Test également disponible sur : PlayStation 2

Test Xenosaga Episode II sur PlayStation 2

Test Xenosaga Episode II
La Note
note Xenosaga Episode II : Jenseits Von Gut Und Böse 14 20

Fondamentalement différent, Xenosaga ne doit, et ne peut pas être considéré en fonction des mêmes critères que ses camarades. Il faut probablement être un poil masochiste pour se lancer pleinement dans Xenosaga. Le joueur intéressé devra faire avec un jeu ludico-fondamentalement complètement à l’ouest, exception faite des combats (heureusement) satisfaisants, accepter et tolérer ses nombreux travers pour découvrir une partie du Saint Graal créatif de Takahashi, et atteindre l’illumination. Illumination que Namco ne semble pas encore en mesure de nous faire atteindre. Les expressions des protagonistes, l’ambiance musicale et la mise en scène n’ont pas encore atteints les sommets de l’émotion qui rendraient le meilleur hommage au travail d’écriture de l’équipe menée par Tetsuya Takahashi.


Les plus
  • Une richesse d'écriture sans équivalent
  • Un univers formidablement riche
  • Potentiellement gigantesque
  • Démesurément ambitieux
  • Les références philosphiques et scientifiques multiples
  • Le jeu des analyses qui en découle
Les moins
  • Ludiquement à la traîne
  • Réalisation en-deça
  • Absence du doublage original
  • Musiques sans consistance
  • Mise en scène pas assez emphatique
  • Ne partage pas encore toutes les émotions qu'il détient


Le Test

Année 4767 de l’ère Transcend Christ. "Un commencement est un moment d’une délicatesse extrême", écrivait Frank Herbert. Non seulement c’est une excellente accroche pour se lancer quand on est en panne d’inspiration, mais en plus le barbu célèbre pour la saga Dune avait bien raison. Quoi de plus frustrant que de manquer le premier épisode d’une série télé ou le premier tome d’une série romanesque ? Dans un grand moment de n’importe quoi marketing, Namco et Sony se sont justement mis d’accord pour nous faire goûter à ce sentiment détestable, en localisant Xenosaga Episode II : Jenseits Von Gut Und Böse tandis que le premier épisode, Der Wille Zur Macht, n’est et ne sortira probablement plus jamais en Europe.


Plutôt que de proposer ce premier volet en cadeau, le sympathique coffret offre néanmoins un DVD compilant les principales scènes cinématiques du premier opus, histoire de savoir un peu dans quoi on met les pieds. Pour autant, ce geste ne remplace en aucun cas une expérience de jeu complète, et pour voir plus clair dans le tortueux dédale imaginé par Monolith Software, une petite documentation sur les sites de fan englobés dans la communauté Xenosaga s’impose. Et mieux vaut prendre le train en marche sans tarder, car en seulement deux épisodes sur les six qui sont censés composer la saga, on peut déjà affirmer que Xenosaga dispose de l’écriture la plus ambitieuse jamais entreprise dans une production vidéoludique. Rien que ça ?

 

