Test également disponible sur : PC - Xbox One - PS4 - PS5 - XBOX Series X

Test A Plague Tale Requiem : la fin de l'innocence, une suite plus mature

Test A Plague Tale Requiem : la fin de l'innocence, une suite plus mature
La Note
note A Plague Tale Requiem 17 20

En passant de l'innocence au requiem, A Plague Tale apporte une très belle conclusion à une aventure qui aura su marquer les esprits. Ce second volet renforce le lien éternel entre Hugo et Amicia, décuple le nombre de rats affichés à l'écran, enrichit son système de combats, introduit de nouveaux personnages intéressants, et passe la vitesse supérieure en ce qui concerne les graphismes. Notamment en ce qui concerne les paysages photo-réalistes de la France médiévale, plus beaux que jamais, et les expressions faciales, bien plus détaillées qu'en 2019. Le bilan technique souffre tout de même de quelques bugs étonnants, tandis que certains passages nous ont légèrement agacés. Soit parce qu'ils étaient trop orienté action, soit parce qu'ils ne tenaient pas vraiment la route d'un point de vue scénaristique. Nous aurions aimé loué la perfection d'un titre irréprochable, mais nous nous contenterons d'apprécier Requiem pour ce qu'il est : un jeu très attachant malgré ses quelques petits défauts.


Les plus
  • Une très belle fin
  • Des musiques superbes
  • Des paysages absolument magnifiques
  • Des rats encore plus nombreux
  • Des nouveaux personnages intéressants
  • Un système de combats plus riche
  • De bonnes voix, en anglais comme en français
  • Des options d'accessibilité très nombreuses
Les moins
  • Un peu trop de passages orientés action
  • Des dialogues pas toujours réussis
  • Certaines situations trop tirées par les cheveux
  • L'effet de bokeh raté sur certains plans
  • Plusieurs petits bugs


Le Test

Dire que Asobo Studio est rentré dans la cour des grands en 2019 relèverait presque de l'euphémisme. Avec A Plague Tale Innocence, le studio bordelais laissait en effet derrière lui les simples travaux de commande et nous présentait une aventure personnelle et marquante. Un an plus tard la consécration internationale devenait totale, avec la sortie de Flight Simulator développé pour le compte de Microsoft. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que la suite des aventures de Hugo et Amicia est déjà là ! Mais nous allons voir que ce planning resserré n'est pas vraiment synonyme d'une baisse de qualité.


A Plague Tale RequiemLe premier lancement du jeu donne avant tout l'occasion d'apprécier les nombreuses options d'accessibilité et de personnalisation de l'expérience. Fréquences des messages d'aide prononcés par nos compagnons, affichage ou non de chaque élément d'interface, automatisation éventuelle des (rares) QTE, mode d'invincibilité, et bien d'autres paramètres encore sont disponibles pour que chacun puisse adapter l'aventure à ses besoins ou préférences. Si votre machine le permet, nous vous conseillons naturellement de pousser les options graphiques à fond, mais sachez que dans tous les cas, vous prendrez une bonne petite claque visuelle. Si A Plague Tale Innoncence était déjà fort plaisant graphiquement, Requiem franchit un cap supplémentaire. Les expressions faciales dont nous déplorions l'absence il y a trois ans sont par exemple bel et bien présentes cette fois-ci, et  parfaitement dignes d'un jeu de 2022. Les textures, manifestement en haute définition, ne paraissent jamais floues, même de près. Et surtout, surtout, certains paysages sont réellement à couper le souffle. Est-ce là le résultat de l'expérience engrangée sur Flight Simulator ? Toujours est-il que les panoramas de montagnes, de plages et de prairies donnent envie de partir en randonnée aux quatre coins de la France, ici sublimée par la période médiévale propice à la contemplation et par des effets lumineux et météorologiques d'une précision impressionnante. Le scénario n'hésitant pas à nous faire voyager, y compris en pleine mer agitée, on peut dire qu'on voit du pays, et du beau ! Si vous en doutez, nous vous laissons jeter un coup d’œil à nos captures d'écran faites maison et garanties sans trucage.

A Plague Tale Requiem

 

HUGO, LE ROI DES RATS

A Plague Tale RequiemFidèle à la réputation du premier épisode, A Plague Tale reste malgré tout un jeu à la thématique sombre, où les rats tiennent un rôle majeur. Toujours aussi invasifs et dangereux, ces rongeurs de l'enfer voient leur nombre démultiplié dans ce volet. D'après les développeurs, la quantité maximale de rats affichés à l'écran qui était de 5000 dans Innocence monte dans Requiem à… 300 000 ! Nous ne nous sommes pas amusés à les compter un par un, mais nous pouvons vous confirmer que certaines scènes nous submergent réellement de rongeurs, qui déferlent littéralement par vagues entières. Si ces nuées de rats sont l'occasion de quelques séquences de courses-poursuite, elles servent le plus souvent la composante infiltration de l'aventure. Pour progresser dans certains décors, il faut s'arranger pour allumer les bons feux aux bons moments ou, au contraire, éteindre les flammes portées par les ennemis afin qu'ils se fassent dévorer.

Histoire d'apporter un peu de sang neuf à ces mécaniques, Hugo est désormais capable de communier avec les groupes de rats de taille modérée. Cela lui permet dans un premier temps d'observer les silhouettes humaines à travers les décors, mais également de prendre le contrôle des rats proches.

