Test également disponible sur : PSP

Test Star Ocean : Second Evolution

Test Star Ocean : Second Evolution
La Note
note Star Ocean : Second Evolution 15 20

Sorte de diva à la fois énervante et follement charmeuse, Star Ocean : Second Evolution fait partie de ce type de soft dans lequel on rentre soit totalement, soit aucunement. Bardé de réels défauts et victime d'un portage un peu chiche, il conserve pourtant toutes les qualités qui ont fait sa renommée sur PSone. Soutenu par un scénario prenant bien que classique et un gameplay défoulant, il s'envase quelque peu dans des tonnes de dialogues et une progression hachée. Mais malgré cela, il reste l'aventure, les personnages, tout un univers que l'on prend plaisir à découvrir. Un RPG pur jus dont les dépôts pourront toutefois rester en travers de la gorge de certains.


Les plus
  • Une histoire assez classique mais toujours aussi prenante
  • L'exhaustivité du système de skills
  • Une direction artistique de grande qualité
  • L'une des meilleures bande-son de Sakuraba
  • Le principe de double scénario
  • Encore un RPG mythique sur PSP
  • Combats très dynamiques
Les moins
  • Les dialogues souvent dispensables
  • Le filtre flou
  • Difficulté en dents de scie
  • Un recrutement de personnages assez obscur
  • Une première partie peu passionnante
  • Un remake paresseux


Le Test

Sorti en France en 2000 dans l'anonymat le plus total, occulté par un certain Final Fantasy VIII paru quelques mois plus tôt, Star Ocean : The Second Story était l'un de ces outsiders timides renfermant néanmoins des qualités dépassant parfois celles des "maîtres" du genre. Faisant directement suite au tout premier opus, récemment lifté et bien pomponné sur PSP, Star Ocean 2 ne pouvait immanquablement pas se passer lui aussi d'un remake en bonne et due forme. C'est donc sous le titre de Star Ocean : Second Evolution que le titre d'Enix refait surface. Mais Evolution est-il vraiment le bon terme ?


Centré autour de Claude C. Kenny, fils de l'amiral Ronix J. Kenny (l'un des personnages principaux de Star Ocean : First Departure) et de Rena Lanford (jeune habitante de la planète Expel), Star Ocean : Second Evolution se déroule exactement 20 ans après les événements du premier épisode et donc de la chute de Jie Revorse. Reposant sur le même postulat de base, à savoir l'arrivée inopinée d'un terrien sur une planète considérée comme sous-développée, le soft de Square-Enix propose – l'originale – possibilité de choisir le point de vue à partir duquel sera apprécié le scénario. Vous avez donc l'opportunité d'incarner soit Claude, soit Rena, tout en sachant que les personnages que vous rencontrerez et que vous pourrez recruter diffèreront, tout comme certains points de la trame principale. Comme dans tout Star Ocean qui se respecte, vous devez donc recommencer le jeu au moins une fois pour espérer connaître l'ensemble du casting et ne pas laisser passer la moindre miette de l'aventure, aussi insignifiante soit-elle. Pouvant se féliciter de posséder parmi les premières heures les plus soporifiques de l'histoire du RPG japonais, Star Ocean : Second Evolution est typiquement un titre qui prend le temps de raconter, qui ne se hâte que pour des moments de bravoures mémorables, et qui se fiche éperdument de l'inintérêt de certains dialogues de plus d'un quart d'heure. Un parti-pris qui a fait de son ancêtre sur PSone un sujet de discorde majeur à l'époque, sujet qui pourrait bien être remis lui aussi au goût du jour. Vous voilà prévenus ! Star Ocean : Second Evolution est un jeu qui se vit et qui se subit.

 

The Second Story

 

