Test également disponible sur : PC - X360 - Xbox One - PS4

Test The Crew : projet ambitieux ou canard boiteux ?

Test The Crew sur PS4 et Xbox One
La Note
note The Crew 14 20

Sous une apparence assez jolie, voire même assez sexy, The Crew étale sa jolie réalisation et son immense open world dans le fol espoir de vous faire oublier une liste de carences longue comme le bras. Entre l'infantilisation du joueur poussée à l'extrême, le modèle économique plus que discutable et le gameplay qui ne comporte strictement aucune difficulté, on voit mal comment Ivory Tower a pu se satisfaire d'un tel résultat. Les micro-transactions transforment le PvP en un pay-to-win, tandis que la constitution d'un Crew n'apporte strictement rien à l'expérience tant la difficulté du titre est basse, et le système de coopération sans aucune saveur. Avec quoi se retrouve-t-on finalement ? Une sorte de Need for Speed assez court avec un roster de véhicules très limité (à moins de sortir la CB). Rajoutez à cela l'impossibilité de jouer hors ligne, ce qui est un comble compte-tenu de l'utilité des interactions sociales, et vous obtiendrez un titre décevant, loin des ambitions qu'on nous avait promises.

Retrouvez plus bas la suite de notre test de The Crew


Les plus
  • Open world de folie
  • Réalisation technique séduisante
  • Bande-son qui déchire
  • Beaucoup de voitures...
Les moins
  • ...si vous en avez les moyens
  • Sensations de conduite douteuses
  • Conduite qui manque de finesse quand même
  • Scénario digne des plus grands nanars
  • Un jeu bourré de micro-transactions
  • PvP = pay-to-win
  • Le manque de challenge
  • Peu d'intérêt une fois la campagne terminée
  • Coupures serveur fréquentes


Le Test

Deux mois après la sortie de DriveClub où Sony nous proposait sa vision des jeux de courses social gaming, c'est au tour d'Ubisoft de dégainer The Crew, un racing game lui aussi connecté mais dans un monde ouvert ultra massif. Si sur le papier, l'idée est plutôt bonne, on avait du mal à voir comment le concept serait mis en pratique. Faisant confiance à Ubisoft et Ivory Tower et leurs grandes ambitions, nous avons pendant longtemps espéré le meilleur. Après tout, les Lyonnais sont à l'origine des mythiques V-Rally et Test Drive Unlimited, sans parler de leurs travaux sur la série Need For Speed. Bref, c'est le cœur léger et l'esprit confiant qu'on s'est plongé dans l'Open World persistant de The Crew afin de vérifier si l'alchimie était toujours au rendez-vous. Que valent les courses en équipe avec ses potes , le tout au cœur des Etats-Unis ? Réponse dans notre test.


The CrewComme vous avez pu sûrement le remarquer, la mode est actuellement aux jeux de courses dits sociaux. On a pu découvrir l'interprétation livrée par Evolution Studios qui a sorti DriveClub il y a peu ; aujourd'hui, c'est au tour des Lyonnais de Ivory Tower de nous faire goûter leur recette. The Crew se présente donc comme un jeu de courses massivement multijoueur, inspiré par plusieurs concepts issus des MMORPG. Première étape : un open world massif et persistant pour donner envie aux joueurs d'user les pneus de leur caisse sur des milliers de kilomètres de bitume. Sur ce point, The Crew tape dans le mille ! La réalisation 100% next gen est très réussie, les graphismes sont propres et les Etats-Unis à la sauce Ivory Tower envoient du lourd. On est donc plongé dans une carte massive, qui propose un nombre hallucinant de routes, chemins et autoroutes avec leurs spécificités en fonction des régions. Le Midwest proposera des autoroutes taillées pour la vitesse, les montagnes rocheuses seront à parcourir avec précaution, compte-tenu des routes verglacées tandis que la Floride et la Louisiane offrent des marécages chauds et humides. D'ailleurs, pour renforcer l'immersion, les développeurs ont pensé à inclure un nombre impressionnant de monuments et points de repère en tous genres. On pourra ainsi passer devant Cap Canaveral en Floride, rouler sous un séquoia géant dans le parc national de Yosemite, ou encore taper une pointe de vitesse sur le Golden Gate à San Francisco ou sur le lac salé de Bonneville. Bref, il n'y a pas à hésiter, la cour de récréation offerte est vraiment chouette, surtout que certains circuits ont même été modélisés. Les amateurs de pilotage pourront brûler les pneus sur les pistes de Laguna Seca, ou de Seabring, bien que les tracés soient assez peu conformes à la réalité.

