Test également disponible sur : PC - X360 - PS3

Test Prototype

Test Prototype
La Note
note Prototype 16 20

Même s'il nous laisse parfois penser qu'il aurait gagné à être un peu peaufiné sur quelques détails (l'intelligence artificielle ou le système de visée par exemple), Prototype remplit parfaitement son cahier des charges et comble bon nombre de nos attentes. En proposant au joueur une expérience décoiffante, un plaisir de jeu immédiat et un personnage "Sylar-esque" (ou "Deadpool-esque", c'est selon la paroisse de chacun) aux pouvoirs rappelant quelques héros bien connus, le titre d'Activision s'apprécie comme un bon cocktail bien frais, légèrement boosté à l'energy drink. Entre inFamous, Red Faction : Guerrila et ce Prototype, l'été sera explosif ou ne sera pas !


Les plus
  • New York en mode bac à sable
  • Plaisir de jeu immédiat
  • Super-héros super puissant
  • Système de gestion des souvenirs
  • La narration déstructurée
  • Les nouveaux pouvoirs à débloquer
  • Les cinématiques bien faites
  • Doublage convaincant
Les moins
  • I.A. défaillante
  • Caméra et système de visés hasardeux
  • Ca manque un peu de détails
  • Parfois répétitif


Le Test

Depuis des mois, un duel à distance fait rage dans le petit monde du jeu vidéo. Un duel opposant deux blockbusters survitaminés, aux dates de sortie extrêmement proches et annoncés depuis des lustres comme deux petites claques prêtes à diviser les gamers des deux côtés de l'Atlantique. A notre gauche, inFamous, un jeu d'action open world signé Sony, dans lequel le joueur incarne un super-héros capable de sauter de toits en toits et de vaincre des hordes d'ennemis à grands coups de décharges électriques. A notre droite, Prototype, un jeu d'action open world lui aussi, mais signé Activision, dans lequel le joueur incarne un super-héros capable de sauter de toits en toits et de vaincre des hordes d'ennemis à grands coups de griffes. Troublante ressemblance, n'est-ce pas ? Le premier nous ayant fraîchement convaincu, il ne restait donc qu'à savoir ce que valait le second. Réponse ci-dessous.


Comme le dit si bien le proverbe : "A quelque chose, malheur est bon". Et ce n'est pas Alex Mercer qui dira le contraire. Car lorsqu'on se réveille amnésique sur une table d'opération, entouré de deux légistes prêts à jouer du scalpel avec ses intestins (avant de s'échapper et de se rendre compte d’être lié à une terrible machination mêlant gouvernement et forces militaires secrètes au cœur d'un New York envahi par d'effroyables monstres), on a toutes les raisons de croire qu'on est dans un jour noir. Ce n’est pas le cas d’Alex Mercer. Lui, il se découvre d'étranges pouvoirs liés au virus létal qui ravage la grosse pomme et se retrouve dans la peau du super-héro bad ass qui va remettre les compteurs à zéro. Enfin super-héro, façon de parler... Mu par un désir de vengeance et échaudé par ses nouvelles capacités qui ferait pâlir n'importe quel super-héros Marvel (mélange de Wolverine, Spiderman, Mystique, Hulk, Venom, Dante de Devil May Cry et Altaïr d'Assassin's Creed, Alex Mercer n'est plus un surhomme mais un best of !), le voilà à la poursuite de "ceux qui lui ont fait ça" pour retrouver sa petite vie d'avant, ou tout du moins tâcher de s'en souvenir. Egoïste Mercer ? Un peu. Bourrin surtout, car histoire d'en finir au plus vite, il réglera ses comptes dans la rage et dans le sang, mettant au passage un joyeux bazar dans les rues de Manhattan, comme un sale gosse un peu pervers qui s'amuserait à uriner sur une fourmilière.

 

Perdu de recherche

 

Le scénario de Prototype n'est pas franchement ce qu'on peut appeler un modèle d'originalité. Les histoires d'amnésie, de vengeance, de conspirations et d'invasion de New York, le jeu vidéo en aura connu plus d'un avant le titre d'Activision. Néanmoins, comme pour palier à ce défaut qui tient plus de la facilité que d'autre chose, les développeurs de Radical Entertainement ont eu la bonne idée de déstructurer la narration de leur soft, enchaînant flashbacks et flashforwards pour mieux perdre le joueur dans un scénario à tiroir aux multiples trames. Choix casse-gueule mais osé, qui confère au titre un déroulement moins linéaire qu'il n'y paraît. Qui était donc Mercer ? Voilà donc le point central de Prototype, chose qu'on s'efforcera de découvrir durant la vingtaine d'heures que dure le jeu. Et plutôt que de donner la béquée au joueur, dévoilant bêtement les flashbacks de manière régulière (on n'est pas dans Lost), Prototype le laissera assembler les pièces du puzzle lui-même. En effet, au cours de son aventure, Mercer sera amené à récupérer les souvenirs de différents personnages croisés (en les "assimilant", on y reviendra plus bas). A l'aide d'un système neuronal de gestion et de classement de ces souvenirs, le joueur fera lui-même le lien entre différents événements qui se sont déroulés avant son amnésie. Et autant être honnête, cette "chasse aux souvenirs", véritable quête secondaire, représente le challenge le plus intéressant du titre, puisque l'aventure principale, quant à elle, se révèle on ne peut plus banale. Succession de missions déjà vues ailleurs, consistant la plupart du temps à aller d'un point A à un point B en éliminant tout ce qui vous passe devant, la quête principale ne se démarquera jamais vraiment de ce que propose la concurrence. On en retiendra juste quelques passages plus fun que la moyenne (les missions demandant de prendre le contrôle d'un hélicoptère par exemple), tout en notant une bonne augmentation de la difficulté (ne tentez surtout pas le mode Facile, beaucoup trop simple) à partir de 4 heures de jeu. Au final, on prendra souvent plus de plaisir à finir les missions secondaires (courses, assassinats, chasse aux souvenirs) et récupérer des points XP (histoire de booster les capacités de Mercer, qui devient une véritable machine de guerre une fois toutes ses attaques débloquées) qu'à venir à bout de ces quelques escapades sanglantes. Mais ce seront ces dernières, proposées en guise de plat de résistance, qui mettront votre héros dans des situations extrêmes, plus propices à l'utilisation de ses pouvoirs.