Bien plus scénarisé que Star Ocean : First Departure, Star Ocean : Second Evolution porte à une certaine maturité les thèmes encore timidement abordés par son prédécesseur. Si l'histoire ne manque pas de certaines lourdeurs, notamment durant la première partie de la quête, elle réserve le type de rebondissements cataclysmiques dont regorgeaient les RPG de l'époque PSone, semblant trouver les moyens les plus spectaculaires de quitter définitivement le carcan 16-bits. Si aujourd'hui de nombreux titres ont usé jusqu'à la corde les nœuds scénaristiques présents dans ce Star Ocean : Second Evolution, remake oblige, il n'en reste pas moins une trame réellement prenante, conservant un coup d'éclat central renversant et surtout des personnages travaillés, attachants et particulièrement hauts en couleurs. Le ton général s'avère par ailleurs plutôt sombre et même si l'humour habituel de la saga surgit par pointes plus ou moins fines, il se dégage du soft une sorte de mélancolie, préfigurant ce que sera Valkyrie Profile. On retrouve surtout cette tendance dans la direction artistique, les villes traversées s'avérant bien moins joviales que dans Star Ocean : First Departure, affichant souvent des teintes froides et un aspect chaotique nettement mis en avant. Malheureusement, et c'est peut-être là également un clin d'œil à l'adaptation PSP de Valkyrie Profile, le rendu à l'écran subit une certaine rémanence dû à un filtre "floutant" quelque peu les éléments pré-calculés du décor. Sans que cela aille jusqu'à une gène visuelle, cet effet reste dommageable, tant les environnements de Star Ocean : First Departure bénéficient d'un travail graphique encore envoûtant aujourd'hui.

 

Voici le point de départ d'une trentaine d'heures de jeu, qui seront composées de passages mémorables, de catastrophes planétaires et d'un appel à l'aventure."

 

C'est donc dans cette atmosphère particulière que vous dirigez votre escouade de jeunes gens désireux de découvrir ce qui arrive à la planète Expel, autrefois paisible, désormais envahie de monstres et de créatures faisant de la destruction d'autrui un hobby. Le Globe de Sorcellerie, un artefact d'origine inconnue s'étant écrasé sur ces terres, pourrait bien être la cause de ce soulèvement démoniaque. Voici le point de départ d'une trentaine d'heures de jeu, qui seront composées de passages mémorables, de catastrophes planétaires et d'un appel à l'aventure. En premier lieu, le nombre incroyable de dialogues (meublant simplement des situations peu dignes d'intérêts scénaristiquement parlant) est tout bonnement impossible de passer rapidement. Si cela permet de développer grandement les liens entre les personnages d'un certain point de vue, une telle logorrhée peut légitimement laisser nombre de joueurs de côté, habitués désormais à un rythme général plus rapide et surtout moins haché. Tout est une affaire de patience et donc de ressenti personnel. D'où la facilité pour le titre à tomber dans les extrêmes du subjectif « j'aime / j'aime pas ». D'autant que le principe des Private Actions (à savoir un système de discussions intimes avec certains membres du groupe accessible à l'entrée de chaque ville, déjà expérimenté dans Star Ocean : First Departure), multiplie ces instants de dialogues appuyés. Star Ocean : Second Evolution est donc clairement un RPG verbeux, qui ralliera plus aisément à lui les joueurs accordant plus d'importance au temps passé à la connaissance de l'univers qu'au déroulement du scénario. Dans le même ordre d'idée,  Star Ocean : Second Evolution est en quelque sorte l'antithèse du dirigisme, vous obligeant à glaner la moindre information pour espérer d'une part connaître votre prochaine destination et d'autre part activer les causes qui vous permettront de progresser. Une activité qui peut rapidement se transformer en véritable labeur pour les néophytes. N'espérez donc pas partir à l'aventure, sabre au poing, en désirant tester votre sens de l'orientation. Réservez cet élan aux combats, bien cadrés et presque rassurants.

 

L'épée de la justice

 

Tous ceux qui ont parcouru Star Ocean : First Departure ne seront pas dépaysés par le déroulement des affrontements. Reprenant le principe d'une action très soutenue et directe chère à la saga, Star Ocean : Second Evolution propose donc des combats très dynamiques se déroulant en arène fermée, durant lesquelles vous avez le contrôle total de vos personnages. Fonctionnant sur le modèle d'un A-RPG, vos actions sont effectuées immédiatement et vous serez, de fait, surpris en flagrant délit de pressions répétées sur la touche d'action afin d’effectuer des combinaisons d'attaques. De même, il vous est possible d'assigner des coups spéciaux sur les boutons de tranche et surtout de les enchaîner en pleine bataille d'une manière bien plus souple que dans la version originale. Bien évidemment, vous retrouverez également le menu s'affichant en cercle autour du personnage que vous dirigez indispensable à l'utilisation d'objets ou à une fuite salvatrice. Ne prenant en main qu'un seul combattant à la fois, avec néanmoins la possibilité de switcher quand bon vous semble, vous devrez la plupart du temps faire confiance à la gestion de votre équipe par une I.A. customisable dans ses grandes lignes (plus de soins, attaques spéciales, en retrait, etc.). Une confiance plus ou moins solide, tant vos compagnons d'armes auront parfois tendance à s'emballer quelque peu, notamment lorsqu'ils sont pris à parti par l'ennemi. Mais dans la majeure partie des situations, vous n'aurez pas à regretter leur action, se montrant suffisamment vifs pour vous secourir à temps ou couvrir vos arrières.

