GTA IV : quasi 10 ans après, quel impact le jeu a-t-il eu sur la série ? [DOSSIER]


GTA IV : quasi 10 ans après, quel impact le jeu a-t-il eu sur la série ? [DOSSIER]

Sorti en avril 2008 sur PlayStation 3 et Xbox 360, avant d’arriver quelques mois après sur PC, GTA IV avait la lourde tâche de succéder à San Andreas, l’un des épisodes de la série les plus appréciés par les joueurs. Après les aventures de Carl Johnson en plein Los Santos (au cœur du comté de San Andreas) qui nous mettaient dans la peau d’un afro-américain membre d'un gang de la West Coast, GTA 4 a opté pour une approche plus sombre et plus réaliste. Alors que le jeu fait un come-back remarqué sur Xbox One via la rétrocompatibilité instaurée par Microsoft, que reste-il de ce jeu près de 9 ans après sa sortie ? Et quel héritage peut-on trouver dans son successeur de 2013, à savoir le grand GTA V ? On s'est penché sur la question.


Grand Theft Auto IVQuatrième volet canonique de la série et premier épisode à jouir de la haute définition, GTA IV a inauguré une nouvelle ère pour la franchise. Sorti quatre ans après l'épisode San Andreas, le jeu a apporté de nombreux changements. Tout d’abord, c’est la charte graphique qui a évolué. Là où Vice City et San Andreas nous proposaient un rendu plus proche de la bande dessinée, avec notamment une palette chromatique flashy pour l'épisode à Miami, GTA IV avait pris le contre-pied en optant pour une approche plus sombre, qu’il s’agissait des décors ou du scénario. Un peu comme si la série était passée de l'adolesence à l'âge adulte. Les histoires funs et les graphismes cartoon mis de côté, GTA 4 nous a surtout permis de faire connaissance avec Niko Bellic, un vétéran de la guerre des Balkans qui avait fuit la Serbie pour refaire sa vie aux Etats-Unis. Attiré par les promesses écrites de son cousin Roman, Niko s’attendait à vivre le rêve américain une fois sur place, avec voitures de sport, appartement de luxe et bimbos siliconées. Malheureusement, Roman était un mytho de première, et ce que Niko trouva au cœur de Liberty City fut été bien décevant. Comme toujours avec les jeux des frères Houser, le propos de GTA IV dépassa la violence outrancière de surface pour égratigner les aspects de la société américaine, en l’occurrence l’idée du rêve américain. Non tout n’était pas rose ni facile, car la corruption et le crime guettaient à tous les coins de rue. Evidemment, plus qu’une reconversion, Niko était aussi à la recherche d’un ancien membre de son unité combattante qui l’aurait vendu à l’époque aux miliciens, faisant tuer presque tous les membres de son groupe.

PASSAGE A L'AGE ADULTE
 

Grand Theft Auto IVPour illustrer tant de noirceur et un pitch nettement plus adulte qu’auparavant, Rockstar a mis sur pied une ville de Liberty City au teint gris et à l'allure sale qui tranchait radicalement avec les précédents GTA. Autre nouveauté majeure et cas unique pour un GTA, l'épisode IV a eu le droit à deux DLC stand-alone qui sont sortis l'année suivante. La première extension, The Lost And Damned, plaçait le joueur à la tête d’un gang de bikers en y incarnant un vrai dur : Johnny Klebitz. Evidemment, ceux qui ont joué à GTA V connaissent parfaitement le destin réservé à notre biker, puisque ce dernier s'est fait littéralement piétiner par un Trevor Phillips déchaîné, introduisant le personnage de la meilleure des manières. Moins sombre et plus inspiré par Vice City, le second DLC intitulé "The Ballad of Gay Tony" glissait le joueur dans la peau de Luis Lopez, garde du corps d’Anthony "Gay Tony" Prince, le roi de la nuit à Liberty City. Autre feature inédite apportée par GTA IV : l'époque durant laquelle se déroulait l'histoire du jeu, calquée sur la réalité du moment, puisque le scénario a eu lieu l'année de la commercialisation du jeu. Pas de trip rétro façon années 80 ou 90, l’action se déroulait bien au moment où le joueur découvrait le jeu, dans le même contexte géopolitique et culturel. L’immersion a donc été renforcée, et cet aspect a été conservé par la suite puisque GTA 5 se déroulera lui aussi lors de son année de sortie, avec un contexte moderne. Là où GTA IV a posé de gros jalons, c’est lorsqu’on observe l’univers.