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Xenosaga est une petite effrontée qui ne se laissera pas approcher docilement. Lorsque l’on élève la saga de Tetsuya Takahashi au rang le plus haut qui soit, c’est bien en terme d’ambition, de portée symbolique, et de richesse des caractères, mais cela n’en fait pas pour autant un jeu immédiatement captivant. Il n’est pas même doté d’une mise en scène particulièrement avantageuse. Au contraire, dans ses atours techniques comme émotionnels, Xenosaga demeure d’une froideur insolente, presque cruelle. Les comédiens anglophones, légèrement neurasthéniques, amplifient ce trait de caractère, en témoigne l’improbable ton monocorde avec lequel chaos et Canaan devisent lorsqu’ils s’introduisent au milieu d’un feu d’artifice de son et lumière, virevoltant dans le tourbillon ennemi de Miltia, pendant le flashback de 14 années dans le passé qui inaugure cet épisode II. Chaos, justement. Ceux qui ont joué ou au moins regardé le premier épisode, le connaissent déjà. Personnage énigmatique par excellence, avec la symbolique qui l’entoure ainsi que le coup de théâtre final qui lui est consacré, il mériterait qu’on lui consacre un paragraphe entier. Canaan, comme beaucoup de protagonistes, jouables ou non, est un Realian, travaillant pour la Fédération. L’occasion d’évoquer ces humains artificiels dont l’existence est une des artères principales du gigantesque réseau qui irrigue la trame de Xenosaga. Doués d’émotions humaines, avec leurs propres droits, leurs propres consciences et… leurs propres facultés à devenir fou, comme en témoigne le fameux incident de Miltia, au centre de cet épisode. L’autre fil rouge de ce second opus c’est l’origine et l’histoire des U.R.T.V’s Rubedo, Albedo et Nigredo. Le premier est toujours condamné à survivre à son passé rongé par le doute, le second se fend d’une existence supérieure, et le troisième laisse entrevoir une zone d’ombre particulièrement importante pour la suite. Xenosaga, une épopée galactique magistrale aux multiples résonances, religieuses notamment, se focalise pourtant sur le principal : les sentiments et les motivations personnels de ses nombreux protagonistes. Xenosaga dispose d’une épaisseur rarement atteinte, sa mythologie fourmille d’éléments permettant de se lancer dans des théories qui touchent la philosophie, et pas seulement celle de Nietzsche, ou encore la psychanalyse. Doté d’une terminologie impressionnante, il faudra du temps avant d’assimiler les rôles de toutes ces existences et corporations qui sont autant de nouveaux acronymes.

 

            

 

D’autant qu’avec un scénario d’une telle envergure, il est parfois difficile de départager les zones d’ombres des questions qui restent volontairement sans réponses, saga en plusieurs parties oblige. Xenosaga est un univers à part entière. Là ou la plupart des schémas de jeux d’aventures modernes établissent un rapport de conflit entre une entité adjuvante et une autre opposante, le jeu de Monolith Sofftware fait intervenir un nombre presque décourageant de structures, organisations et clans qui sont autant de nouvelles motivations à comprendre. Un fascinant puzzle où le défi sera d’assimiler les interdépendances entre ses différentes pièces. Pour commencer nous avons le Zohar, objet central de la saga, par lequel la légende débute, et qui demeure aussi mystérieux qu’il attire les convoitises. La Fédération Galactique est la république interplanétaire qui unifia les peuples de l’humanité. D’un point de vue éthique, que penser de la loi du Life Recycling Act, votée en l’an TC 4591, laquelle permet à quelqu’un de revenir à la vie en tant que cyborg ? C’est ce qui est arrivé à Jan Sauer, père suicidaire dépossédé de son fils, ramené à l’état de vivant contre son gré et qui ne cherche qu’à fuir les restes de son humanité, les restes de son incommensurable peine. Débarrassé du désir permanent, ces êtres artificiels ne sont-ils pas plus proche de Dieu que ne le sont les hommes ? Sur votre gauche, voici l’industrie Vector, multinationale omniprésente et plus gros conglomérat de toute l’humanité, de laquelle dépend peu ou prou toute la modernité informatique, militaire et robotique de l’ère TC. La fondation Kukai maintenant, immense station orbitale touristique qui abrite une grande partie des Life Recycling Variant, des individus dont la structure génétique a été altérée de façon importante. L’organisation U-TIC, puissante et secrète, est opposée à la Fédération et ne la craint nullement, grâce à une technologie supérieurement inquiétante. Mais la course au Zohar ne se déroule pas qu’entre ces deux là puisqu’il faudra aussi et surtout compter avec la Flotte des Immigrants, gigantesque armada de croisés et société secrète par excellence, à la tête de laquelle trône le pape lui même.

