Test également disponible sur : PlayStation 2

Test Killzone

Test Killzone
La Note
note Killzone 13 20

Dans la catégorie des FPS, dire que la concurrence est acharnée est un doux euphémisme. 2004 est une année exceptionnelle pour le genre, si l'on juge par le nombre de ténors sortis rien que ces six derniers mois. Doom III, Call of Duty, Painkiller, Halo 2, Half-Life 2, chacun, depuis leur plate-forme respective, ont apporté leur touche permettant au genre FPS d’évoluer. Killzone, c’est un peu le petit vilain canard de la bande. Celui qui boude dans son coin, qui stoppe le train dans sa course folle pour finalement le faire reculer, ou du moins le ralentir. Reste que sur PS2, Killzone contentera peut-être des joueurs en manque de Doom-like mais ne perdons pas de vue qu’il reste un titre au gameplay vieux de cinq ans, bourré de lacunes et par-dessus tout trop ambitieux techniquement pour la console de Sony.


Les plus
  • Un design accrocheur
  • Ambiance immersive
  • Scénario intéressant
  • Un multijoueur sympa
Les moins
  • Trop ambitieux pour la PS2
  • Des bugs à foison
  • La lenteur des mouvements
  • Ultra dirigiste et linéaire


Le Test

Ca fait un bail qu’on entend parler de lui. A grands renforts de screenshots alléchants, Killzone avait su créer autour de lui un buzz incroyable. Halo-killer qu’on l’appelait même. Mais la preview peu convaincante a permis de tirer les choses au clair et la comparaison avec Halo n’avait plus lieu d’être. Il est temps de mettre les pendules à l’heure !


Epaulé par une presse anglaise dithyrambique, Killzone a eu l’honneur d’acquérir le prétentieux sobriquet de Halo-killer ! Arrangement lucratif avec une certaine presse ? Simple argument marketing ? Peu importe les raisons, l’idée de faire monter le buzz autour du jeu développé par Guerrilla fonctionna à merveille. On est tous tombés dans le panneau jusqu’à l’arrivée inopinée d’une version preview qui était loin de nous offrir un avant-goût de la tuerie à laquelle on était en droit de s’attendre. Mais les développeurs néerlandais n’en sont pas à leur premier coup d’éclat, si j’ose dire. Souvenez-vous, Shellshock Nam '67, ce jeu d’action qui avait pour background la Guerre du Vietnam. Là aussi, on avait été roulé dans la farine sur plusieurs mètres. Pour se démarquer des autres productions mettant en scène le conflit qui opposa les Etats-Unis à l’armée d’Ho Chi Minh, Guerrilla avait misé sur la violence et l’horreur engendrée par cette guerre telle que les G.I. américains l’avaient enduré. Résultat des courses, on s’est retrouvé avec un soft effectivement bien gore mais qui fédérait un message pro-américain, loin d’être toujours très objectif, se limitant à donner une image erronée des combattants vietnamiens rendus à l'état d'êtres sanguinaires qui ne pensaient que par la torture. Pour la véracité des événements, on repassera. A côté de cela, le gameplay du jeu était bancal, faisant de Shellshock Nam '67 un titre à peine moyen. Mais peu importe étant donné qu'il s’est vendu tout de même à près de 800 000 exemplaires, pourquoi ne pas réitérer la chose et jouer sur la crédulité du consommateur pour vendre son produit ? On est bien dans une démarche lucrative après tout. Et bien pour Killzone, c’est un peu la même tambouille.

 

Sus à l'envahisseur !

 

