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Nvidia Geforce RTX 2080 Ti : on l'a testé avec Battlefield 5 notamment, un monstre ?

Le Test

Dix-huit mois après la sortie de la mythique GTX 1080Ti, et 27 mois après la présentation des cartes graphiques série 10 à architecture Pascal, Nvidia dévoile donc son architecture Turing avec ces GeForce série 20. Un saut dans la numérotation, mais également un changement de nomenclature puisque nous n’avons plus affaire à des GTX, mais à des RTX, du nom de la technologie de Nvidia qui permet d’utiliser le ray tracing pour le rendu des images au lieu de la rastérisation. Une petite révolution qu’on a enfin pu tester grâce à Battlefield V qui est depuis quelques jours le premier titre compatible RTX. C’est aussi la raison qui nous a poussés à ne pas publier plus tôt un test de cette carte graphique. Après des heures de test, et des semaines de patience en attendant de pouvoir voir le ray tracing de nos propres yeux, voici notre verdict sur la Nvidia GeForce RTX 2080 Ti, le nouveau vaisseau-amiral de la marque au caméléon. 


Nvidia Geforce RTX 2080 Ti : on l'a testé avec Battlefield 5 notamment, un monstre ?

nVIDIARétrospectivement, on vous avoue que si la génération 10 de Nvidia nous semblait être sortie depuis des lustres (avec une durée de vie carrément imposante sur le marché du GPU), ces cartes sont loin d’être périmées, et permettent de faire tourner encore toutes les productions modernes sans transpirer. La raison de ce renouvellement est donc l’arrivée du fameux RTX, une nouvelle manière de faire du rendu graphique qui nécessite des outils spécifiques, d’où cette série 20. Si on vous laissera jeter un œil sur notre article qui vous explique comment marche le RTX, et l’intérêt qu’il présente en jeu, laissez-nous vous détailler ce qui se cache dans les entrailles de cette RTX 2080 Ti. Là où la GTX 1080Ti embarquait le GP 102 (la puce de la Titan), La RTX 2080 Ti embarque le TU 102 (rien à voir avec un Tupolev), une nouvelle puce à architecture Turing, qui n’est autre que la version grand public de l’architecture Volta qu’on retrouve sur les cartes pro Tesla et Quadro. Gravée en 12nm FinFET par la fonderie TSMC, cette puce n’offre pas vraiment de gain très important par rapport au 16nm de la génération précédente, ce qui explique des consommations électriques stagnantes, et qui augmentent même un peu puisqu’on passe de 250W de TDP pour la 1080 Ti à 260W pour cette RTX 2080 Ti. Non, la grosse nouveauté de l’architecture Turing consiste en la présence de nouvelles unités de calcul spécialisées.

 

UNE CARTE QUI A LE MONOPOLE DU COEUR ?

 

nVIDIAOn voit arriver des unités RT dédiées au Ray Tracing (le fameux RTX) et dont l’objectif sera de calculer de manière optimale les effets graphiques qui tirent parti de cette technologie, mais nous y reviendrons plus bas. L’autre nouveauté est la présence de Tensor Core, des unités spécialement étudiées pour faire tourner des intelligences artificielles dans le cadre du DLSS. Cet acronyme cache en réalité un nouveau système d’anti-aliasing qui fait appel à l’IA pour optimiser ses performances. L’idée est que plus les utilisateurs jouent à un titre donné, plus l’IA va trouver d’astuces pour obtenir un résultat optimal en minimisant les ressources utilisées. Bien sûr, il est pour l’instant impossible de quantifier l’impact de ce système, ce qui explique pourquoi les gains en performances ne sont pas mentionnés dans ce test. Enfin, il faut aussi mentionner l’arrivée du NVlink (dont la prise est dissimulée derrière un cache) qui remplace désormais le SLi pour les configurations multi-GPU. Sans avoir pu tester ce système (une seule carte disponible), on peut vous dire que celui-ci ne permet de relier que deux cartes (au lieu de 4 avec le SLi) mais qu’il devrait permettre des gains d’efficacité importants. En effet, là où le SLi imposait d’avoir une carte principale qui déléguait des tâches aux cartes-esclaves, le NVlink permet un partage des tâches plus intelligent, ce qui devrait augmenter les gains de performances apportés par les solutions multi-GPU. Néanmoins, vu le manque criant de support pour ce type d’installation dans les jeux, on comprend que Nvidia n’ait pas vraiment misé sur cette fonctionnalité.