 

A cela nous pouvons encore ajouter les Gnosis, êtres difformes totalement intouchables avec des armes conventionnelles, puisque ces monstres interagissent avec nous depuis une autre dimension ! Eux sont pourtant capables de réduire en poussière un homme rien qu’en le touchant. Cette menace fondamentale dans le premier épisode ne fera cependant pas beaucoup parler d’elle dans cet opus. Parlons maintenant de l’U.M.N, le réseau d’information vital de ce futur, une sorte de network physique permettant bien entendu de communiquer avec ses amis habitant à plusieurs années lumières de distance, mais surtout les sauts dans l’hyper-espace. Xenosaga n’oublie pas de pointer du doigt le double tranchant des progrès technologiques, ainsi l’U.M.N est-il également responsable de l’apparition de nouveaux types de désordres neuraux chez l’homme. La très vague entité U-DO est pourtant à l’origine de la plupart des soucis que connaissent les belligérants. C’est pour lutter contre celle-ci qu’on été crées les unités U.R.T.V’s du Dr Dimitri Yuriev, des armes biologiques dont les ondes doivent s’opposer à celles de U-DO. La guerre des consciences en quelque sorte. La classique quête de pouvoir, autour d’un objet à la puissance incommensurable, le Zohar, ne suffirait pas à englober tous ces intervenants, dont la liste ci-dessus ne représente encore que la surface. Xenosaga cache quelque chose de plus puissant au cœur de ses entrailles.

 

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Xenosaga, jeu de rôle ultra-futuriste, avec son cortège de vaisseaux et de cités aseptisées tâchera d’amener de temps en temps le joueur dans des lieux plus familiers et plus naturels. Cela peut se faire par divers moyens, comme les réseaux encéphaliques ou plus simplement grâce à la conservation d’un certain patrimoine par la fondation Kukai. Une existence futuriste avec des vies à part entière parfois plus mécaniques qu’organiques, basées sur la science davantage que sur le biologique, et où viennent pourtant se heurter les sentiments humains les plus purs, les plus profonds et les plus tenaces, qu’aucune technologie ne pourrait compenser. La clique jouable est la même que dans le premier opus, à ceci près qu’il faut rajouter un nouveau venu sporadique, Jin Uzuki, lettré et grand amateur de la tradition japonaise, il se bat en tenue de circonstance, katana à la ceinture, provoquant un amalgame sympathique à côté des énormes mechas. Il est surtout le grand frère de Shion, avec lequel elle entretient bien évidemment des relations compliquées. Plus discrète que dans le premier opus, KOS MOS a toujours autant de sa classe imperturbable, et ne manquera pas de sauver encore et toujours la vie de notre héroïne, unies qu’elles sont par un lien de nature encore imprécis. Jr, alias Rubedo, peut être considéré comme le personnage principal de cet épisode dont l’intrigue est très centrée sur les U.R.T.V’s. Chaos, dont l’identité sera probablement un des plus palpitant mystère en filigrane de la série, se montre égal a lui même, débonnaire et aimable. Cet épisode confirmera ce qui ne surprendra sans doutes personne, mais notre jeune ami au teint mat n’a rien d’un humain conventionnel. Nous en avons déjà parlé plus haut, Jan Sauer, alias Ziggurat 8, est très absent de cet épisode. Une partie du coup de théâtre final lui est cependant réservé, et lui donnera une excellente raison de continuer sa quête dans le groupe de Shion. Lorsque notre fine équipe arrive à Second Miltia, au début de l'épisode II, l'objectif est simple : escorter M.O.M.O. au centre administratif de l'U.M.N. pour lui extraire les Y-Data, dont n’espérez d’ailleurs pas découvrir ce qu’elles renferment. C’est un des reproches que ses amateurs font à l’encontre de Jenseits Von Gut Und Böse, son faible nombre de révélations.

