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Test Syberia The World Before : la série a retrouvé son charme d'antan

Test Syberia The World Before : la série a retrouvé son charme d'antan
La Note
note Syberia : The World Before 16 20

Avec The World Before, la saga Syberia retrouve son charme d'antan et surtout nous fait oublier le décevant Syberia 3. Cette fois, les lacunes techniques (qui existent toujours, mais dans une moindre mesure) ne sont plus handicapantes et ne gâchent plus le plaisir de jeu. On peut donc profiter sereinement de l'univers créé par Benoît Sokal, du scénario uchronique, de la superbe direction artistique, des voix intégralement doublées en français, des automates, des tramways, de l'architecture européenne et de tout un tas d'autres subtilités. Plus intimiste que d'habitude, l'histoire ne manque pas de charme et nous offre plusieurs époques pour le prix d'une. Les amateurs de Syberia ne doivent donc pas passer à côté de cet épisode, tandis que les autres peuvent également se laisser tenter, pour peu qu'ils acceptent les quelques faiblesses techniques résiduelles.


Les plus
  • Un univers "sokalien" toujours aussi envoûtant
  • Gameplay classique mais efficace
  • La possibilité de jouer dans plusieurs époques différentes
  • De beaux paysages sublimés par une chouette direction artistique
  • Des énigmes jamais trop alambiquées, pour une progression sans prise de tête
  • Des dialogues entièrement doublés en français
  • VF de qualité
Les moins
  • Certains personnages trop manichéens, sans nuances
  • Des contrôles qui restent imparfaits, à la souris comme à la manette
  • Des dialogues qu'on ne peut pas couper
  • Des visages et des animations un peu datés
  • Deux ou trois voix françaises en dessous des autres


Le Test

C'est en mai dernier que Benoît Sokal nous a quittés, à l'âge de 67 ans, laissant derrière lui quelques bandes-dessinées appréciées des amateurs, à commencer par Les Enquêtes de l'inspecteur Canardo. Du côté des férus de jeux vidéo, ce sont L'Amerzone, Paradise ou encore L'île Noyée qu'il convient de citer. Sans oublier bien sûr la saga Syberia, entamée en 2002, poursuivie en 2004 et 2017, et qui continue aujourd'hui à l'occasion d'un quatrième épisode. Sans être parfait, The World Before renoue avec la qualité des deux premiers épisodes et corrige certains défauts du troisième.


Syberia : The World BeforeSi le scénario de The World Before prend la suite directe de Syberia 3, le premier contact avec le jeu étonnera même les plus fidèles puisque le premier chapitre se déroule en 1937 et nous donne le contrôle de Dana Roze, une jeune musicienne habitant la ville fictive de Vaghen. L'univers uchronique créé par Benoît Sokal possède tout de même beaucoup de points communs avec le nôtre, puisque le monde se trouve alors au bord de la Seconde Guerre Mondiale, déclenchée par un parti national-socialiste nommé l'Ombre Brune. Le chapitre suivant se déroule en 2004 et nous permet de retrouver Kate Walker, l'héroïne habituelle de la série, qui se retrouve en bien mauvaise posture. Enfermée dans une mine de sel, elle doit creuser pour rechercher de l'ivoire ainsi que des reliques historiques et patriotiques. La situation est rude, et seule sa compagne de cellule lui permet de tenir le coup. Si ces deux points de départ semblent assez éloignés du contexte général de la saga, le lien est bel et bien réel. D'ailleurs, Hans Voralberg ou l'automate Oscar sont régulièrement évoqués (voire plus…). Les habitués apprécieront, tandis que les nouveaux venus arriveront sans trop de peine à raccrocher les wagons, grâce à un journal qui récapitule les événements passés. Cette fois le scénario est un peu moins orienté vers le fantastique et la grande aventure, mais son aspect beaucoup plus intimiste fonctionne parfaitement bien et baigne le joueur dans une ambiance douce-amère très agréable. Le fait de pouvoir contrôler plusieurs personnages à différentes époques est également un plus, surtout que cela s'accompagne de quelques bonnes idées de mise en scène, comme ces passages où silhouettes du passé et du présent se retrouvent dans le même décor. L'autre grand point fort du jeu concerne la direction artistique, qui nous offre de superbes paysages et environnements. L'architecture typiquement européenne et légèrement steampunk de Vaghen fait mouche, tandis que les ordinateurs rétro-futuristes, les tramways articulés et les automates musiciens fascinent. L'univers est tout à la fois crédible et dépaysant, et cela fait du bien.

 

L'autre grand point fort du jeu concerne la direction artistique, qui nous offre de superbes paysages et environnements. L'architecture typiquement européenne et légèrement steampunk de Vaghen fait mouche, tandis que les ordinateurs rétro-futuristes, les tramways articulés et les automates musiciens fascinent.