 

CHAUFFARD ACADEMY

 

The CrewUn choix assumé, puisque le jeu n'a absolument rien de réaliste une fois sorti des véhicules ou des monuments. En effet, le gameplay est orienté arcade à l'extrême, histoire de ne pas repousser le client peu friand de difficulté. On retrouve une maniabilité qui change peu entre les différents véhicules lorsque ces derniers ne sont pas encore modifiés. En gros, cinq catégories de modifications sont possibles pour les véhicules, sachant que la plupart d'entre eux ne peuvent être modifiés que de deux ou trois façons. Les voitures de série peuvent donc être préparées dans la catégorie Street (du tuning léger), Performance (une préparation un peu plus poussée), Dirt (voiture de Course sur terre), Raid (façon Paris-Dakar) ou enfin Circuit (voiture de course). Seulement voilà, entre deux voitures préparées dans la même catégorie, il n'y a que très peu de différences en terme de conduite et encore moins sur les différentes surfaces. Que l'on roule sur du bitume, de l'herbe, des gravillons, de la boue ou sur la neige, la conduite ne bouge pas d'un iota. Une approche peut-être arcade mais complètement à côté de ses pompes. Une impression encore plus renforcée lorsqu'on pilote, puisque la seule difficulté du jeu provient du trafic qui s'intensifie au cours de l'aventure, et qui représente la majeure partie des obstacles. On croisera peu de voitures au début, tandis que les dernières courses nous font slalomer sur des routes menant à un rassemblement de chauffeurs de bus et de fourgons blindés. D'un autre côté, pas de souci à se faire, puisque si les impacts abîment esthétiquement votre voiture, les performances ne sont en rien altérées, et votre voiture s'auto-répare comme une grande. Un peu comme dans un FPS où la vie remonte toute seule quand vous arrêtez de vous prendre des balles. D'ailleurs, comme dans tout bon jeu de voitures arcade, tous les bolides sont équipés de protoxyde d'azote (nitro, nitrous, NOS, faites votre choix) qui remonte tout seul et à une vitesse assez hallucinante. De toutes façons, la conduite bourrine est vivement encouragée car le jeu n'hésite pas à récompenser le joueur qui défonce abribus et clôtures par des petits messages et quelques crédits. Sur ce point, The Crew fait fortement penser à ces écoles où tout le monde est un gagnant, puisqu'au moindre drift ou saut, un petit message viendra vous féliciter. On tombe alors dans le : "c'est bien mon grand, tu as réussi quelque chose, tiens voilà 3€" . Une infantilisation constante du joueur qui finit par devenir carrément gonflante sur la longueur

 

Seulement voilà, entre deux voitures préparées dans la même catégorie, il n'y a que très peu de différences en terme de conduite et encore moins sur les différentes surfaces. Que l'on roule sur du bitume, de l'herbe, des gravillons, de la boue ou sur la neige, la conduite ne bouge pas d'un iota. Une approche peut-être arcade mais complètement à côté de ses pompes.

 

