. Le revêtement et le climat peuvent également avoir une incidence sur le rebond ou les effets, sans parler du positionnement. Contrairement à AO Tennis 2 qui faisait une fixette sur le timing, le jeu laisse une marge de manœuvre pour ne pas décourager les moins téméraires. Plus concrètement, si on se loupe au moment d’amorcer un coup précis, la balle restera quand même dans le court. En fait, seuls les caramels mal ajustés sont susceptibles de sortir des limites, ce qui paraît logique.


Alors oui, ce n’est pas le plus beau jeu du monde, mais en matière de gameplay, Big Ant Studios tient quelque chose sur lequel il peut bâtir.




Quoi qu’il en soit, Tennis World Tour 2 est moins prévisible, moins cartésien que Top Spin 4 ; l’une des nombreuses promesses que le premier épisode n’a pas su tenir. Avec la simulation de 2K Sports, dès que l’on prenait l’avantage, on savait que le point était gagné avant même que l’échange ne soit terminé. Le système ne laissait aucune place à l’incertitude : une fois que l’on avait cerné toutes les priorités – comme dans un jeu de baston – on devenait injouable. Dans Tennis World Tour 2, même quand on est au bord de la rupture, il y a moyen d’inverser le rapport de force avec un effet utilisé judicieusement, ou bien une frappe parfaite. En clair, le jeu laisse une chance de se rattraper, quitte à abuser par moments ; car l’I.A. qui décoche une comète en étant au filet, en bout de course, et avec un rebond faiblard, ça vient clairement de l’espace. Puisque l’on aborde les choses qui fâchent, en dépit des efforts de Big Ant Studios, le moteur physique demeure perfectible. Certaines trajectoires ne sont pas claires, et l’inertie des joueurs nécessite encore des retouches. Que l’on soit sur terre battue, gazon, dur ou moquette, on a l’impression de glisser sur le court au lieu d’avoir les pieds bien ancrés au sol. Dans ces conditions, les déplacements manquent cruellement de consistance. Avec un timing qui a désormais son mot à dire, on aurait apprécié des petits pas d’ajustement pour mieux se placer par rapport à la balle.

Tennis World Tour 2


TIC & TOC

Il y a également le syndrome AO Tennis 2, c’est-à-dire le joueur qui se bloque alors qu’il est en mesure de rattraper la balle ; et c’est un phénomène qui se produit souvent, comme s’il était interdit de faire une volée basse, une demi-volée ou de retourner un service puissant. Frustrant. Pareil pour les smashs qui se font impérativement avec un rebond, jamais sans. Mais le pire, c’est lorsque notre joueur s’avance automatiquement vers le filet quand la balle tombe à mi-court. On a beau avoir cherché dans les options pour désactiver une éventuelle assistance, impossible. C’est dommage, car ce choix arbitraire ruine un aspect important du tennis en plus de faire perdre des points bêtement. Cette ineptie permet de souligner que la volée n’a pas gagné en qualité depuis Tennis World Tour, ce qui ne donne pas vraiment envie de monter au filet, ou de passer du temps sur le double inclus d’office. Malgré tout, on est heureux de pouvoir taper dans la balle avec une certaine logique. Quand on se foire, on sait pourquoi. D’ailleurs, avec des bases aussi solides, on n’hésite pas à hausser la difficulté en « Expert » pour s’obliger à varier son jeu. C’est là que nous nous sommes familiarisés avec les subtilités du service et de son système à double réticule plutôt bien pensé. En plaçant le curseur dans chacun d’eux, on s’assure une puissance maximale ; et derrière, il faut cibler une zone du carré de service opposé pour accroître ses chances de faire un ace.

 

Tennis World Tour 2

Bien sûr, rien n’exige de prendre des risques, et on peut très bien la jouer safe en appuyant une première, puis une seconde fois sur le bouton. A ce sujet, on a remarqué que l’I.A. avait aussi tendance à opter pour la sécurité sur le deuxième service. Tant mieux, car la première balle arrive tellement vite en « Expert » (surtout avec John Isner) que c’est un supplice pour la renvoyer ; ou alors, il faut anticiper en laissant un côté ouvert. On ignore si c’est délibéré, mais ça mériterait sans doute d’être un peu plus équilibré pour ne pas avoir la sensation de faire face à un péno. En revanche, rien à dire sur l’amortie qui régale quand elle est parfaitement exécutée du fond du court. Pour ce qui est du rythme plus nerveux, il renforce ce sentiment de satisfaction lorsque l’on conclut un point. Vous l’aurez donc compris, en termes de gameplay, Tennis World Tour 2 n’est pas la catastrophe redoutée, bien qu’à force, les joueurs finissent tous par se ressembler. Comprenez par là que la solidité de Nadal en fond de court, l’adresse de Federer à la volée, ou le revers dévastateur de Wawrinka ne sautent pas aux yeux. A l’exception des gros serveurs, le jeu ne réussit pas à retranscrire la singularité de chacun. Peut-être parce que l’on a dorénavant la main sur les cartes qui octroient un boost ou affaiblissent le joueur d’en face selon le déroulement du match. Inamovibles dans Tennis World Tour, les decks (jusqu’à cinq) peuvent être modifiés cette fois-ci, un magasin permettant d’acheter des packs plus ou moins onéreux (argent, or, diamant).


