Test également disponible sur : PC - X360 - PS3

Test Dungeon Siege III

Test Dungeon Siege 3
La Note
note Dungeon Siege III 12 20

Il y a neuf ans, Dungeon Siege voulait dévorer tout cru Diablo II. Il y a six ans, Dungeon Siege II essayait de proposer une alternative moderne au même Diablo II. Cette année, Dungeon Siege III tente simplement de remettre le hack’n’slash médiéval-fantastique au goût des consoles. L’ambition a passé, l’envie aussi visiblement, et Obsidian Entertainment nous livre aujourd’hui un petit jeu d’action redoutablement linéaire et pas bien percutant. Ni franchement mignon ni vraiment moche, ni palpitant ni ennuyeux à mourir, ce nouvel épisode fait partie de ces titres pas assez ratés pour que l’on se prive de les terminer, mais pas suffisamment réussis pour marquer la mémoire d’un gamer. 


Les plus
  • Beaux thèmes musicaux
  • Loot sympa
  • Accessible
  • Plein d'ennemis à massacrer
Les moins
  • Rythme faiblard, bastons trop molles
  • Interface peu ergonomique
  • Système de compétences pas convaincant
  • Un seul compagnon
  • Aspect rôlesque inexistant


Le Test

En 1998, encore tout auréolé du succès du brillant Total Annihilation, le game designer Chris Taylor quitte Cavedog pour fonder son propre studio de développement, Gas Powered Games. Il lui faudra quatre ans pour sortir son premier projet, Dungeon Siege, un hack’n’slash tout entier conçu pour décapiter Diablo II. La mise à mort du seigneur de l’action médiévale-fantastique échouera finalement, mais l’œuvre de Taylor se taillera tout de même un succès suffisant pour assurer la pérennité de son entreprise. Neuf ans plus tard, Gas Powered Games se porte toujours plutôt bien. La licence Dungeon Siege, elle, supporte bien moins l’épreuve du temps…


Dix heures. C’est à peu près le temps de jeu qu’il faut consacrer à Dungeon Siege III pour que, enfin, il s’y passe quelque chose de vraiment sympa. Le pur plaisir est de courte durée, puisque la séquence en question n’est autre que le combat final, une joute dantesque, peu tactique mais riche en adrénaline, en quatre temps. Dix heures d’ennui ? Eh bien…

Le couloir de la mort

Après avoir conçu seul un second volet en forme de redite de luxe, Gas Powered Games a eu la curieuse idée de confier sa licence au développeur Obsidian Entertainment, spécialiste de l’extension inégale et dont le seul jeu original, Alpha Protocol, possède toutes les caractéristiques du beau gâchis ludique. Pourtant habitué aux RPG plus ou moins orientés action, de Neverwinter Nights 2 à Fallout 3, le studio canadien a taillé dans la chair rôlesque de Dungeon Siege pour transformer ce troisième épisode en un hack’n’slash sans grande complexité et ouvertement destiné aux possesseurs de consoles de salon. Ceux-là s’intéresseront-ils à la légende de la Dixième Légion, autrefois protectrice du très instable Royaume d’Ehb ? La chose reste envisageable puisque, malgré quelques clins d’œil aux épisodes passés, ce troisième volet ne se noie pas dans les références et met correctement en scène ce monde coloré et malfamé. Techniquement assez fade, Dungeon Siege 3 compense ce manque de relief par une belle fluidité et par une certaine variété esthétique. Sombres souterrains, sinistres forêts, palais en ruine, pics enneigés, les décors se succèdent agréablement. Le morceau de bravoure reste, encore et toujours, la ville de Stonebridge, sage perle steam-punk, dont la construction du jeu ne permet hélas pas de profiter pleinement. Car à l’instar de ses deux prédécesseurs, Dungeon Siege III est un couloir. Un couloir plus ou moins large, qui autorise quelques allers-retours limités, mais un couloir quand même. Les bois sur le bord des chemins ? Inaccessibles ! Les maisons qui longent les rues pavées des villes ? Invisitables ! Et tous ces gens que vous croisez dans les cités ? Ils n’ont rien à dire, ou si peu. Le level design n’a qu’un seul et unique objectif : vous mener tout droit dans la gueule du loup, ou plutôt dans l’antre de l’illuminée de service, la furieuse Jeyne Kassynder. Quelques objectifs secondaires vous détourneront parfois de ce destin tout tracé, mais l’écart ne sera que temporaire.

Vous débloquerez obligatoirement neuf skills pour votre héros. L’arbre de compétences est hélas peu ergonomique et manque cruellement de limpidité."

Un couloir donc, et plutôt encombré. Dans la plus pure tradition du genre, Dungeon Siege 3 vous oppose à bien des créatures, généralement humanoïdes, rarement coriaces mais toujours nombreuses. Pour les affronter, le héros que vous aurez choisi parmi les quatre profils imposés (un guerrier, une amazone version élémentaire de feu, un sorcier, une rogue à flingues) aura à peine le choix des armes, et guère plus celui des compétences. Au cours de la partie, vous débloquerez obligatoirement neuf skills pour votre perso. La seule liberté dont vous disposez consiste à gonfler librement les statistiques de certains pouvoirs au détriment des autres. Un choix un peu curieux, qui s’éloigne de l’approche habituelle d’une série dans laquelle plus vous utilisiez une arme, plus vous étiez puissant avec. Le nouvel arbre de compétences, peu ergonomique, a surtout l’inconvénient de manquer de limpidité, avec des améliorations pas toujours compréhensibles et ces neuf capacités entre lesquelles il faut naviguer en quasi-permanence en usant de combinaisons de boutons maladroites. Pour ne rien arranger, le loot, toujours fort impressionnant avec des armes et des objets en pagaille, affiche également des caractéristiques obscures. Certains objets vous octroient des pouvoirs spéciaux qui ne sont jamais explicités, ou vous confèrent des bonus dans des domaines dont vous ignorez tout. Pas clair ! Le plaisir de démonter du monstre ou de traquer des coffres pour tenter de mettre la main sur l’objet qui tue est toujours là, mais quelques précisions auraient été bienvenues. Une fois bien équipé, vous pourrez vous attaquer au ménage de masse… presque tout seul. Oubliez la tribu du premier épisode, ici vous ne serez accompagné que d’un unique compagnon contrôlé par l’IA (il reste possible de jouer en coop), ni franchement futé ni particulièrement efficace mais qui aura le grand mérite de détourner l’attention de certaines brutes trop collantes. Mieux vaut d’ailleurs se tenir à distance de l’adversaire. Le combat rapproché est certes efficace mais manque cruellement de patate. Un reproche que l’on peut généraliser à l’ensemble du jeu : pas vilain, pas trop mal écrit, très joliment mis en musique, Dungeon Siege III est juste dépourvu de percutant. Et, dans un hack’n’slash, attendre dix heures pour enfin défoncer du monstre avec la manière, c’est tout de même un peu long…





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