Test 007 First Light : James Bond relance le blockbuster pop-corn comme on n'en fait plus
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007 First Light réussit quelque chose que franchement, je n’attendais plus vraiment : refaire de James Bond une licence majeure dans le jeu vidéo. Je ne parle pas juste d'un bon jeu sous licence sympa à faire une fois et oublier six mois plus tard. Non, je parle d'un vrai gros blockbuster solo, soigné, ambitieux, profond et surtout pensé avec énormément de respect pour l’univers de James Bond. Et ce qui est fort, c’est que IO Interactive a parfaitement compris ce qui fait l’identité de 007. Là où First Light surprend, c’est justement dans sa capacité à retrouver l’équilibre qui a toujours fait la force de la licence, à savoir le mélange entre élégance, infiltration, brutalité, espionnage, gadgets, séduction, tension politique et grand spectacle. Le jeu ne cherche jamais à transformer James Bond en Nathan Drake bis, en Jason Bourne sous stéroïdes ou en simple soldat qui vide des chargeurs pendant vingt heures de jeu. Il garde cette identité très particulière qui fait que James Bond reste James Bond.
Et pourtant, impossible de ne pas penser à Uncharted en jouant à ce 007 First Light. Pas seulement pour les animations ultra travaillées, les décors incroyables ou les séquences spectaculaires qui s’enchaînent comme dans un blockbuster hollywoodien. Mais surtout parce qu’on ressent ce même souci permanent du rythme, de la mise en scène et du sens du détail. Ce côté “film interactif” qu’on ne voit presque plus aujourd’hui dans l’industrie, boudé pour des productions plus ouvertes, plus massives, plus gargantuesques. Pourtant, chaque chapitre du jeu cherche constamment à surprendre, avec une grande variété dans ses missions, dans son gameplay et surtout sa mise en scène. Le jeu refuse la monotonie et réussit presque toujours à relancer l’intérêt avant qu’une mécanique ne commence à fatiguer. Mais contrairement à Uncharted, 007 First Light possède aussi ce côté systémique hérité de Hitman, en version plus light oui, mais qui change énormément de choses dans la manière d’aborder les missions. Et c’est probablement là que IO Interactive a eu l’idée la plus intelligente : ne pas abandonner son ADN, mais l’adapter à James Bond au lieu de simplement copier-coller Hitman avec un skin 007. Du coup, on obtient un gameplay beaucoup plus libre qu’il n’y paraît au premier abord, puisqu'on peut improviser, contourner les situations, manipuler les ennemis, jouer la discrétion ou au contraire provoquer le chaos.
Et honnêtement, ce qui impressionne aussi énormément, c’est la maîtrise globale du projet. Pour un premier essai sur la licence, IO Interactive livre un jeu incroyablement solide. Oui, l’IA a ses limites. Oui, certains personnages secondaires auraient mérité davantage de développement. Oui, certaines mécaniques restent volontairement simplifiées pour toucher un public très large. Mais à aucun moment ces défauts ne viennent réellement gâcher l’expérience. Parce qu’en permanence, le jeu compense avec sa générosité, sa variété et surtout son sens du spectacle. Et puis il y a ce jeune Bond encore maladroit parfois, moins sûr de lui, plus impulsif, plus humain aussi. Le choix de raconter ses débuts était probablement le meilleur angle possible pour relancer la licence. Ça permet au joueur de découvrir le personnage en même temps qu’il se construit lui-même. On assiste littéralement à la naissance de l’agent 007 qu’on connaît tous. À la manière dont il forge ses réflexes, sa brutalité, son sang-froid, son rapport aux autres et même sa future réputation. Patrick Gibson fait d’ailleurs un travail remarquable dans le rôle. À tel point qu’après avoir terminé le jeu, on a envie de militer pour qu'il soit choisi pour devenir le vrai James Bond au cinéma, et surtout pas le Jacob Elordi et ses 2 mètres de haut qui risque de tout gâcher. Et c’est peut-être ça qui résume le mieux ce 007 First Light, à savoir un jeu qui donne constamment l’impression d’être face à un énorme AAA pop-corn spectaculaire, bien calibré, pour une durée entre 20 et 25h en ligne droite. Mais le jeu n’est pas uniquement spectaculaire, il est aussi extrêmement plaisant à jouer. Les combats au corps-à-corps sont grisants, les gunfights nerveux, les gadgets amusants à utiliser, les niveaux intelligemment construits, et surtout, on sent qu’il y a une vraie vision derrière tout ça. Et franchement ? Après treize ans d’absence, le retour de 007 ne pouvait difficilement rêver meilleure résurrection.