Syberia : The World Before


VOYAGEURS DU TEMPS


Syberia : The World BeforeLe gameplay, lui, ne dépaysera en revanche personne. Nous avons en effet affaire à un jeu d'aventures dans la plus pure tradition du genre. Les quelques sélections de dialogues ont rarement de l'importance, puisque nous ne sommes pas dans un RPG aux choix et conséquences drastiques. Le cœur du jeu consiste à explorer les environnements, interroger un maximum de personnages, se laisser porter par l'histoire, observer des objets sous tous les angles afin de dénicher des informations supplémentaires ou des interrupteurs cachés, et bien entendu résoudre de nombreuses énigmes. Ces dernières sont souvent portées sur des mécanismes improbables, mais ce qui peut paraître artificiel dans d'autres jeux colle ici parfaitement avec un univers quasi-steampunk rempli d'automates et de machines issues des ateliers Voralberg. Par moments le jeu met à profit sa dualité en termes d'époque pour nous proposer une mécanique d'alternance temporelle, qui permet de basculer entre les années 30 et les années 2000. Il s'agit alors de dénicher des informations dans le passé afin de pouvoir progresser dans le présent. Que les frileux se rassurent, il n'y a pas de paradoxe temporel ou de manipulations trop alambiquées à la Day of the Tentacle. Les énigmes restent globalement très accessibles, ce qui est d'ailleurs plutôt une bonne chose. Des casse-têtes trop complexes auraient un peu gâchés l'ambiance "feelgood" de certaines séquences. Dans le pire des cas, sachez qu'un système d'indice totalement optionnel est là pour venir à votre rescousse. Ce dernier met tout de même un certain temps à se charger et se recharger, histoire de ne pas trop tenter les joueurs les plus impatients. Par ailleurs le jeu nous propose régulièrement des petits objectifs secondaires à remplir. Réellement optionnels, ils rallongent un peu la durée de vie, incitent les joueurs à profiter pleinement des décors, mais ne pénalisent jamais ceux qui souhaitent aller à l'essentiel puisqu'il n'y a pas de récompense artificielle à la clé. Seul le plaisir d'avoir tout vu et tout fait sert de motivation. Au final, si l'on devait résumer le gameplay, la formulation "classique mais efficace" (qui est elle-même classique mais efficace) serait donc parfaitement appropriée.

 

Les énigmes restent globalement très accessibles, ce qui est d'ailleurs plutôt une bonne chose. Des casse-têtes trop complexes auraient un peu gâchés l'ambiance "feelgood" de certaines séquences.

 

Syberia : The World Before

 

TECHNIQUEMENT, C'EST NETTEMENT MIEUX, MAIS...

Syberia : The World BeforeAutre point classique, mais moins efficace cette fois, la réalisation technique n'est pas vraiment digne de 2022. Elle progresse nettement par rapport à l'épisode précédent et nous offre par moments de très beaux effets de lumière, certes. Mais les visages et les animations des différents personnages paraissent souvent raides et datés. Le jeu souffle constamment le chaud et le froid, certains plans absolument magnifiques succédant à des séquences graphiquement décevantes. Le système de déplacements manque également de finition, même si lui aussi fait beaucoup mieux que Syberia 3. Cette fois il est réellement possible d'utiliser la souris, les points négatifs que nous évoquions dans notre test de 2017 ayant été corrigés pour la plupart. Se déplacer d'un clic, courir d'un double-clic, utiliser le bouton droit pour modifier l'angle de la caméra, tout cela est désormais disponible. Il n'empêche que le jeu à la manette reste préférable d'une manière générale. En vérité, aucun des deux systèmes n'est parfait, ce qui prouve que les développeurs se cherchent encore sur ce point. Les déplacements et certaines manipulations sont par exemples plus simples à réaliser à la manette, tandis que la recherche de zones interactives est plus agréable et plus rapide à la souris. Autre point négatif hérité de Syberia 3, et non corrigé cette fois : il est toujours impossible de couper les dialogues et monologues, y compris lorsque l'on clique (volontairement ou par mégarde) sur une zone déjà observée auparavant ou qu'on relance une discussion. Heureusement, le jeu est entièrement doublé en français, et les voix sont globalement réussies. Mention spéciale pour le personnage belge dont l'accent bruxellois semble plus vrai que nature. Les oreilles sont donc un peu mieux traitée que les yeux, surtout que la bande originale signée Inon Zur s'avère très agréable. Le principal reste que nous avons tout simplement passé un bon moment avec les nouvelles aventures de Kate Walker, bien meilleures que celles de 2017.


Syberia : The World Before


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