 

            

 

Curiosité artistique, le Character Design a changé radicalement entre les deux chapitres, et changera même encore pour le troisième. Kawai et rondouillard dans le premier, le style adopté est maintenant nettement plus réaliste. Shion perd ses lunettes et subit une véritable mue en jeune femme. Les visages féminins de KOS MOS et de M.O.M.O sont aussi ceux qui ont le plus mûris, tandis que d’autres n’ont pas trop évolués au contact de ce ravalement de façade, je pense à Jr ou Ziggy. A noter que Xenosaga : Episode III se présente d’ores et déjà comme un mélange séduisant de ses deux expériences graphiques. Ce qui en revanche en décevra plus d’un, même après s’être contenté des 5 ou 6 heures de cinématiques de Der Will Zur Macht, c’est l’absence de doublage original. Quel que soit la motivation des comédiens anglo-saxons, difficile de se passer du timbre aussi posé et lubrique que mégalomane d’un Kôichi Yamadera, prestataire de Spike Spiegel dans CowBoy BeBop, qui campe ici un Albedo digne de figurer au panthéon des méchants de l’histoire des jeux vidéo. Asher, Dinah et Zebulun, s’il faut les considérer comme des personnages à part entière, sont les noms des trois E.S (mechas) dans lesquels vous pourrez et devrez vous déplacer lors de certaines séquences. N’attendez pas une quelconque jouabilité nerveuse à la Zone of The Enders, l’E.S se joue comme un personnage, en plus pataud et au gameplay encore trop limité. Vraiment pas ce qu’on est en droit d’attendre de tels engins. Quelques passages resteront tout de même bien sympas, comme la traversée des ruines inondées de l’ancienne Miltia. On est comme ça nous les otakus, on s’émeut devant une armure luisante d’un bon gros mecha trempée par les eaux calmes d’un triste soleil couchant orangé. Xenosaga Episode III devrait justement apporter quelques menues nouveautés quant au gameplay de nos amis les robots.

 

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Il faut le savoir, Xenosaga est une sorte de production schizophrène, dont les deux facettes sont incapables de s’accorder. A côté d’une écriture à l’ambition démesurément délicieuse, Xenosaga c’est aussi un jeu au dosage grossier et vulgaire. Les séquences pendant les donjons illustrent assez bien ce propos, il s’agit d’une succession linéaire de pièces dont les énigmes sont déjà toutes préparées par écrit. Pas très épique tout ça. D’un point de vue général, le rythme est complètement déstructuré avec de rares ballades urbaines où se concentrent toutes les quêtes secondaires, par ailleurs fort nombreuses puisque le jeu passe d’une durée de vie de 25 heures en ligne droite jusqu’à 40 heures minimum si l’on veut tout accomplir. Ici encore ces quêtes pas très motivantes ne présentent aucune sorte de mise en scène, pas plus qu’elles ne s’occupent de justifier leurs présences. Namco se moque du principe même de la quête secondaire en les unifiant sous la bannière décalée de la "Grande Campagne des Samaritains", ridiculisant ainsi le fameux altruisme naturel cher aux héros du genre. Si l’on est bien tenté d’envoyer balader toutes ces activités annexes, autant le faire en connaissance de cause et donc ne pas ignorer que dans Xenosaga vous ne trouverez aucune pièce de monnaie et encore moins de magasins pour effectuer les classiques emplettes de survie. Au lieu de se structurer convenablement comme le ferait un jeu de rôle raisonnable, Xenosaga s’attarde davantage sur nos chères scènes cinématiques, dont la durée est estimée à 5 heures pour cet épisode. Apprécier le Metal Gear Solid des RPG passe bien entendu par ces moments contemplatifs où l’on s’oublie tout en brûlant de découvrir les réponses à des questions de plus en plus nombreuses. Mais Xenosaga serait trop urbain de s’offrir comme un livre ouvert au premier venu.

 

            

 