- L’ambiance et l’esprit James Bond parfaitement retranscrits
- Graphiquement, c’est de toute beauté ! (surtout sur PC)
- Bel équilibre entre infiltration, enquête, gadgets, combat et gunfight
- Les fights au corps-à-corps sont grisants
- Mise en scène de haute tenue
- L’histoire est captivante de bout en bout
- Bel écriture, dialogues bien bossés
- Le rythme aussi est bien maîtrisé
- Un jeu qui fait voyager, qui dépayse
- Le final, c’est du grand spectacle
- Belle durée de vie pour le genre (20-25h en ligne droite)
- Y a même du joli contenu endgame qui tient en haleine
- Patrick Gibson fait un merveilleux James Bond
- L’opening très réussi de Lana del Rey
- Les refs partout, aux livres, aux films
- Du jeu pop-corn comme on n’en fait plus
- IA des ennemis trop permissive
- On aurait aimé plus de séquences en voiture (ça arrive via des MAJ)
- Le perso de Gemma Chan sous exploité
- Pas de VF

GROSSE VIBE UNCHARTED
Il y a énormément de choses à évoquer avec 007 First Light pour être le plus exhaustif possible, mais j’avais envie pour commencer ce test de vous parler d’abord de ses graphismes, sans doute parce que c’est là où j’attendais le moins le jeu de IO Interactive. Non pas parce que j’avais des doutes sur la qualité visuelle du titre, mais parce que IO Interactive n’a jamais été un studio réputé pour délivrer des jeux avec un rendu graphique aussi exceptionnel. Mais il faut croire que pour 007 First Light, les développeurs danois ont mis le paquet pour impressionner, à la fois les ayant-droits mais aussi le public. C’est toujours le moteur maison Glacier de IO Interactive qui a été utilisé et celui-ci, il faut bien l’admettre, brille de mille feux ici. J’ai pu tester le jeu sur PC et PS5 Pro, et sur PC, je vais pas vous mentir, j’ai pris ma petite claque. Le jeu est magnifique, dans ses paysages qui vont vous faire voyager aux 4 coins du monde. Islande, Slovaquie, Mauritanie, Grande-Bretagne, Vietnam et zone polaire, le jeu respecte l’ambiance James Bond qui est évidemment de nous offrir les meilleurs panoramas possibles et de ce point de vue-là, c’est réussi.
Cette beauté, on la doit autant à la richesse des environnements qu'à la gestion magnifique de la lumière au global. Sur PS5 standard, c’est moins probant, notamment sur les reflets et la qualité des textures qui sont moins jolis et dégradés, mais dès que vous passez sur PS5 Pro et surtout sur PC, le jeu délivre une qualité graphique à laquelle je m’attendais pas particulièrement. En fait, là où ce 007 First Light m’a vraiment surpris, c’est sur la qualité de ses animations, avec beaucoup de détails apportés dans les gestes de James Bond, avec cette main qui n’hésite pas à toucher les décors de manière naturelle, les petits pas qu’il fait quand il descend les escaliers, tout comme il va marcher différemment dans une montée, il y a une vraie cohérence dans la démarche, la façon de se mouvoir qui s’adapte au terrain, et tout cela m’a rappelé les animations de Nathan Drake dans Uncharted 4, on est clairement sur le même niveau de qualité. Et quand on arrive à une telle comparaison, vous savez que c’est du tout bon.
