Test également disponible sur : X360 - PS3

Test Saw

Test Saw X360 PS3 PC
La Note
note Saw 9 20

Malgré des efforts remarquables sur le design, le son et l'ambiance, Saw n'est qu'un survival horror bâclé qui profite d'une licence juteuse pour se poser comme un Silent Hill du pauvre. Multipliant les mauvaises idées de scénario, affichant un gameplay dépassé et surtout, incapable de faire monter la tension autrement qu'en jouant sur quelques effets de peur hérités du Septième Art, Saw est raté. Et étant donné que la cible principale d'un tel titre est basée sur les fans du film d'origine, nous sommes tentés d'ajouter qu’ils seront les premiers déçus, le jeu ne parvenant jamais à retranscrire tout l'aspect "ludique" du rollercoaster de James Wan. Un comble !


Les plus
  • Des décors bien crades comme il faut
  • Superbe ambiance sonore
  • Quelques puzzles sympathiques
  • La voix originale du Jigsaw
Les moins
  • Scénario très mal ficelé
  • Même pas peur !
  • Gameplay obsolète
  • Maniabilité à revoir totalement
  • Linéaire et répétitif au possible
  • I.A. à côté de ses pompes


Le Test

Presque synchrone avec l'arrivée de Saw 6 sur les écrans (et pas dans nos assiettes, dommage), Saw, le jeu vidéo, débarque sur consoles et PC avec la promesse déroutante de placer les joueurs que nous sommes dans quelques inconfortables postures, dont seul le Jigsaw à le secret. Un survival-horror poisseux et dérangé signé Konami, qui pourrait s'avérer être une petite surprise. "Que la partie commence", comme dirait l'autre.


Depuis quelques années, la peur semble porter un nouveau nom : Saw. Une franchise inégale certes mais ô combien lucrative et qui a lancé la mode du "torture-porn", un sous-genre horrifique faussement trashouille, jouant la carte du gore organique, du voyeurisme malsain et surtout d'un prêchi-prêcha de cul-bénis potentiellement nauséeux. Et pendant que Saw 6 déboule en salle en ce mois de novembre, voici qu'un jeu inspiré de la licence pointe le bout de son nez. On entend déjà les hurlements des joueurs avertis pestiférant contre ces titres adaptés de films, qui sont souvent des ratages. Pourtant, un motif d'espoir, et pas des moindres, vient diminuer nos appréhensions : la présence aux commandes de Konami et de Zombie Studios, qui œuvrent actuellement ensemble sur Silent Hill : Shattered Memories. Avec un peu de chance, ce Saw-là pourrait d'une part dépasser les films qualitativement et d'autre part, retrouver X-Men Origins : Wolverine et SOS Fantômes : Le Jeu Vidéo dans la catégorie "bons crus 2009" des transpositions de films en jeux vidéo. Hélas, si force est d'admettre que le titre de Konami est bien moins honteux que les films dont il est tiré (surtout les 5 derniers opus), nous ne pouvons que constater qu'il y a encore de la marge avant qu’il ne vienne titiller les cadors du genre sur consoles et PC.

Saw what ?

Dès les premières minutes, un constat s'impose : Konami n'a rien perdu de son savoir-faire dès lors qu'il s'agit de poser une ambiance et d'installer un climat de tension dans la tête du joueur. Que ce soit dans la gestion de l'environnement graphique ou dans les effets sonores, Saw peut se targuer de disposer d'un univers assez glauque, finalement proche de ceux du film. Se situant dans l'asile de White Hurst (lieu où fut emprisonné notre ami le Jigsaw), le jeu fait étal d'un fort beau level design qui, même s'il se montre répétitif, s'impose comme le gros point fort du titre. Grillages rouillés, portes dégondées, couloirs pourris, le tout est noyé dans une obscurité quasi-totale. Le décorum de Silent Hill n'est vraiment pas très loin. Certains n'hésiteront d’ailleurs pas à crier au plagiat. De notre point de vue, on se dit que quitte à aller emprunter des idées à droite à gauche, autant piocher dans les hits du genre. Et tant qu'à pomper le titre de Keiichiro Toyama dans les grandes largeurs, autant y aller franco ! C'est pourquoi, nous trouverons, en plus d'une ambiance visuelle poisseuse, une bande-son particulièrement flippante, où n'importe quel petit bruit parvient à nous nouer l'estomac. Il ne manque plus qu'une partition musicale digne de ce nom et on serait proche du perfect pour ce qui est de l’ambiance sonore. A ce sujet, il est à noter que les graphismes restent honorables même s’ils auraient gagné en valeur si un soin supplémentaire avait été apporté. On est loin des mastondontes du genre, mais gardons quand même à l'esprit que Saw n'est pas une superproduction et qu’on a vu bien pire dans le genre. Hélas pour le titre de Konami, là s'arrêteront les éloges car pour le reste, Saw fait figure d'élève très moyen.

Si du point de vue de l'atmosphère, Saw tire son inspiration première de Silent Hill [...], on pourrait dire qu'il en va de même pour la maniabilité. Oui, Saw nous a vaguement rappelé les sensations que nous avions il y a maintenant 10 ans lorsque nous jouions au tout premier Silent Hill !"