 

A Plague Tale Requiem

Histoire d'apporter un peu de sang neuf à ces mécaniques, Hugo est désormais capable de communier avec les groupes de rats de taille modérée. Cela lui permet dans un premier temps d'observer les silhouettes humaines à travers les décors, mais également de prendre le contrôle des rats proches. Le joueur peut alors directement déplacer les rongeurs afin qu'ils se jettent sur les malheureux soldats du coin non protégés par de la lumière ou du feu. Hugo n'étant pas tout le temps avec Amicia, ou pas toujours en état d'utiliser ses pouvoirs, cette nouveauté ne déséquilibre pas du tout le jeu. La grande sœur de la famille a droit aussi à des capacités étendues, grâce au nouveau système combinant armes et alchimie. Pour faire simple, disons qu'Amicia possède quatre types de lancers différents (à la main, pots de terre, fronde, arbalète), quatre recettes alchimiques (l'Ignifer pour allumer les feux, l'Extinguis pour les éteindre, la Poix pour les amplifier, et l'Odoris pour attirer les rats), et une totale liberté pour associer les uns avec les autres. Ficher sur une planche de bois un carreau d'arbalète enduit d'Ignifer créera par exemple une nouvelle source lumineuse, tandis que lancer un pot de Poix sur un ennemi le ralentira et le rendra plus facilement inflammable. Ce système permet donc de résoudre certaines énigmes environnementales, mais aussi d'enrichir les combats.

A Plague Tale Requiem

 

HUGO PAS TOUT SEUL

A Plague Tale RequiemJamais avare en petites mécaniques de jeu supplémentaires, Requiem nous donne également la possibilité de donner des ordres aux personnages qui accompagnent Amicia (il y en a rarement plus d'un à la fois). Le costaud Arnaud peut par exemple être envoyé sur un ennemi pour le trucider, tandis que Sophia la pirate peut utiliser un prisme pour mettre le feu à des hautes herbes et détourner l’attention des ennemis, ou prolonger le rayon de certaines sources lumineuses. Il est à noter que, tout comme son prédécesseur, Requiem arrive à ne jamais rendre ces compagnons pénibles ou handicapants, alors même qu'un nombre incalculable de jeux se cassent les dents sur la moindre mission d'escorte. C'est à la fois dû à leur bon comportement général, à leur personnalité développée et attachante, au fait qu'ils sont régulièrement renouvelés, et à un casting vocal réussi (en anglais comme en français). C'est d'ailleurs la bande-son dans son ensemble qui est digne de louanges, car les musiques sont au moins aussi bonnes que celle d'Innocence, ce qui n'est pas peu dire. Arrivés à ce stade du test, vous aurez peut-remarqué que nous n'avons encore pipé mot sur le scénario. Voilà qui est étonnant pour une aventure à la narration forte, non ? C'est en réalité parfaitement volontaire, afin de vous laisser un maximum de surprises. Nous nous contenterons de vous dire que l'émotion est par moments au rendez-vous, et que la fin nous a semblé absolument parfaite. Y compris l'épilogue post-crédits. Et y compris la scène post-crédits post-épilogue post-crédits (non, non, il n'y a pas d'erreur) !

A Plague Tale Requiem

 

HUGO DES CRYPTES

A Plague Tale RequiemEn revanche, il nous faut reconnaître que le jeu ne fait pas mouche sur tous les points. Nous aurions adoré lui accorder un 18 ou un 19, mais trop de petits accrocs sont venus tempérer notre enthousiasme initial. Le bilan technique présente ainsi plusieurs petits bugs récurrents. Nous avons eu droit au comportement erratique de quelques rats, à un personnage faisant un tour complet sur lui-même avant de se positionner correctement, à des compagnons  qui glissent jusqu'à Amicia, à des PNJ nous bloquant durant une séquence de fuite, à des transitions un peu abruptes entre certaines animations, ou encore à un modèle 3D d'Amicia qui s'est mis à légèrement trembler durant une séquence de transport. Plus surprenant encore, alors que le jeu nous en met régulièrement plein les mirettes, il semble avoir du mal à gérer correctement un simple effet de profondeur de champ. Dans certains plans, le bokeh évoque plus le mode portrait mal détouré d'un smartphone bas de gamme qu'une caméra professionnelle. Par ailleurs, certains dialogues tombent étonnamment à plat et manquent clairement de naturel. Et puis, c'est peut-être une affaire de goût mais tout de même, nous avons trouvé que l'équilibre entre action et infiltration était trop en faveur de la première composante. Il y a même une ou deux séquences de rail-shooting, qui n'ont pas grand-chose à faire dans une aventure qu'on espérait basée sur l'infiltration et qui se veut émotionnelle. Allez, une dernière grogne pour la route : dans un contexte semi-réaliste tel que celui-là, les personnages qui se prennent des coups d'épée ou des flèches dans le ventre et qui s'en remettent en quelques minutes, c'est non ! Voilà, qui aime bien châtie bien, comme dit l'adage. Mais qu'on ne s'y trompe pas : A Plague Tale Requiem reste incontestablement une très belle aventure qui vaut largement le détour !


Réagir à cet article Réagir à cet article