LE GLACIER ENGINE SOUS STEROÏDES
Mais c’est surtout dans ses PNJ que 007 First Light bat des records, par le nombre puisque les développeurs danois n’ont pas hésiter à nous proposer des zones qui fourmillent de monde. Que ce soit dans cet hôtel somptueux de Slovaquie où se joue un tournoi d’échecs, dans cette boite de nuit où il faut se faufiler parmi la foule qui danse avec ces effets de stroboscope, ou dans cette soirée privée de Sir Sebastien Webb, gros magnat de la finance, on sent littéralement que IO Interactive a pris Uncharted 4 comme référence de la gestion de la foule. Et puis surtout, si on prend le temps d’observer ce qui se passe autour de nous, on constate aussi que les PNJ ont tous quelque chose à faire, ce qui les rend d’autant plus vivants. Ils sont rarement figés à ne rien faire comme dans la plupart des jeux, ils vaquent à leurs occupations, se déplacent, discutent entre eux, et il est même possible d’écouter justement leur conversation, juste en passant à côté d’eux. Il y a un vrai travail d’immersion qui a été fait par IO Interactive pour rendre son monde vivant, crédible et organique. 
Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est le soin qui a été apporté à la modélisation des PNJ. Généralement, dans beaucoup de jeux, les PNJ sont rarement au niveau du personnage principal ou des protagonistes importants, mais dans 007 First Light, ils ont fait l’objet d’un soin tout particulier. Je vous invite quand vous aurez le jeu de regarder avec détails leur visage et surtout leurs expressions faciales, c’est là où j’ai été bien bluffé. Le niveau de détails sur leurs vêtements aussi, la position de leurs doigts quand ils ont quelque chose entre les mains, un verre, un smartphone, une tablette, un appareil photo, et puis leur regard, c’est assez fou. Même lors des combats, les PNJ affichent des expressions faciales en fonction de ce qui se passe, s’ils donnent un coup, s’ils en reçoivent un, ou quand ils se font mal, on sent la douleur, la colère, la surprise aussi, franchement, c’est ouf. Bravo IO Interactive, je sais pas quoi dire de plus. Et puis encore une fois, je vous laisse admirer la gestion des lumières, de l’éclairage au global, la beauté des décors qu’on va parcourir, les petits détails que les puristes vont pouvoir décortiquer et afficher sur les réseaux sociaux. Sur PC et PS5 Pro, c’est somptueux, un peu moins sur PS5 standard, mais globalement, le taff abattu est incroyable. Franchement, j’applaudis des deux mains.
BOUND, YOUNG BOND
Autrement, si vous avez suivi l’actualité autour de 007 First Light, vous le savez, ce nouveau James Bond est la version la plus jeune de notre agent 007. En 2006, avec Casino Royale et les débuts de Daniel Craig dans le costume, c’était déjà le cas, puisque le film racontait déjà les prémices d’un agent encore brut, pas totalement façonné par le MI6. Mais là, le jeu vidéo 007 First Light pousse le curseur encore plus loin, puisque nous avons affaire à un James Bond âgé seulement de 26 ans, encore militaire dans la Royal Navy Air Force. Du coup, on ne suit plus simplement la première grande mission d’un Bond en devenir, on assiste carrément à son origin story. La vraie. Celle du type avant le smoking, avant également le Martini Vodka, avant son flegme légendaire, et donc avant son intronisation en tant que 007. C’est d’ailleurs grâce à cette première mission que James Bond va se trouver une vraie vocation de héros suite à cette opération en Islande qui tourne vinaigre. Bond est en effet le seul survivant d’un crash, et tombe sur un camp de mercenaires qui ont détourné des missiles du MI6 pour menacer l’ordre établi. À partir de là, les services secrets lui demandent de continuer l’enquête sur place. Sauf qu’au départ, Bond n’est pas encore ce héros prêt à sauver le monde coûte que coûte. Il est encore dans une logique militaire, dans son petit monde à lui, pragmatique. Ce sont des otages présents sur le terrain qui vont déclencher chez lui cette impulsion héroïque qu’on connaît tous. Et du coup, sans vraiment le réaliser, notre James Bond de 26 ans fait ses premiers pas vers sa future vie d’agent double zéro.