Il y a également le syndrome AO Tennis 2, c’est-à-dire le joueur qui se bloque alors qu’il est en mesure de rattraper la balle ; et c’est un phénomène qui se produit souvent, comme s’il était interdit de faire une volée basse, une demi-volée ou de retourner un service puissant.


Tennis World Tour 2

Que ceux qui crachent sur les micro-transactions se rassurent, les cartes ne peuvent être achetées qu’avec de la monnaie in-game que l’on accumule en remplissant des objectifs facultatifs pendant les matchs, ou bien en prenant part à des compétitions. A noter que deux types de cartes sont proposés : celles dont les effets durent pendant toute la rencontre (soutien), et celles dont l’impact n’est palpable que sur un laps de temps court (dynamique). Leur utilisation est limitée, histoire de les consommer avec un minimum de réflexion. Si l’on est conscient que Big Ant Studios a voulu ajouter une dimension tactique à Tennis World 2, les cartes ne servent pas à grand-chose finalement. En effet, on préfère largement se concentrer sur notre jeu que de chercher à bousiller celui de l’adversaire. Et puis bon, quand on prétend être une simulation, ce genre de mécanique n’a pas vraiment de sens. En tout cas, côté casting, nous avons droit à 36 stars de la discipline, plus Marat Safin et Gustavo Kuerten si l’on a précommandé la version standard (49,99€) ou cédé aux sirènes de l’édition Ace (69,99€). Deux bémols : 1) Avec seulement 11 représentantes, les femmes sont encore en infériorité numérique, 2) Les sœurs Williams, Novak Djokovic ou encore Andy Murray brillent par leur absence. Après, les développeurs ont déjà prévu d’ajouter d’autres joueurs via des DLC ; il n’est donc pas impossible de les voir arriver plus tard.

Tennis World Tour 2


BALLES NEUVES DEMANDÉES


En attendant, on a un jeté un œil au mode « Carrière » qui, il faut bien l’avouer, n’apporte rien de neuf par rapport au premier Tennis World Tour. Si : on peut enfin customiser notre avatar comme bon nous semble, au lieu de se farcir des athlètes prédéfinis. Pour le reste, il s’agit toujours d’intégrer l’élite mondiale en grimpant au classement selon les règles édictées par l’ATP/WTA. Naturellement, les points d’XP récoltés continuent d’alimenter les fameux archétypes (attaque, défense, précision), et du coup les attributs (endurance, coup droit, revers, puissance, volée entre autres) de notre poulain. Tout comme sur le court, la gestion de la fatigue est essentielle : lorsque l’on tire trop sur la corde, une alerte s’affiche à l’écran pour éviter toute blessure, quitte à abandonner un tournoi. Ce n’est certainement pas la possibilité de signer des contrats de sponsoring ou avec des entraîneurs qui va permettre de varier les plaisirs. Peut-être que scénariser tout ça – avec des cut scenes bien amenées – est un point sur lequel Big Ant Studios devrait se pencher pour rafraîchir la formule.

Tennis World Tour 2

Par ailleurs, il convient de reconnaître que la série a réalisé quelques progrès sur le plan visuel. OK, le public fait encore un peu peur, certains plans rapprochés sont disgracieux, et les expressions faciales sont figées. Mais à côté de ça, les développeurs ont bossé sur la modélisation des joueurs : quand on compare à Tennis World Tour, il y a une nette évolution. Big Ant Studios ne s’est pas contenté d’effacer les bugs honteux du premier opus, il a également ajouté des nouvelles animations qui rendent les joueurs plus fluides dans leurs déplacements, et moins lambda aussi. Mention spéciale au toc de Nadal juste avant de servir. Il y a encore du boulot, on ne va pas se mentir – pour les gestes signature, il faudra repasser – mais le cauchemar de 2018 est bel et bien derrière nous. Enfin, Guy Forget n’a pas été sollicité ce coup-ci. Tant mieux, car les commentaires ne volaient pas très haut, et ça permet de mieux se rendre compte de l’attention portée au sound design.


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