 

Mention spéciale à la dernière partie du jeu et notamment au boss final aussi légendaire que celui de Saga Frontier 2, dans des proportions tout de même plus humaines."

 

Moins brouillon que celui de First Departure, le système de combat de Second Evolution subit tout de même un défaut de rythme identique lorsque les magies se déclenchent. Arrêtant net l'action en cours, ces dernières durent parfois de longues secondes et hachent régulièrement l'intensité des affrontements. Plutôt bien réalisés, ces assauts mystiques sont donc à réserver aux boss très retors du soft, demandant par ailleurs le maximum de votre attention si votre objectif est d'amener Claude C. Kenny au terme de sa quête. En effet, Tri-Ace oblige, Star Ocean : Second Evolution connaît la fameuse difficulté en dents de scie que le studio japonais pourrait déposer en tant que brevet, vous plongeant dans les affres du désespoir quelques minutes à peine après que vous vous soyez fait la réflexion que le titre manquait de challenge. Mention spéciale à la dernière partie du jeu et notamment au boss final aussi légendaire que celui de Saga Frontier 2, dans des proportions tout de même plus humaines. Fort heureusement, vous pouvez vous épargner des souffrances inutiles en poussant dans ses derniers retranchements le système de skills déjà présent dans First Departure. Dans les faits, vous devez affilier des points de compétences à des spécialités comme la cuisine, la couture, la forge, etc. qui vous permettront ensuite d'accéder à des capacités comme la création d'items de soin, l'invention de nouvelles armes et armures ou encore la composition d'oeuvres musicales. Si certaines sont dispensables d'un strict point de vue "ludique", elles participent pleinement à l'extrême richesse du soft ne se reposant pas uniquement sur ses combats et ses phases d'exploration mais bien sur son éventail ahurissant de possibilités créatrices. Autre intérêt des skills, ces derniers prennent également la forme de bonus physiques, vous donnant accès à plus de rapidité, à des enchaînements spéciaux ou bien à la diminution du temps nécessaire à l'invocation d'un sort entre autres coup de pouces plus que bienvenus. Une exhaustivité qui force le respect donc, à la différence des ajouts de cette version PSP.

 

StarOcean Stagnation 

Si Star Ocean : First Departure était un remake au sens premier du terme, troquant sa réalisation originelle contre une apparence visuelle bien plus moderne, rajeunissant également ses rouages ludiques, Star Ocean : Second Evolution se rapproche quant à lui bien plus du portage pur et simple. En effet mis à part une carte du monde un tantinet liftée, l'apparition d'un doublage intégral une nouvelle fois de grande qualité et de quelques séquences inédites, surtout concernant le charismatique Dias, rien ne change vraiment l'expérience Star Ocean 2 en comparaison avec celle de la version originale. Si le titre de Square-Enix reste de très bonne qualité, on aurait tout de même apprécié quelques réajustements du gameplay ou du moins un remaniements de certains donjons afin de rendre l'aventure plus rythmée et surtout plus accessible. Car malgré sa plastique plus moderne qu'un Dragon Quest V, Star Ocean : Second Evolution reste un titre clairement orienté old school dans ses rouages et vous fera clairement comprendre à coups de Game Over sauvages que le leveling est une science à ne pas ignorer. A noter également que la version française d'origine a disparu au profit d'une version anglaise. Si l'on pourrait crier au scandale, il est aussi bon de relativiser tant la traduction dans notre belle langue était calamiteuse. Pour toute ces raisons il est difficile de conseille Star Ocean 2 les yeux fermés. Le mieux est de tenter l'expérience et surtout de savoir à quoi s'attendre. Car si l'on peut voir le soft comme une aventure exceptionnelle, bourrée de moments anthologiques, mue par un gameplay détonnant et souligné par une bande-son magistrale, il est également possible de le ressentir comme un RPG frustrant, mal réglé et vous demandant énormément d'investissement. Reste à savoir si vous accepterez ces sacrifices et les errances d'un RPG sans doute trop ambitieux pour son époque. Si tel est le cas il deviendra pour vous un classique. Si cela ne l'est pas, il rejoindra les autres étoiles éteintes du RPG japonais. Le principe même du titre polémique.




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