 

 

nVIDIAEn termes de construction, sachez que la puce Tu 102 propose une évolution honnête par rapport au GP 102 de la GTX 1080 Ti. On dispose de 4 352 unités de calcul (les CUDA Cores) au lieu de 3 584 et de 272 unités de texture au lieu de 224. En ce qui concerne la VRAM, on reste sur une dotation de 11 Go, mais il s’agit désormais de GDDR6 au lieu de la GDDR5X, ce qui permet un gain de fréquence (1 750 Mhz au lieu de 1 375) et donc une bande passante de 616 Go/s au lieu des 484 Go/s, le tout avec un bus qui reste de 352 bits. En termes de fréquences, on reste sur des chiffres comparables entre les deux poids lourds avec 1 350 Mhz en fréquence de base et 1 635 Mhz en boost sur la RTX alors que la 1080Ti proposait 1 480 Mhz de base et 1 582 Mhz en boost. Tout comme sa devancière, la 2080Ti embarque le GPU Boost de Nvidia qui fait osciller les fréquences en fonction de la température du GPU, ce qui veut dire que ces chiffres peuvent être largement dépassés. Sur notre exemplaire de test, on a pu relever une fréquence de 1 950 Mhz en jeu stabilisé à pleine charge sur le GPU, sachant qu’on a vu un pic à 2 Ghz lorsque la puce était encore froide. Au niveau des températures, notre Founder’s Edition se montre tout à fait étonnante puisque si le maximum thermique est réglé à 81°C par Nvidia, le nouveau dissipateur permet de jolis gains en montant simplement les ventilateurs. Comme vous pouvez le voir sur les images, la firme au caméléon a enfin laissé tomber son design blower (qui aspire l’air dans le boîtier pour le rejeter à l’arrière) avec un seul ventilateur radial pour une option plus commune chez les assembleurs, à savoir une paire de ventilateurs axiaux.

 

LA PLUS FRAÎCHE DES GEFORCE ?

 

nVIDIACette solution permet un gros gain en efficacité, surtout que contrairement aux cartes assembleur qui se contentent d’utiliser des radiateurs à caloducs (des tiges qui emmènent la chaleur de la puce vers les ailettes du dissipateur), Nvidia a reconduit sa vapor chamber. Ce système, utilisé sur les anciennes cartes Founder’s Edition, utilise donc un volume clos dans laquelle un liquide s’évapore au contact de la puce chaude, avant de se condenser en haut de la chambre, dissipant au passage une large quantité d’énergie. L’évaporation étant le phénomène physique qui dissipe le plus efficacement la chaleur (c’est pour ça qu’on a froid lorsqu’on sort trempé de la douche), cette vapor chamber offre des performances dignes des plus gros radiateurs à caloducs, tout en minimisant le poids de la carte et l’encombrement dans le boîtier. Vous l’avez compris, si les Founder’s Edition étaient jusqu’alors des modèles réservés aux fans du design blower, les adeptes de performances se tournant vers les produits assembleurs (MSI, EVGA, ASUS, ZOTAC, etc…), ce n’est plus du tout le cas. La RTX 2080 Ti propose une solution de refroidissement largement aussi efficace que la concurrence, et probablement meilleure que les systèmes utilisés sur les cartes d’entrée de gamme. En un mot, les Founder’s Edition sont désormais un choix à considérer pour les adeptes de performances.