Capable de courir sur les murs, de faire des sauts de plusieurs mètres de haut et de planer entre deux gratte-ciels, Alex Mercer est un champion d'heptathlon en puissance."

 

Et ces pouvoirs, parlons en. Capable de courir sur les murs, de faire des sauts de plusieurs mètres de haut et de planer entre deux gratte-ciels, Alex Mercer est un champion d'heptathlon en puissance. En laissant appuyée la touche correspondante, vous pourrez enchaîner les figures acrobatiques et traverser la ville de New York aussi vite que Spider-Man lorsque sa Mary Jane est en danger. Les déplacements se font instinctivement et rapidement ; peut-être même trop rapidement parfois, puisqu'on aura à peine le temps d'apprécier la fidèle reconstitution de la ville, manquant certes de détails (on retrouve souvent les mêmes textures, les PNJ se ressemblent tous), mais pas d’animation (les passants sont nombreux, tout comme les véhicules, circulant librement). De plus, une fois lancé, votre personnage aura souvent du mal à s'arrêter, tant et si bien que certaines phases demandant vitesse et précision pourront se montrer particulièrement ardues, par manque de finesse dans la maniabilité. En même temps, la finesse n'est pas franchement le maître-mot de Prototype, qui comblera avant tout ceux qui cherchent un bon gros défouloir musclé qui va à 100 à l'heure. Ceux-là seront également conquis par la grosse panoplie de coups dont dispose Mercer, puisque ce dernier sera capable de déployer des griffes (façon Wolverine) et des poings atrophiés (façon Hulk) pour éclater ses ennemis en corps à corps, mais aussi d'attraper des voitures pour les lancer sur ses assaillants, ou de récupérer des armes (bazooka, Famas) pour tirer sur tout ce qui bouge. Et il y en a des choses qui bougent à l'écran ! Entre les monstres, les militaires, les passants et votre héros, les rues de New York deviendront vite de véritable champs de bataille totalement anarchiques (on se croirait par moment dans State of Emergency), dans lesquels il faudra néanmoins voir clair pour ne pas finir en chair à canon. Pour cela, un système de visée est à votre disposition, permettant de locker vos ennemis pour mieux les éliminer. Hélas, ce dernier étant capricieux (peu aidé, il est vrai, par une caméra pas maligne), il générera souvent plus de confusion qu'il ne vous aidera. On s'en servira donc juste pour localiser l'ennemi et lui fondre dessus sans l'avoir verrouillé...

 

What else ?

 

Mais Prototype, c’est aussi une touche de délicatesse dans un monde de brutes. On en parlait plus haut : au cours de son aventure, Alex Mercer pourra "assimiler" d'autres personnages. "Assimiler", dans le jeu, signifie simplement "prendre l'apparence de". A l'instar de Mystique des X-Men, Mercer aura la capacité de changer son corps pour passer inaperçu. Il le fera dans deux cas de figure. La première, pour des phases d'infiltration au milieu hostile, où il ne faudra surtout pas se faire repérer sous peine d'alerte générale (synonyme de 50 adversaires sur le dos). La seconde, pour justement échapper à ces adversaires au cas où il se ferait repérer. A la manière d'un Splinter Cell, une jauge vous indiquera votre degré de camouflage. Si vous avez assimilé la bonne personne, cette jauge ne bougera pas. Dans le cas contraire, elle deviendra rouge et vous serez contraint de semer vos ennemis avant de pouvoir continuer votre mission. A ce propos, on regrettera que ces derniers, plus proche du Lemmings que d'autre chose, ne disposent pas d'une I.A. très évoluée. En effet, il suffira souvent de monter au sommet d'un immeuble (ou personne ne peut vous suivre, logique) et d'attendre 10 secondes pour que votre jauge revienne à zéro et que vos poursuivants arrêtent de broncher. Et ils ne sourcilleront pas non plus en vous voyant sauter du même immeuble, faire une chute de 50 mètres et atterrir sans vous fouler la cheville... Les militaires ne sont pas connus pour avoir des QI de 160, mais là quand même, c'est un peu gros. Mais c'est parfaitement représentatif de l'esprit d'un jeu qui cherche avant tout à se montrer fun manette en mains, et pas trop prise de tête. Et en ce sens, avec ses affrontements massifs et ultra bourrins, sa maniabilité instinctive, son héros surpuissant et son côté débridé, on pourrait quasiment affirmer que Prototype tient plus du beat'em all que d'autre chose. Ca ne vole pas haut, mais ca défoule bien.





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Pierre Delorme

le vendredi 19 juin 2009, 11:16




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