"THINGS WILL BE DIFFERENT"
 

Grand Theft Auto IVEn effet, de très nombreuses features ont été récupérées, puis amenées directement dans le GTA 5 de 2013. On retrouve notamment le système du téléphone portable, ce dernier étant devenu un smartphone avec tout ce qu'il contenait de nouveau, comme la présence d'Internet et son moteur de recherche Eyefind, qui a rendu caduques les cyber-cafés du quatrième opus. Plus qu’une simple reprise, il s’agissait d’une évolution, tout comme Internet a changé le monde dans la vraie vie. On a remarqué d’ailleurs que si GTA V se moquait ouvertement de Facebook avec LifeInvader, GTA IV parodiait déjà bien des aspects comme les sites de rencontres avec love-meet.net, ou encore craplist.net (qui signifie littéralement "Liste de merde", soit une parodie de Craigslist). Il est d’ailleurs assez impressionnant de voir l’évolution de toutes ces choses annexes qui ont contribué à rendre l’univers de GTA particulièrement vivant. On retrouve les marques de soda phare comme Sprunk "The Essence of Life" mais aussi de nombreux véhicules qui n’ont presque pas évolué. Ainsi, si les Blista Compact et autre Karin Futo faisait partie des vieilles bagnoles dans GTA 5, elles étaient déjà toutes en circulation dans l’opus précédent. Il ne s’agissait d’ailleurs pas que des voitures bas de gamme puisque la Bravado Banshee (la Dodge Viper) est elle aussi présente dans les deux opus. Le gameplay avait lui aussi subi de gros changements avec l’arrivée dans GTA IV d’un système de couverture dans les gunfights, chose inédite dans la série. Niko pouvait en effet se protéger derrière n’importe quelle surface, un progrès qui fut également repris dans GTA V qui disposait lui aussi d’un cover system nettement plus élaboré.

LE PIONNIER ET LE MAÎTRE EN LA MATIÈRE


Grand Theft Auto IVEnfin, GTA IV signait l’arrivée d’un mode en ligne, chose inédite dans la série. Jouable à 16 joueurs sur consoles et à 32 sur PC, le multijoueur offrait 14 modes différents auquel on pouvait accéder depuis le téléphone portable du joueur. Il était aussi possible de se promener librement dans Liberty City, en incarnant un personnage modifiable avec un système de rang permettant l’achat de nouveaux habits en fonction des progrès. Une nouveauté qui n’a pas été oubliée par Rockstar Games dans GTA 5 puisque le mode online est désormais la partie du jeu qui attire le plus de joueurs dans Los Santos, tout en rapportant un maximum d'argent au studio. Mis en perspective, GTA IV fait réellement office de jeu charnière entre l’époque de la 3D brute de décoffrage qui est arrivée avec GTA III et s’est poursuivie avec les épisodes suivants. On retrouve d’ailleurs le même moteur au sein de GTA 4 et de GTA V puisqu’il s’agit du RAGE : le Rockstar Advanced Game Engine. Initialement développé pour le jeu de ping-pong Table Tennis, puis amélioré sans cesse depuis, de Midnight Club : Los Angeles jusqu’à GTA 5 en passant par Max Payne 3, ce moteur est devenu l’épine dorsale des open-world de Rockstar Games. Une référence en la matière, même 4 ans après sa sortie.


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