 

nVIDIAJustement, en parlant de performances, sachez que la RTX 2080Ti se défend carrément bien dans les tests (avec un i7-8700K sur une CM ASUS ROG STRIX, ce qui nous semble représentatif du PC haut de gamme de cette fin 2018). Globalement on note un gain de performances d’environ 30% par rapport à la GTX 1080Ti, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, même si cet écart reste dans la moyenne (haute) de ce qu’on constate sur un changement d’architecture. Bien sûr, pour du jeu en 1080p, l’achat de ce GPU est totalement inutile, c’est pourquoi nous avons mené l’intégralité de nos tests en 4K. À cette résolution qui traditionnellement pose problème aux GPU, la GTX 2080 Ti impressionne. Presque tous nos jeux tournent en 4K 60 FPS sans sourciller, et ce, avec nombre d’options activées. Sur Battlefield V en Ultra 4K, on sort une moyenne de 75FPS en jeu, même dans les War Stories comme Tirailleurs où les feuilles qui volent mettent à mal les GPU plus anciens. Sur Shadow of the Tomb Raider, on sort 52 FPS sur le benchmark en preset Highest, et 64 FPS en High, toujours avec une résolution de 3840x2160. Avec GTA V, on obtient 54FPS en ultra avec le PCSS activé, tandis qu’on monte à 68FPS en réglant les options en High.

 

LA REINE DE LA 4K

 

nVIDIAForza Horizon 4 envoie encore plus du rêve avec entre 81 et 89 FPS en 4K HDR là aussi avec les réglages à fond. Pour sa part, F1 2018 tourne à 95FPS en ultra en ayant fait tourner le benchmark sur SPA par une pluie battante. En continuant avec les jeux de course sur Assetto Corsa Competizione, et après plusieurs tours sur différents circuits en pleine tempête, on obtient 80 FPS avec le réglage Epic. Enfin, sur le plus ancien DOOM, on sort plus de 100FPS toutes options à fond sous OpenGL. Le son de cloche ne diffère pas quand on utilise 3D Mark avec 7887 points sur le Fire Strike Ultra 4K, et 5638 points sur le Time Spy 4K qui utilise DirectX 12. D’ailleurs, sachez qu’avec le nouveau système de dissipation de Nvidia, on a pu dépasser les 8000 points sur le Fire Strike Ultra assez facilement, puisque la carte dépasse les 2Ghz sans même avoir besoin d’augmenter les tensions. Le potentiel d’overclocking est donc bien présent, même si on préférera conseiller des modèles avec un refroidissement liquide pour ceux qui veulent vraiment espérer des gains très significatifs. De plus, on se doit de signaler que plusieurs utilisateurs ont eu des problèmes avec ces cartes, les puces mémoires ne supportant pas la chaleur dégagée par le GPU. Dans notre cas, et sans avoir tenté de pousser la carte dans ses derniers retranchements, on n’a rencontré aucun problème, tandis que les nuisances liées au Coil Whine qui avaient pu être mentionnés à la sortie semblent avoir été corrigées par les derniers drivers.

 

En jeu, et en pleine action, on doit avouer qu’on ne se rend pas forcément compte des effets du RTX, mais lorsqu’on se pose pour admirer les reflets, le résultat est réellement hallucinant, et on s’est décrochés la mâchoire plus d’une fois, tandis qu’on s’est fait descendre à de nombreuses reprises à force de détailler la flaque d’eau à nos pieds au lieu de surveiller les joueurs adverses.

 

 