The CrewLe temps, vous le passerez principalement à faire les missions principales. Et là, mauvaise surprise. Si la trame principale du jeu dure environ une quinzaine d'heures, le scénario est quant à lui directement inspiré de Need for Speed Le Film, ce qui n'est pas forcément une référence. Le héros finit en taule pour un crime qu'il n'a pas commis, en sort et fait vœu de prendre sa revanche. Whaou ! Bref, vous l'aurez compris, on zappe les cinématiques pour leur manque d'intérêt, et pour ne pas faire poireauter les potes de votre Crew qui ont déjà zappé depuis belle lurette et qui se demandent ce que vous foutez. Car oui, vous pouvez former un crew comme le nom du jeu l'indique. En fait, il s'agit d'une équipe de 4 joueurs max, formée à la volée dans la partie (rien de permanent) et qui permet en gros de faire les missions en coop'. L'avantage ? Du moment qu'un mec du crew gagne, tout le monde est un winner ! Même si vous avez fini dernier à 3 minutes du premier, ou que vous n'avez même pas bougé de la ligne de départ. Honnêtement, vu le niveau de difficulté du titre, il est tout a fait possible de tout faire tout seul sans suer, et pour le reste, on appelle davantage ses amis pour tirer profit de certaines missions bancales que pour s'amuser comme l'avaient prévu les développeurs. Je m'explique : le type de mission où vos amis sont le plus utiles concerne les courses-poursuite avec la maréchaussée. Cette dernière prend en chasse un des membres du crew, les autres étant supposés protéger ce dernier. Après quelques tentatives, on lâche l'affaire devant les Ford moisies des flics qui semblent peser 50 tonnes, et peuvent tracer votre Nissan GTR préparée jusqu'à la moelle comme Usain Bolt trace votre grand-mère. Du coup, vient la seconde solution : si votre pote est arrêté, les flics vous prennent alors en chasse. Dès lors, il suffit que le joueur non chassé parte dans une direction diamétralement opposée à celle de son ami, et lorsque celui-ci est arrêté, vous êtes à 300 km des forces de l'ordre, d'où une victoire rapide et sans se fatiguer. Comme tout le monde est un winner, votre ami gagne aussi. Elle est pas belle la vie ?

 

UN JEU QUI NE VAUT PAS LE CREW ?

 

The CrewD'ailleurs les flics, parlons-en ! Ces derniers ne vous prennent en chasse que si vous rentrez dans un nombre important, très important, de voitures gérées par l'I.A. Les doubler à plus de 350 km/h ne leur pose aucun problème, tout comme bousiller le mobilier urbain à coups de pare-chocs sous leurs yeux. Bref, les rares course-poursuites sont celles qui sont scriptées dans la campagne solo. D'ailleurs, pas de chance pour les amoureux de belles carrosseries, le prix des véhicules chez le concessionnaire est exorbitant. On finit donc le jeu en utilisant deux, peut-être trois véhicules si vous avez les moyens. Pourquoi un tel choix ? C'est simple, les micro-transactions mon ami ! Dans The Crew, tout s'achète via deux types de monnaie : celle gagnée dans le jeu, mais qui ne vaut pas un kopeck, et celle achetée avec votre carte bleue qui envoie nettement plus de rêve. Dès lors, pourquoi s'emmerder à chasser les pièces mécaniques (qui représentent le loot et servent à améliorer votre voiture) en gagnant des défis ? Un état de fait qui devient parfaitement clair lorsqu'on s'aventure dans les salons de PvP, où l'on s'aperçoit que des joueurs qui ont 4 heures de jeu effectives sont déjà au volant de caisses disponibles après 800 heures de jeu pour se les payer. Bref, The Crew est ce que l'on appelle communément un pay-to-win, sauf que pour celui-là, il faut débourser ses 60€ juste pour la galette. Quand les jeux qu'on paye plein pot récupèrent le modèle économique des free-to-play, il y a de quoi se vexer. Bref, étant donné que le PvP n'a aucun intérêt face à des joueurs qui ont lâché 30€ en sus du prix du jeu, l'intérêt de The Crew s'en trouve fortement diminué, surtout que ce ne sont pas les quelques activités d'exploration ou les courses hyper longues (plus d'une heure à foncer à 380 km/h sur autoroute) qui garderont le joueur actif sur le jeu. Non, The Crew n'est pas un MMO. C'est pour l'instant juste une coquille vide, destinée à se faire bourrer à coups de DLC.

 


Réagir à cet article Réagir à cet article


Autres articles

Ubisoft : The Crew, Rayman Origins et cinq autres jeux gratuits pour les 30 ans de l'éditeur L'éditeur propose pendant tout le week-end de récupérer l'ensemble des jeux qu'il avait offert aux joueurs ces derniers mois dans le cadre de son trentième anniversaire. Pas moins de sept jeux totalement gratuits. 1 | 17/12/2016, 12:42
The Crew : on va jouer aux gendarmes et aux voleurs dans le DLC "Calling All Units" Le DLC Calling All Units de The Crew sort aujourd'hui. Et à cette occasion, Ubisoft nous dévoile un trailer rempli de grosses cylindrées qui nous explique qu'on va pouvoir jouer aux gendarmes et aux voleurs. 29/11/2016, 18:00