Si du point de vue de l'atmosphère, Saw tire son inspiration première de Silent Hill (et des films aussi un peu quand même), on pourrait dire qu'il en va de même pour la maniabilité. Oui, Saw nous a vaguement rappelé les sensations que nous avions il y a maintenant 10 ans lorsque nous jouions au tout premier Silent Hill ! Quelle horreur de se retrouver à diriger ce personnage raide comme un piquet, aux déplacements plus rigides que ceux d'un cadavre. Et même si cela n'est pas forcément préjudiciable à l'aventure (fort heureusement, jamais le titre ne nous demande de faire preuve de précision dans nos déplacements), il va s'en dire que le plaisir de jouer en prend un sérieux coup derrière le crâne. Cette rigidité atteint son paroxysme lors des scènes de combat, tout simplement miséreuses, dans lesquelles vous avez deux choix. Soit vous vous servez de quelques pièges présents sur place pour éliminer vos ennemis (eau électrocutée, fil tendu dans l'embrasure d'une porte déclenchant un fusil...) ce qui est fun mais diablement facile, soit vous optez pour l'attaque frontale, à l’aide de vos poings ou avec une arme, ce qui est assez bourrin et rend les actions encore plus faciles ! C'est simple, en trois ou quatre attaques, l'affaire est souvent pliée. Et sans perdre un seul point de vie qui plus est ! Ne vous embêtez donc pas à chercher des armes (batte de baseball, scalpel, tuyau, béquille...) car ces dernières, en raison de leur poids et le manque flagrant d'inertie, sont souvent plus handicapantes qu'autre chose. De plus, vos ennemis affichant une intelligence de Lemmings, il leur arrivera même de se tuer tous seuls comme des grands (l'exemple le plus flagrant étant un jeteur de cocktail Molotov incapable de se servir de son arme sans finir immolé). Bref, au final, ces phases d'action se montreront très faciles et niveau ambiance, on aura souvent davantage peur des ennemis qu’on ne verra pas que ceux que l'on a devant soi. Au cinéma, on appelle ça du hors-champ. En jeu vidéo, c'est juste un défaut.

Et tu Tapp, Tapp, Tapp..

Mais Saw n'étant pas un beat'em all, le gros du challenge de ne résidera pas dans l'élimination de quelques bougres aux capacités mentales limitées. Piégé par le Jigsaw dans son asile, vous devrez déjouer ses énigmes, ses puzzles et ses labyrinthes pour tenter de vos frayer un chemin jusqu'à la sortie. Pour faire simple et pour rester dans la comparaison, on pourrait dire que Saw se pose comme une resucée des premiers Resident Evil. Les mécanismes sont en effet les mêmes dans le sens où il faut trouver la bonne clef pour ouvrir la bonne porte, qui vous amènera à une épreuve basée sur d’autres mécanismes à mettre en place et qui débloqueront une nouvelle clef, jusqu'à l'énigme finale faisant office de climax dans chaque niveau. Evidemment, certaines énigmes sont plus corsées que d’autres, notamment les mini-jeux qui permettent de sauver la vie de quelques détenus, pris au piège également par le Jigsaw. Une bonne idée dans le principe, sauf qu'après trois niveaux, on a clairement fait le tour du concept du jeu. Répétitif et sans véritable tension, les puzzles ne se montrent jamais à la hauteur du concept qu'ils sont censés servir. Et comme le scénario n'est pas là pour faire passer la pilule de ce manque de peps ludique, on a bien du mal à être immergé par l’expérience et d’être pris de sympathie (ou de pitié) par le héros que l’on incarne pourtant. Et voilà qui nous amène au plus gros point noir du jeu : le scénario. Certes, compte tenu du manque de qualités, on pourrait appeler ça de la fidélité par rapport au matériau d'origine, les films ne brillant quand même pas leur grande subtilité. Le scénario n’est peut-être pas l’aspect le plus important de ce type de jeu mais face au peu de sensations que Saw peut nous procurer, on ne peut qu’être d’autant plus frustrés.

Répétitif et sans véritable tension, les puzzles ne se montrent jamais à la hauteur du concept qu'ils sont censés servir. Et comme le scénario n'est pas là pour faire passer la pilule de ce manque de peps ludique, on a bien du mal à être immergé par l’expérience et d’être pris de sympathie (ou de pitié) par le héros que l’on incarne pourtant."

L’histoire nous place d’ailleurs dans le rôle de l'inspecteur Tapp (Danny Glover dans le premier épisode) chargé de sauver des personnages, ayant toutes les raisons du monde de vous en vouloir, car le Jigsaw les a convaincus que vous étiez la source de tous leurs ennuis. Premier problème rencontré. On savait que les films se permettaient de jouer à fond l’absence d'incrédulité, nous faisant avaler couleuvres sur couleuvres, mais le jeu va encore plus loin. Oui, il est parfaitement probable que le Jigsaw ait piégé tout un hôpital, qu'il y ait enfermé plus d'une centaine de personnes et que, dans sa toute puissance, il ait convaincu la plupart d'entre eux que Tapp était l'homme à abattre (alors que la moitié d'entre eux ne doivent pas savoir qui est l’agent Tapp), mais très franchement, on n’y croit guère. Il est également plausible qu'un héros, aussi bête soit-il, se tape des kilomètres de couloirs nu-pieds, s'ouvrant les orteils tous les 10 mètres en marchant sur du verre brisé, alors que les cadavres (et donc les paires de chaussures gratuites) ne semblent pas manquer. On n'y croit guère non plus. De plus, on aurait aimé que l’aspect psychologique du héros soit davantage mis en valeur, avec des choix qui auraient pu permettre de faire évoluer le scénario dans une direction. Un oubli quasi impardonnable quand on sait que le concept des jeux de Jigsaw est basé sur cet aspect. En effet, à aucun moment, le titre de Konami ne parvient à reproduire le schéma des films dont il s’inspire. Un comble ! Agir ou rester passif, voila qui aurait été sympa !





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Pierre Delorme

le mercredi 18 novembre 2009, 21:54




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