Pourtant, tout partait sur les chapeaux de roue. L’intro en image de synthèses d’une durée de près de trois minutes permet de placer les événements dans leur contexte. On apprend alors que le scénario de Killzone se déroule dans un futur éloigné du nôtre. L’humanité, fort de sa technologie et de son appétit impérialiste, débute sa période de colonisation planétaire. Ces nouvelles colonies, fidèles à la Terre, s'unissent sous la bannière de l'Alliance Stratégique Interplanétaire, communément appelée ISA. Comme dans toute invasion, les colons ne sont pas toujours les bienvenus parmi les occupants. Sur la planète Helghan, par exemple, les envahisseurs sont exposés aux effets des radiations atmosphériques. Les morts se comptent par milliers et ceux qui réussissent à survivre à ce génocide bactériologique développent une haine viscérale contre les Humains, tenus responsables de ce massacre. Les Helghasts, militaristes avant tout, décident alors de rompre leurs liens avec la Terre et l'ISA. S’ensuit alors le début d’un grand complot. N’ayant pas le choix des armes, on se retrouve parachuté au beau milieu de ce conflit en tant que membre de l’ISA. Votre mission, puisque vous l’avez acceptée, est de faire la guerre aux Helghasts dans le but d’enrayer leurs plans auxquels votre parti politique n’adhère absolument pas. C’est sur la colonie de Vecta que débute cette guerre et il faut à tout prix empêcher l’ennemi de prendre le dessus.

 

L'habit ne fait pas le moine

 

Comme vous devez le savoir à l’heure actuelle, Killzone permet au joueur d’incarner à tour de rôle quatre soldats aux aptitudes spécifiques. Si on débute les hostilités dans la peau du capitaine Templar, d’autres personnages viendront compléter l’équipe. Luger est le second soldat qui viendra vous épauler et se trouve être également la seule femme du groupe. Elle est aussitôt suivie par l’arrivée de Rick puis celle de Hackha. Tous jouent un rôle prépondérant dans l’histoire mais dans un souci de discrétion, on évitera de vous spoiler la suite des événements. L’ajout de ces quatre personnages avait pour objectif d’appréhender le jeu de quatre manières différentes. Sur le papier certes mais une fois sur le terrain, les choses ne se passent pas vraiment comme prévues. Luger, munie de ses jumelles à vision thermique et de son couteau était censée apporter une touche furtive dans le gameplay. C’est plutôt une bonne idée en soi mais encore faut-il que les actions du jeu nous le permettent. Car rares sont les moments où le jeu proposera des chemins alternatifs de façon à contourner un ennemi et le prendre à revers par exemple. D’autant plus que si vous avez le malheur d’éveiller les soupçons d’un Helghast, tentez de l’éliminer au corps à corps avec votre Opinel est une tâche on ne peut plus difficile à accomplir, compte tenu de leur armure qui les protège déjà relativement bien des balles. Reste alors l’utilisation de la vision thermique couplée au réticule de votre pistolet silencieux. Bien campé derrière une caisse ou un mur en ruines, il vous sera possible d’éliminer les ennemis à distance. Rick, celui qui ne jure que par la gâchette mais aussi par son vocabulaire très limité ("Je vais t’exploser la tête connard, Bouge pas connard, J’ai pas confiance en ce connard") facilite énormément la progression du jeu. C’est simple, il est le seul à pouvoir porter la mitraillette lourde, l’une des armes les plus puissantes du jeu, exception faite du lance-roquettes. Sa gatling prise à bout de bras lui permet d’infliger des dégâts importants aux Helghasts et de se débarrasser d’eux de manière très efficace. Ajoutez à cela un système d’énergie qui se régénère automatiquement, pompé allégrement sur Halo, un nombre relativement important de trousses de soin et Killzone tend indirectement vers une approche primaire des actions. En d’autres termes, le jeu se révèle être assez bourrin dans son ensemble. Du coup, on ne se prend pas la tête à éviter les tirs des ennemis mais plutôt à vider ses chargeurs en un temps record. Quant à Hackha, le dernier mais néanmoins mystérieux personnage, il n’apporte rien de bien particulier au gameplay et se joue de la même manière que Templar. Une fois le mode solo bouclé mais également au bout de la septième ou huitième mission, il sera possible de choisir son soldat. Mais cette soi-disant variété de jeu n’apporte finalement rien de plus. Frustrant tout simplement.