nVIDIARevenons-en ici au fameux RTX. Ce système n’étant pour l’instant présent que sur Battlefield V (et depuis quelques jours à peine), nos tests sont bien sur limités, mais on peut tout de même en tirer plusieurs conclusions. Si on obtient 75 FPS en jouant en Ultra 4K, en activant l’option DXR (Direct Ray Tracing), le framerate se casse immédiatement la figure autour de 30FPS, voire moins (des drops à 15 images/sec) lorsqu’on s’attaque à certaines scènes remplies de feuilles mortes qui volent dans la War Story Tirailleurs. En baissant l’intensité du Ray Tracing on regagne en framerate, avec 35-40 FPS en medium et 60FPS en low, mais à ce niveau la qualité des reflets n’est plus vraiment à la hauteur. On peut aussi laisser tomber la 4K et passer en 1080p, ce qui permet de retrouver instantanément un framerate de 75FPS. Si ces chiffres ne sont pas vraiment représentatifs, ils nous permettent toutefois de confirmer que cette option graphique reste particulièrement gourmande en ressource, ce qui n’est pas étonnant vu la jeunesse de la technologie. On se souvient que l’histoire était la même en 2007 lorsque Mirror’s Edge était arrivé avec le PhysX. Vous l’avez compris, il va falloir attendre que Nvidia et DICE optimisent chacun de leur côté le logiciel, mais on ne désespère pas que les performances progressent grandement avec le temps. Il faudra aussi faire l’expérience du DRX dans d’autres jeux, les joueurs attendant toujours la mise à jour qui activera l’option dans Shadow of the Tomb Raider, tandis que Metro Exodus devrait faire parler la poudre en février prochain, ce qui donnera déjà plus de temps aux développeurs pour optimiser les effets faisant appel au ray tracing. En jeu, et en pleine action, on doit avouer qu’on ne se rend pas forcément compte des effets du RTX, mais lorsqu’on se pose pour admirer les reflets, le résultat est réellement hallucinant, et on s’est décrochés la mâchoire plus d’une fois, tandis qu’on s’est fait descendre à de nombreuses reprises à force de détailler la flaque d’eau à nos pieds au lieu de surveiller les joueurs adverses.

 

ON ACHÈTE OU PAS ?

 

nVIDIAComme toujours, la question de l’achat reste une décision personnelle qui dépend grandement de vos moyens financiers, de l’utilisation que vous faites de votre GPU, et du matériel que vous possédez déjà. Si vous jouez en 4K, on ne peut que conseiller le lourd investissement demandé par la Geforce RTX 2080Ti (1259€ dans la version Founder’s  Edition) tant les performances sont hallucinantes. Si l’augmentation de prix fera bien sûr tiquer 90% des joueurs (la 1080Ti était à 824€), il faut considérer cette carte comme la remplaçante de la Titan, et à ce titre, le prix s’avère plus raisonnable puisque la Titan Xp était vendue 1349€. Quoi qu’il en soit, cette carte dispose d’avantages tellement indiscutables pour le jeu en 4K qu’on ne peut que la conseiller, le support du RTX et du DLSS étant quasiment des features bonus à ce niveau. De plus à cette résolution, les clients visés disposent presque tous de 1080Ti dont la revente permet de faire baisser la somme à sortir lors de l’achat, la côte de ces anciens GPU restant assez haute à l’heure actuelle. Dans le cas de jeu en 1440p, la question est bien plus délicate. En effet, la GTX 1080Ti reste excellente et propose un meilleur rapport prix/performances, surtout sur le marché de l’occasion. Dans ce cas, votre sensibilité pour les nouvelles technologies reste un facteur bien plus déterminant, le RTX et le DLSS devenant des arguments dont le poids est plus important dans la balance, même si le tarif est salé. Enfin, pour des joueurs qui sont restés au 1080p (la majorité), l’investissement n’en vaut pas vraiment la chandelle (et les RTX 2080 classique et 2070 sont des options moins onéreuses), à moins d’avoir les moyens et de vouloir se faire plaisir avec le RTX, puisqu’à cette résolution, la RTX 2080 Ti peut déjà fournir un framerate très correct et qui ira en s’améliorant au gré des patchs. Si le fait de disposer de reflets à vous péter la rétine ne vous intéresse pas, passez votre chemin, et sachez que grâce à la sortie de ces GeForce RTX, et grâce à l’effondrement du marché du minage de crypto-monnaie, le prix des GTX série 10 est en chute libre.

 

SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES

GPU : TU 102

Gravure : 12nm FinFET

Cœurs CUDA : 4 352

Fréquence de base : 1 350 Mhz

Fréquence Boost : 1 635 Mhz

Unités Texture : 272

Unités de rendu (ROP) : 88

Unités Tensor : 511

Unités RT : 68

Mémoire : 11 Go GDDR6

Fréquence mémoire : 1 750 Mhz

Bus : 352 bits

Bande passante : 616 Go/s

TDP : 260W

Alimentation : 8pin + 8 pin

Température maximum : 89°c

Alimentation recommandée : 650W


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