Pour progresser dans la série de Takahashi, pour la conquérir, il faut le mériter. Comme s’il devait passer par plusieurs épreuves initiatiques, le joueur devra pouvoir ignorer une réalisation de classe moyenne (ici encore l’épisode III est très attendu avec des environnements d’une profondeur qui font vraiment rêver) un rythme décousu, ou encore le sacrifice de nos repères habituels de liberté (ne cherchez évidemment pas la moindre carte du monde) ou d’emplettes d’objets de soin pour partir l’esprit léger - heureusement d’ailleurs que les nombreux points de sauvegardes restituent les états à 100%. Il faudra en plus passer outre une difficulté plutôt élevée, avec des combats normaux qui peuvent s’éterniser et surtout des boss qui n’ont rien à envier à Shin Megami Tensei III en terme de stratégie. La comparaison s’arrête cependant, et heureusement, ici. Là ou le premier nécessite souvent de trouver LA technique, Xenosaga et son système de combo est bien plus ouvert sur les forces et les faiblesses de chacun. Aucun personnage ne ressemble à un autre, et l’impossibilité de changer d’arme, et donc d’attribut, les condamnent à jouer un rôle fixe. Les machines seront ainsi exclusivement sensibles à certains types d’armes, comme le rayon de Shion. C’est ici qu’intervient la possibilité de permuter de combattants à volonté pendant un combat. Combats qui reposent donc sur un système de combo à trois niveaux : bas (C), milieu (B) et haut (A) et chaque adversaire dispose d’une paire de point sensible que l’on déniche en deux ou trois essais grâce à un repère visuel. Ainsi, pour un ennemi aux pattes fragiles, et dont le combo CC constitue la faiblesse, on entre alors en situation de percée, ce qui permet ensuite à des personnages comme KOS MOS ou chaos, de projeter en l’air ou de plaquer au sol l’adversaire. C’est ici le meilleur moment, puisque dès lors les dégâts ont toutes les chances d’être doublés ! Mais pour agir avant que l’ennemi ne se relève ou ne retombe au sol, il faut encore disposer d’un boost à déclencher au bon moment. Et si vous êtes encore plus ingénieux et méthodique, vous aurez pris le temps de sacrifier quelques tours à stocker votre énergie, ce qui permet de distribuer autant de coups supplémentaires que de tours stockés (jusqu’à 3). Laborieux dans le bon sens du terme, ce système ouvre la porte à des stratégies intéressantes, reposant sur une excellente connaissance de ses personnages. Dynamique et nerveux, il pourra vous valoir quelques très bons moments d’acharnement face à des boss monstrueux contre lesquels il faudra faire preuve de courage et souvent s’y reprendre à plusieurs fois. La maîtrise du principe de plaquage au sol et de projection peut s’avérer réellement salvatrice. On regrettera en revanche un système de compétences mal conçu et donc inutilement long à assimiler, surtout que dans le fond le principe consiste simplement à accumuler des points pour débloquer lesdites compétences. Bref, il faut surtout remarquer que la grosse majorité de ces compétences, qui sont d’ailleurs exactement les mêmes pour tout le monde, ne seront pas exploitées faute de temps de jeu suffisamment long pour en débloquer ne serait ce que la moitié.

 

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Au cas ou certains se le demanderaient, Xenosaga est une réécriture de la saga dont devait faire parti Xenogears, RPG surprise de Squaresoft sorti en 1998, mais jamais en Europe, et en aucun cas un épisode parallèle avec lequel il serait profondément lié. Inutile donc de connaître les aventures de Fei pour se lancer dans la saga de Monolith Software, surtout que l’on peut adhérer à Jenseits Von Gut Und Böse sans avoir fait Der Will Zur Macht. En ce qui concerne les musiques, Mitsuda absent, on peut entendre le même refrain partout : d’un côté Shinji Hosoe aux compositions in game, qui se contente d’une espèce de techno un peu rassie sans aucune âme ni inspiration, qui malgré tout adhère plutôt bien aux environnements javellisés de ce futur pâlot, et de l’autre la grande prêtresse Yuki Kajiura aux compositions des cinématiques. Ne me tapez pas, moi aussi j’adore Kajiura, que dis-je, je vénère le travail de la dame notamment pour Hack.//Sign, mais franchement, s’il y avait quelque chose de transcendant dans la bande son de Xenosaga Episode II, ça s’entendrait. Voici donc encore un gros point que Namco, à qui incombe la responsabilité du travail des tarés de chez Monolith Software, devra complètement repenser s’il veut que sa saga atteigne le sommet émotionnel dont elle est encore tristement privé. Et le futur chef compositeur aura fort à faire pour accompagner dignement un scénariste de la trempe de Testuya Takahashi. Takahashi, ou quand l’ampleur scénaristique, la vraie, se met au service du jeu vidéo. En effet Xenosaga, avec ses thématiques classieuses et son intrigue incommensurable, est le fantasme suprême mijoté par ce scénariste de génie, transfuge de chez Squaresoft. Mais les voies marketing sont ce qu’elles sont, et comme souvent chez les individus débordant, Takahashi se sentit trop à l’étroit, c’est alors que fut créée Monolith Software, ensuite adoptée par un Namco que l’on espère pas trop castrateur de leur élan créatif.