 

Il pleut des bugs

 

L’autre grand reproche que l’on peut faire vis à vis de Killzone (chose que nous avions au préalable évoqué dans notre preview) est l’abondance de bugs. Si la version finale en comporte moins que la preview, il n’en reste pas moins que le titre de Guerrilla est truffé d'incohérences en tout genre ! Des textures qui disparaissent ou apparaissent soudainement au clipping assez phénoménal dans les environnements ouverts (l’herbe pousse à vue d’œil !) en passant par des bugs de collision fréquents (il est possible de pénétrer à l'intérieur du corps de vos co-équipiers, comme en témoigne l'image juste au-dessus) sans oublier un frame-rate désastreux, on a en permanence le sentiment que la PS2 va nous claquer dans les doigts à tout moment. Alors oui, Killzone est un jeu qui en jette esthétiquement. Le design des Helghasts fait irrémédiablement pensé aux soldats sortis tout droit de Jin-Roh, le film d'animation réalisé par Hiroyuki Okiura. Guerrilla n’a pas lésiné sur les effets pyrotechniques c'est certain mais à force de trop vouloir en faire, la pouliche de Sony a du mal à suivre cette cadence effrénée. C’est là qu’on se rend compte que la console arrive à saturation et que les 32 Mo de mémoire vive ne suffisent plus. Mais la présence de bugs n’est pas le seul souci à Killzone. Le gameplay proposé est à des années lumière de ce qui se fait actuellement dans le genre. Alors que des titres tels que Halo, Call of Duty, Half-Life 2 s'efforcent de faire avancer le schmilblick, Killzone le fait tout simplement reculer. Ultra linéaire et dirigiste, le jeu nous propose finalement que deux choses : avancer et tirer sans réflexion aucune ! Il y a cinq ans, peut-être que ce type de gameplay serait passé comme une lettre à la Poste mais à l’aube où le jeu se veut de plus en plus interactif et propose des expériences vidéoludiques toujours plus poussées, Killzone est une sorte d’aberration. Pire encore ! L’intelligence plus qu’artificielle des ennemis prête à sourire. Les Helghasts ont cette fâcheuse tendance à se déplacer en troupeau, les uns à la suite des autres, faisant d’eux des cibles faciles. Une petite pression sur la gâchette pour mettre en route la mitraillette ou tout simplement le shotgun et vous verrez deux voire trois Helghasts se fracasser en même temps la mâchoire au sol. Même chose lorsque vous vous amusez à lancer une grenade dans la foule. Si les ennemis s’éparpillent pour éviter de se prendre l’objet en question en pleine poire, il n’est pas rare de les voir s’éloigner de quelques petits mètres, pensant être hors de portée de la déflagration et finissent finalement les quatre fers en l’air. Par moments, il arrivera que certains sons tels que des bruitages se fassent la malle, laissant ainsi place à un vieux silence de mort. On rigole, on rigole mais c’est assez triste de voir à quel point ce jeu est loin d’être achevé. Et ce n’est pas la lenteur des déplacements, du temps que votre personnage met à recharger son arme ou bien encore l’ajustement chaotique du zoom de votre sniper qui vont changer la donne. Le gameplay de Killzone est une aberration, on vous l’a dit !

 

Une surprise de taille ?

 

La bonne surprise provient du mode multijoueur. Alors qu’il s’annonçait désastreux lors de la preview, il se révèle au final être le fer de lance du jeu. Sans non plus casser trois pattes à un canard, le mode à plusieurs fait dans la démesure. Tout d’abord, pas moins de six modes vous permettront de faire gonfler vos stats. S’il est inutile de présenter les classiques Deatmatch, Team Deathmatch, Capture The Flag et autre Domination, le mode Ravitaillement a su attirer notre attention. L’objectif consiste pour une équipe d’aller ramasser un certain nombre de caisses placées à des endroits différents d’une carte. Bien souvent, ces conteneurs sont souvent dispatchés du côté de l’ennemi, générant des combats assez sympathiques et ce, malgré une certaine lenteur dans les déplacements. Le nombre imposant de bots ou même de joueurs humains connectés en même temps est l’une de ses rares qualités. En effet, Killzone autorise pas moins de 15 joueurs à s’affronter simultanément. Si en mode offline, le frame-rate reste relativement correct, impossible d’échapper aux lags incessants sur le net. A vrai dire, on s’attendait à un résultat plus catastrophique mais il faut avouer que dans l’ensemble, le mode multijoueur s’en sort plutôt pas mal. En revanche, une fois la partie terminée, aucun moyen de changer simplement de carte ou d'équipe. Que ce soit offline ou online, vous serez obligés de revenir  au menu principal. Pas vraiment pratique et vite agaçant à long terme.




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