Et ça fonctionne super bien parce que le jeu prend le temps de nous montrer cette transformation, au lieu de nous balancer directement un Bond déjà ultra-charismatique, ultra-cynique et ultra-compétent. Il y a certes des prémices de son futur caractère, mais ce James Bond là est un James Bond novice, qui débute, qui apprend et surtout qui écoute ; du moins au tout début. Il faut d’ailleurs saluer la prestation remarquable du comédien Patrick Gibson qui campe merveilleusement ce jeune James Bond. Certes Patrick Gibson n’est pas un acteur très reconnu aujourd’hui, et à part sa participation à la série Dexter les Origines sorti en 2024 où il incarne le Dexter jeune, mais ce dernier a su capter l’essence même du personnage. Et en vrai, après 23h passé avec lui, je le verrai bien incarner le nouveau James Bond au cinéma, c’est déjà un choix hautement plus séduisant que le Jacob Elordi qu’on nous vend dans la presse. Un James Bond de 2 mètres de hauteur, au secours. Bon, y a Callum Turner que je verrai bien dans le smoking de l’agent 007 aussi, mais Patrick Gibson prouve dans ce jeu qu’il a les épaules pour incarner le personnage aussi sur grand écran. Je dis ça, je dis rien. Il a non seulement le physique avec sa gueule d’ange, mais aussi la carrure, car impossible de ne pas penser aux films avec Daniel Craig en jouant à ce 007 First Light. IO Interactive ne s’en est d’ailleurs jamais caché : leur James Bond à eux est clairement dans cette lignée-là. C’est un Bond physique, brutal, impulsif parfois, avec ses failles bien sûr, et c’est surtout un type qui préfère souvent régler les problèmes avec ses poings plutôt qu’avec un Walther PPK.
SIFU COMME C'EST BIEN
Et ça, c’est quelque chose qui se ressent énormément dans le gameplay de ce 007 First Light, parce que si les armes à feu sont évidemment présentes dans le jeu, elles ne sont pas forcément la solution ultime pour se débarrasser des ennemis. En fait, c’est surtout au corps-à-corps que James Bond va être le plus efficace, simplement parce que les équipes de IO Interactive ont mis en place un système de combat-melee d’une redoutable efficacité. Coup de poing, parades, esquives, contres, choppes à la nuque, coup de genou dans les côtes, projections, ruée vers l’ennemi, possibilité de désarmer, coups de tatane, finish moves avec slow-mo, James Bond est un combattant hors-pair et il est vrai que le système de combat à mains nues est particulièrement grisant. Il y a un vrai travail de la part des développeurs qui ont mis en place un système basé sur le timing, le rythme aussi, mais surtout une lecture des patterns des ennemis primordiaux pour s’en sortir. Ça ne saute pas aux yeux dit comme ça, mais il y a un certain niveau de technicité qui rappelle Sifu par moments, de façon plus légère évidemment, mais qui pousse néanmoins à varier les approches. Parce que oui, dans 007 First Light, si on bourrine sans réfléchir, surtout lorsque les ennemis sont en nombre, ça devient vite compliqué. 
