Test également disponible sur : PlayStation 2

Test Kuon sur PlayStation 2

Test Kuon
La Note
note Kuon 12 20
 

Kuon s’en tire néanmoins en tant que jeu d’ambiance, avec un cadre accrocheur qui ne pourra tout du moins pas laisser indifférent les amateurs d’Histoire japonaise. Pour les autres, Kuon et son histoire de mûriers mangeurs d’hommes ne constituent évidemment pas le summum du genre, surtout d’un point de vue purement ludique. De quoi souhaiter une séquelle qui puiserait davantage dans les mythes et légendes du Japon ancien et qui serait pourvue d’une jouabilité étudiée cette fois.


Les plus
  • Le cadre magnifique du Japon ancien
  • Le doublage japonais
  • Ambiance lugubre de qualit
Les moins
  • Jouabilité molle
  • Peu inventif
  • Bestiaire décevant


Le Test

Kuon prend place dans une ère de paix aristocratique. Nous sommes encore très loin des guerres incessantes chères à Koei dans Samurai Warriors et même encore avant le conflit des Minamoto et des Taira dans le récent Genji de Game Republic. A défaut de barbares et de samouraïs, que diriez-vous de vous frotter aux démons et fantômes du folklore japonais ?


Commençons par apprendre un nouveau mot. L’Onmyodo est l’astrologie d'origine chinoise. Ainsi que le font toutes les astrologies, elle interprète les activités humaines et leurs destinées. Comme un peu tout ce qui a été crée en Chine, cette science est arrivée jusqu’au Japon via la culture Bouddhique, et ce pour connaître un développement significatif. Lors de la période qui nous intéresse, l’ère Heian (794-1192), l’Onmyodo se dégradera en superstitions de toutes sortes. Ses représentants, véritable Elisabeth Tessier des temps anciens, sont devenus des figures emblématiques à mi-chemin entre l’histoire et la mythologie. Ainsi, avec un peu de chance vous avez déjà rencontré le spécialiste le plus célèbre de cette discipline : Abe No Seimei, celle-là même qui réveilla Raiko pour lutter contre son géniteur, le renard à neuf queues dans le fabuleux Otogi 2 sur Xbox.

 

Yin & Yang

 

L’élégante Utsuki et la téméraire Sakuya sont les deux avatars choisis par From Software pour vivre la même galère sordide, chacune en vertu d’un objectif différent. La première, fille du grand astrologue local, est à la recherche de sa sœur, et la seconde est une apprentie astrologue envoyée avec son clan pour enquêter sur les mystérieuses circonstances entourant le domaine du seigneur Fujiwara, qui n’est rien de moins que le chef de la famille la plus puissante du pays. Les enjeux de Kuon nécessitent de vivre l’aventure avec chacun des deux protagonistes pour compléter le puzzle. Sans atteindre des sommets, l’intrigue suffit à s’immerger, quand bien même on s’étonnera de l’absence totale de mouvements des lèvres pendant les dialogues. On peut toutefois écouter ces ventriloques en version originale. Les ficelles narratives restent bien classiques. Des personnages qui se croisent par-ci par-là, et surtout l’imparable lecture de notes et journaux intimes glanés ça et là, une fidèle habitude du genre. Le cadre du Japon ancien (et non pas "médiéval", comme on peut le lire un peu partout ailleurs) se marie plus qu’agréablement avec l’ambiance tamisée et glauque de Kuon. Les mythes et légendes du folklore japonais sont déjà fort bien fournis à cette époque, même si Kuon n’en emprunte qu’une petite poignée. Cependant les références politiques et philosophiques sont nombreuses et raviront les amateurs. Outre l’Onmyodo, l’aventurier rencontrera nombre d’éléments issus du Bouddhisme. De même, le soft est profondément ancré dans le Shintoisme, religion purement japonaise selon laquelle chaque être vivant est doté d’un esprit "Kami". Une notion importante à comprendre puisque toute l’horreur de l’intrigue de Kuon prend ses racines autour de deux êtres à priori peu hostiles, des mûriers. De quoi te glacer la sève, vieille branche ! Pardon.

 

Méfiez-vous des mûriers !