 

Alors, malgré tout le respect que l’on peut porter à Xenosaga, il ne me semble pas honnête de le prétendre incontournable tant il reste cruel avec ceux qui voudraient l’approcher par pure sympathie. Monolith Software a une mission pour les quatre épisodes à suivre, à savoir démocratiser sa série sur certains aspects dont la réalisation, le dynamisme et le plaisir de jeu, tout en continuant de tisser une histoire sans équivalent sur nos consoles. A ce moment là seulement Xenosaga rentrera dans la légende par la grande porte. Ce que l’on peut entrevoir de l’épisode suivant semble déjà bien plus abouti en terme de diversité et d’atmosphère. Si la saga va crescendo dans la qualité, nul doute qu’elle deviendra immanquablement culte. Rendez-vous, en version pal on le souhaite, pour faire plus ample connaissance avec le tisserand du cercle éternel de Zarathustra, dans Xenosaga Episode III : Also Spratch Zarathustra. Eh oui, Friedrich est encore dans le coup.

 

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L’existence du bien et du mal, le dépassement de soi, les religions, la volonté de puissance, la mécanique humaine huilée par le désir… Quand on parle de Xenosaga, il est inévitable de s’amuser à parler de Nietzsche, à qui Namco emprunte des titres d’œuvres pour nommer ses chapitres. Der Wille Zur Macht se traduit par La volonté de puissance, Jenseits von Gut Und Böse correspond à Par-delà le bien et le mal et Also Spracth Zarathustra deviendra Ainsi parlait Zarathustra. Dès lors comment ne pas vouloir creuser un peu le parallèle ? Remercions d’ailleurs Takahashi de nous faire passer l’espace de quelques instants pour des érudits qui étudient le fameux Philosophe. La classe. La volonté de puissance d’abord, est le principe selon lequel tout être vivant cherche à atteindre une finalité, son évolution. Une sorte de complémentarité à l’instinct de survie. Celui qui prendra pleinement conscience de ce qu’il est, de ce pourquoi il existe, est sur le chemin de ce que Nietzsche nomme le "surhomme". Ainsi, il doit s’affranchir de tout ce qui pourra freiner son avancée, ce qui n’est pas sans évoquer la recherche de l’illumination épuratrice du Bouddhisme. La confrontation de la moralité dans Xenosaga s’illustre bien à travers le personnage de KOS MOS, dont le frein et le lien qui l’humanise est son complément Shion. Cette même Shion qui représente une humanité torturée et handicapée par les principes moraux instaurés par l’homme selon son bon vouloir. A ce moment là, le personnage de KOS MOS, qui illustre d’ailleurs chacune des jaquettes de Xenosaga, ne représenterait-elle pas l’affranchissement de la morale humaine préconçue, le fameux "surhomme" ? Dans l’autre camp, pour peu qu’il soit judicieux de parler de camp, Albedo recherche également quelque chose de supérieur, une qualité d’action et de vie plus haute et sans aucune barrière physique. Tout ceci n’est qu’un sujet parmi tant d’autres, le jeu de l’interprétation pourrait encore durer longtemps ! Avis aux amateurs Dans Xenosaga, toute la structure de la progression n’a aucune importance en soi, pas plus que Monolith Software ne s’entiche d’une quelconque cohérence, ici la construction sert le scénario et non l’inverse.




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Steeve Mambrucchi

le jeudi 12 janvier 2006, 12:20




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