Test également disponible sur : PC - X360 - PS3

Test Fallout New Vegas sur X360

Test Fallout New Vegas
La Note
note Fallout : New Vegas 17 20

Forcément imparfait puisque réalisé avec le moteur de Fallout 3, forcément buggé puisque développé par les créateurs du mésestimé Alpha Protocol, Fallout : New Vegas réussit l'exploit d'être à la fois un grand jeu et un vrai Fallout. Deux qualités qui, depuis 2008, ne vont plus forcément de pair. Heureusement, l'heure de la réconciliation entre les vieux aigris fans des premiers épisodes et les nouveaux joueurs avides de vue FPS et de ralentis bien gore est enfin venue ! Au final, si on peut reprocher bien des choses à Fallout : New Vegas d'un point de vue technique, on ne peut que s'incliner devant la richesse de l'écriture, et la maîtrise des mécanismes qui singularisent les vrais jeux de rôle.


Les plus
  • Une vraie ambiance Fallout
  • La qualité d'écriture générale
  • Un monde ouvert et crédible
  • Des quêtes riches et intéressantes
Les moins
  • Localisation française à la rue
  • Bugs divers et variés
  • Graphismes datés
  • Animations raides


Le Test

Il y a deux ans sortait Fallout 3, le successeur tant attendu de deux jeux de rôle cultes, définitivement installés au panthéon des RPG. Dans son ensemble, la presse s'est fendue de notes faramineuses et de critiques dithyrambiques, tandis que le public a adhéré en masse. Pourtant, nous étions quelques uns, journalistes comme joueurs, à être moins légèrement moins enthousiastes. Il faut dire qu'avoir connu la grande époque des premiers Fallout aide à la clairvoyance face à ce qui n'était grosso modo qu'un "Oblivion avec des flingues". Mais oublions ces divergences d'opinion car, aujourd'hui, New Vegas est là pour mettre tout le monde d'accord !


Contrairement à Fallout 3, Fallout : New Vegas n'a pas été développé directement par Bethesda Softworks (qui reste l'éditeur du jeu) mais par Obsidian Entertainment. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour les rôlistes ça veut dire beaucoup. En effet, ce studio abrite quelques grands noms ayant déjà œuvré sur les deux premiers épisodes de la série. Dès lors, ce nouvel épisode a nettement plus de chances que le précédent de nous faire retrouver la saveur d'antan et de s'inscrire de manière parfaitement cohérente dans la saga. Pour le vérifier, quoi de mieux que de se lancer dans une nouvelle partie ? La phase de création du personnage est assez singulière puisqu'elle commence... par sa mort. Ou plutôt sa remise sur pied après que des mystérieux voyous l'aient laissé pour mort. C'est l'occasion pour le doc Mitchell de lui rafistoler le visage (afin que le joueur personnalise son apparence), de tester son énergie (répartition des points de force, perception, endurance, charisme, intelligence, agilité, chance), de lui faire passer des tests psychologiques et de Rorschach (définition des traits optionnels) et, naturellement, de lui demander son nom. Cette sympathique entrée en matière met tout de suite dans l'ambiance et nous implique immédiatement dans un scénario alambiqué, qui dépassera largement le propos initial du coursier à qui il est arrivé un bête accident de parcours. En sortant de chez le docteur, les quêtes de départ et un paysage tout droit sorti d'un western post-apocalyptique s'offrent à nous. Ces premiers pas suffisent à prendre conscience des grandes qualités et des petits défauts du jeu qui, les unes comme les autres, resteront inchangés jusqu'au bout de l'aventure. Avant tout, Fallout : New Vegas nous présente un univers cohérent. Les factions qui s'y opposent ne le font pas artificiellement mais pour des raisons géopolitiques précises. Ainsi, la République de Nouvelle Californie et la Légion de Caesar se disputent un barrage extrêmement précieux dans un monde où l'eau et l'électricité sont devenus des denrées rares.