 

Avec un tel cadre, Kuon avait déjà fait la moitié du chemin pour nous conquérir. Malheureusement, le bât blesse terriblement du côté de la jouabilité. Si nous sommes habitués à ce que les protagonistes de Survival Horror fassent preuve d’une certaine rigidité, Utsuki et Sakuya repoussent les limites du balai dans le séant. Certes, ces jeunes filles ne sont pas censées être des combattantes émérites et se contentent alors d’enchaîner péniblement deux coups de tranchant, de plus elles ne pourront pas courir bien longtemps avant de s’essouffler physiquement ou spirituellement. Le jeu encourage d’ailleurs une progression lente puisque lorsque vous courez, la flamme de votre lanterne vacille et c’est alors toute la visibilité qui est réduite. Mais comment excuser la tristesse des combats ? Aux deux pauvres coups de base s’ajoute une panoplie de cartes à sorts, lesquelles comptent des attaques à distance ou des invocations de démons serviles, et dont l’utilisation est tout aussi lente et pénible que l’attaque au corps à corps. Par ailleurs le bestiaire, peu hystérique, s’adapte à cette nonchalance combative : on rencontre le plus souvent des Gaki, ces petits démons ventripotents décharnés et affamés relativement peu dangereux, et même les boss ne poseront pas de problèmes pour peu que vous gardiez vos distances. En revanche, on réalise à quel point la jouabilité est pauvre quand on a le malheur de se faire agresser par plusieurs monstres simultanément. On estime également que Kuon est trop facile. Il est vrai qu’à partir du moment où l’on remarque que la méditation permet de restaurer sa santé à loisir, via une simple pression du bouton R1… cependant les sauvegardes sont en nombre assez limité, donc prudence tout de même.

 

            

 

Mais avant de découvrir la conclusion de Kuon, il faudra parcourir les scénarii Yin (Utsuki) et Yang (Sakuya). Mais si chaque phase ne prend pas plus de 4 heures à terminer, la durée de vie totale s’élève facilement jusqu’à la dizaine d’heure de jeu car une petite surprise vous attend une fois les deux aventures bouclées. Ces deux phases sont tristement identiques dans un premier temps, mais prennent heureusement des chemins un peu différents par la suite, la section de Sakuya se révélant au passage bien plus intéressante que celle de sa camarade. Quoi qu’il en soit, je ne me suis pas fait prier pour boucler Kuon en seulement deux séances, tant l’ambiance glauquissime l’emporte sur les carences du gameplay. Avec une absence quasi-totale d’énigmes débiles, et la politesse de ne pas imposer d’aller-retour incessant, Kuon a l’honnêteté de ne pas jouer la carte de la durée de vie artificielle, et autant les combats manquent fâcheusement d’intérêt et de dynamisme, autant le rythme de la progression ne faiblit jamais, lui.

 

Japanese Fear Factor

 

Malgré son atmosphère on ne peut plus lugubre et son utilisation pertinente de la lumière, beaucoup de joueurs disent ne pas avoir peur en jouant à Kuon. Je pense surtout que le jeu de Tecmo suit à la lettre les codes de l’épouvante japonaise : une angoisse portée par la seule imagination, tout juste aidée par de furtives apparitions. On est très loin des gros sursauts sonores qui accompagnent les apparitions surprises de la plupart des films d’horreurs occidentaux, vous savez ces gros "BOUM" qui font certainement bien plus bondir le spectateur dans la salle que le sujet lui-même. Point d’énormes monstres baveux surgissant de nulle part non plus, ici la tension monte de façon bien plus subtile et diffuse. Des silhouettes fantomatiques à peine distinctes s’évaporant en arrière plan, et tout ce genre de détail basé sur la vision, sur les symboles et sur la suggestion. Bref, le travail sur l’ambiance est loin d’avoir été négligé, et fait même écho à merveille aux ficelles cinématographiques locales que l’on retrouve avec joie dans une production ludique. Un jeu qui ne se contente d’ailleurs pas de suggérer puisque l’hémoglobine coule à flot. Kuon accuse cependant une année de retard par rapport à sa sortie au Japon, même si comme nous l’avons vu les carences profondes du titre n’ont rien à voir avec sa réalisation, mais davantage au manque d’expérience des développeurs en matière de Survival Horror.




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Steeve Mambrucchi

le lundi 12 décembre 2005, 11:15




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