En fait, au début du jeu, lors des premières missions, les ennemis ne sont pas très agressifs, mais plus on avance dans les chapitres et plus ils vont devenir coriaces, car ils prennent en compte le fait qu’on ait assimilé les techniques, et attaqueront en nombre. D’ailleurs, plus on avance dans l’aventure, et plus on se rend compte que le système de combat de 007 First Light permet de combiner combats avec les mains et gunfights, mais pour garder cet équilibre délicat et ne pas faire du jeu un shooter classique, IO Interactive a mis en place ce système de munitions limitées, qui va obliger le joueur à changer régulièrement d’armes. Alors oui, vous pouvez ramasser les armes des ennemis tombés au sol, mais là aussi, les munitions ne sont jamais complètes, ce qui explique aussi cette mécanique qui consiste à balancer son arme vide à la tête d’un ennemi, afin de le déstabiliser et profiter de ce moment de faiblesse pour se jeter sur lui et lui asséner ses meilleurs jabs. Mais rassurez-vous, 007 First Light vous offrira des séquences de gunfights mémorables, surtout dans le dernier tiers du jeu, où la difficulté monte crescendo, et James Bond dispose des capacités nécessaires pour réaliser des tirs mortels. Il est capable de désarmer ses ennemis en tirant dans leur mains, il peut les faire chuter au sol en leur tirant dans les jambes, il peut faire du one-shot en leur collant une balle entre les deux yeux, sachant qu’il est possible de ralentir le temps pour bien viser. Dans le feu de l’action, James Bond peut même attraper une arme en plein vol, soulever une arme au sol avec ses pieds tout en courant, bref, tout est fait pour que l’action soit la plus fluide et spectaculaire possible, et c’est une grande réussite.
Q-SEC
Mais ce n’est pas tout, on peut aussi combiner toutes ces actions avec les gadgets que Q aura mis à disposition, même en plein combat. C’est justement cette manière de jongler des armes à feu aux poings en passant par ces outils technologiques qui font que le gameplay de 007 First Light est particulièrement jouissif. Justement, les gadgets de Q, parlons-en, car James Bond oblige, ce 007 First Light n’oublie pas d’intégrer ces outils qui font partie intégrante de l’univers de James Bond et qui ont été intégrés parfaitement au gameplay du jeu. Car oui, l’action en frontal n’est qu’une partie du gameplay très riche et varié de ce 007 First Light. Montre connectées qui peut tout pirater, bracelet laser, smartphone qui peut balancer des fléchettes empoisonnées, mine flash de la forme d’écouteurs sans-fil, caméra onde de choc, capsules fumigènes, stylo missile, les outils sont nombreux, variés et permettent justement d’appréhender une mission comme on veut. Mais attention, rien n’est gratuit, tout n’est pas en accès illimité, car pour pouvoir utiliser sa montre et ses différents gadgets, 007 doit régulièrement les recharger en récupérant de l’électricité et du gel vert un peu partout autour de lui. Résultat, on se retrouve à vider les batteries des téléphones des PNJ ou à fouiller les zones pour récupérer des piles et autres sources d’énergie. Une mécanique qui pousse à l’exploration, mais aussi à cette manière discrète de se faufiler partout. Parce que comme vous le savez, 007 First Light mise aussi énormément sur l’infiltration et sur la manière dont on va atteindre ses objectifs.
A la manière d’un Hitman, James Bond a au moins entre 3 et 4 façon, parfois plus, de réussir sa mission. Le game design et le level design ont été pensés pour laisser libre cours au joueur et lui donner cette liberté créative qui fait du bien pour un jeu AAA aussi mainstream que James Bond. C’est sans doute pour cette raison que IO Interactive a décroché le contrat de la part des ayant-droits de James Bond, car ce n’est pas qu’un jeu d’action où ça tire à tout va, le jeu demande aussi à réfléchir. Certains diront que c’est du Hitman tout craché, ce n’est pas tout à fait vrai, disons que c’est du Hitman très léger, qui prend en compte que le public visé, ce sont les joueurs casu, mainstream, qui n’ont certainement pas entendu parler de Hitman et qui veulent pas s’encombrer de mécaniques trop poussées. Par exemple, ici, pas de déguisements complexes pour passer inaperçu, James Bond ne se balade pas en changeant de costume toutes les deux minutes, ce n’est pas l’esprit. De la même manière, il ne cache pas systématiquement les corps des ennemis neutralisés, il le fait rarement dans les rôles, et donc, ça rend l’ensemble plus cohérent avec le personnage. À la place, le jeu mise énormément sur l’environnement. Et là, il faut reconnaître que c’est plutôt intelligent, tout dans le décor devient un outil potentiel : les conduits d’aération pour ne pas se faire voir, une photocopieuse à activer pour détourner l’attention, un laptop à court-circuiter, une corbeille où mettre le feu pour semer la panique, une valve à ouvrir pour créer une surchauffe, un chandelier à faire chuter, on peut interagir avec énormément de choses pour créer des opportunités. Et grâce aux lentilles de contact connectées, James Bond peut savoir avec quel objet et personne interagir, il faut observer, réfléchir et se tenter des choses, sachant que les possibilités sont multiples et offrent donc une replay value très intéressante.