100% pur jeu de rôles

Ces motivations vitales évitent un manichéisme excessif, même si des factions constituées d'anciens détenus ou d'esclavagistes  n'incitent guère à la sympathie dans un premier temps. Dans tous les cas, le joueur reste libre de s'allier à qui il le souhaite. Les considérations d'ordre moral ne dépendent que de lui et ne sont jamais imposées. Ce libre choix va de pair avec un monde ouvert, que l'on peut explorer à sa guise. Parcourir comme on le souhaite des étendues désertiques fera un bien fou à quiconque a pesté mille fois contre les couloirs de métro et le Washington D.C. artificiellement balisé de l'épisode précédent. Pour autant, Fallout : New Vegas ne se transforme jamais en bête bac à sable. La maîtrise de l'écriture est permanente, et quasiment toutes les quêtes sont intéressantes. Chaque personnage a son histoire à raconter, et l'on aurait grand tort de ne se préoccuper que de la trame principale. En plus d'être d'un bon niveau, les quêtes ont également l'avantage d'être souvent résolubles de diverses manières. Malgré sa vue à la première personne et ses ralentis gore à chaque headshot, l'aventure n'oublie jamais sa nature première : celle d'un jeu de rôles où les compétences du personnage doivent influer en permanence sur sa progression. Ainsi, il est tout à fait viable d'incarner un perso faible et peu doué avec les armes. Sciences, réparation, furtivité, crochetage, discours permettent de résoudre certains problèmes très efficacement. La preuve qu'il y en a pour tous les goûts nous en est donnée dans les premières heures de jeu, lorsqu'on doit libérer la ville de Goodsprings (si on a décidé de la faire bien sûr, puisqu'il est également possible de s'allier avec les oppresseurs). Quand vient l'heure de rallier un maximum d'habitants à la cause, on s'aperçoit que le vieux Pete ne peut être convaincu que si on lui prouve qu'on sait manier les explosifs. Le docteur ne donnera quant à lui son matériel de soin qu'à un perso doué en médecine. De même, des compétences élevées en discours et en troc seront nécessaires pour convaincre d'autres citoyens. Résultat des courses : chaque joueur vit sa propre histoire en fonction de ses choix et capacités, ce qui assure d'une rejouabilité totale.

Viva Las Vegas

Nettement supérieur à son prédécesseur sur le fond, ce nouvel épisode de Fallout sait également innover de manière plus prosaïque. On se réjouit par exemple du fait que les combats soient nettement plus dynamiques qu'auparavant. C'est en grande partie du à l'arrivée tant attendue d'une visée à l'épaule. Utiliser l'ironsight rend les affrontements plus nerveux et évite d'avoir recours trop souvent au système SVAV. La gestion des compagnons de route a également été revue puisqu'on dispose désormais d'une roue d'ordres, qui permet d'accéder à leur inventaire, de changer leur comportement par défaut, de définir des tactiques, etc. L'intelligence artificielle n'est pas toujours parfaite, mais l'aide apportée par ces coéquipiers reste précieuse. De plus, ils sont l'occasion de bénéficier une nouvelle fois de quelques dialogues bien sentis et même, pour certains d'entre eux, d'apprécier quelques références aux premiers Fallout. Ambiance western, casino et p'tites pépées oblige, les jeux de hasard et de cartes sont de la partie. Il est non seulement possible de s'adonner au  Blackjack, à la roulette ou encore aux machines à sous , mais également de disputer quelques parties de Caravan, un jeu de cartes créé pour l'occasion. Les règles ne sont vraiment pas simples à comprendre mais le jeu peut en valoir la chandelle, surtout qu'on trouve des cartes utiles pour la victoire disséminées ici et là dans de nombreux décors. Autant de détails qui participent à rendre l'univers toujours plus crédible ! En revanche, il faut bien avouer que l'immersion en prend un coup dès qu'on aborde les questions techniques. Le moteur 3D accuse son âge et affiche des graphismes d'un autre temps. La plupart des personnages ont des têtes hideuses, les animations de déplacement sont aussi souples que celles d'un robot s'étant malencontreusement assis sur un balai, certaines textures paraissent vraiment brouillonnes, et les bugs sont monnaie courante (ici un personnage glisse par simple translation pour éviter un élément de décor, là un autre court à l'infini contre un obstacle...). Qui plus est, les voix françaises manquent de conviction et, surtout, la localisation multiplie les erreurs et les contresens. Exemple flagrant : certains lézards sont appelés Chasseurs de Geckos au lieu de Geckos chasseurs. Parfois, on a également droit à un dialogue parlé totalement différent des sous-titres. Les anglophiles doivent donc impérativement choisir de jouer en VO. Les autres devront faire avec cette VF médiocre, mais qu'ils se rassurent : les qualités intrinsèques du jeu suffisent à faire oublier tous ses défauts et à nous faire vivre une grande aventure inoubliable.





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Fabien Pellegrini Fabien Pellegrini
Journaliste / Pigiste en exil
le jeudi 21 octobre 2010, 19:34




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