PERMIS DE TUER ACCORDÉ
Et ce n’est pas tout, il y a aussi ce système de bluff qui permet à Bond de jouer avec le culot pour soit passer inaperçu, soit carrément prendre par surprise ses ennemis en les assommer frontalement. Alors oui, il faudra faire des concessions, notamment sur le lissage de l’intelligence artificielle, qui manque de mordant, et qui donne lieu à des situations cocasses pour ne pas dire grotesques par moments. Il ne sera pas rare de dégommer un garde à moins de 2 mètres d’un autre sans que celui-ci ne voit ni n’entend rien. Etant donné que le jeu mise sur cette jauge qui monte et qui descend en fonction de l’état d’alerte, on arrive parfois à des moments ubuesques où certains ennemis ne réagissent pas au bruit d’une bagarre pourtant loin d’être discrète. Et à l’inverse, dès qu’une alerte est déclenchée, tout le monde devient instantanément ultra-agressif. On retrouve un peu les limites classiques de beaucoup de jeux d’infiltration modernes. Ce n’est pas catastrophique, mais ça casse parfois l’immersion. On comprend le choix de IO Interactive qui a réduit l’alerte des PNJ pour les bienfaits d’un équilibre adapté aux joueurs mainstream et je ne peux que vous conseillez de choisir la difficulté la plus extrême si vous voulez plus de challenge.
Par contre, s’il y a bien un aspect sur lequel ce 007 First Light est une franche réussite, c’est dans son histoire, et j’entends par-là son écriture, très réussie et qui nous permet d’apprécier la montée en puissance du personnage de James Bond. Il y a une vraie évolution de sa personnalité, avec des points-clefs qui vont lui permettre de devenir qui il sera in fine, à savoir l’agent 007. Mise à part Selina Tan, incarnée par Gemma Chan, qui n’a pas le temps d’écran nécessaire (sauf en endgame) pour briller, les autres personnages sont bien amenés, bien développés et servent surtout le propos de cette histoire captivante de bout en bout. Même le rythme du jeu est maîtrisé, aidé en plus par une mise en scène soignée, épique et qui prouve que le blockbuster interactif a encore sa place aujourd’hui en 2026, surtout quand c’est aussi bien bossé. Et dans l’ambiance générale, difficile de ne pas penser à Casino Royale et Skyfall dont le jeu s’inspire, avec des personnages féminins très intéressants et dont certaines scènes charmantes et sexy feront taire les experts anti-woke de Twitter. Non, il n’y a rien de woke dans ce James Bond 007 First Light, contrairement à ce que j’ai pu lire alors que le jeu n’est pas encore sorti. 
LE BLOCKBUSTER POP-CORN NOUS A MANQUÉ
Et puis, même la bande-son joue énormément sur la réussite du jeu. L’opening mythique de James Bond est évidemment de la partie, chantée par Lana del Rey, sachant que le jeu utilise sa musique de manière très cinématographique pour accentuer certains moments clés, comme une découverte importante, l’arrivée d’un personnage majeur, un gros moment de tension ou une séquence héroïque qui se prépare. Et honnêtement, ça marche super bien pour donner l’impression d’être au cœur d’un vrai film Bond. Du grand spectacle oui, mais aussi une vraie profondeur dans le gameplay, mais surtout un respect total du matériau d’origine. C’est non seulement le meilleur jeu James Bond jamais créé à ce jour, mais aussi l’un des meilleurs blockbuster jeu vidéo de 2026. C’est comme si Uncharted et Hitman avaient fusionné ensemble.
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