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Test Silent Hunter 5 : Battle of the Atlantic

Test Silent Hunter 5 PC
La Note
note Silent Hunter 5 : Battle of the Atlantic 13 20

Développé par Ubisoft Roumanie, Silent Hunter 5 : Battle of the Atlantic souffre du syndrome commun à de nombreux titres réalisés en Europe de l'Est, à savoir une belle collection de bugs qui ne seront résolus qu'à force de patchs officiels et de mods réalisés par la communauté des passionnés. Si vous êtes à la recherche d'une finition parfaite, passez donc votre chemin ! Faites de même si le système anti-piratage d'Ubisoft, qui oblige à être connecté en permanence pour jouer en solo, vous semble abusif. Si tout cela ne vous dérange pas et que vous êtes un fan de la série en quête de nouveautés, ou bien un novice qui voudrait découvrir le genre, vous pouvez vous laisser tenter. Malgré ses nombreux défauts, Silent Hunter 5 reste le maître de la simulation de sous-marins, faute de concurrence.


Les plus
  • Vue subjective sympathique
  • Joli rendu graphique
  • Plus accessible que les autres épisodes
Les moins
  • Système de protection
  • Manuel peu détaillé
  • Des bugs en pagaille


Le Test

Au royaume des simulations, les avions et les voitures font incontestablement la loi. Pourtant, certains irréductibles au pied marin préfèrent prendre le contrôle d'un submersible afin de jouer sans vergogne au poisson-chat et à la souris avec les navires ennemis. Pour eux, la référence du genre s'appelle Silent Hunter. Cette série accueille aujourd'hui un cinquième épisode assez particulier puisqu'il n'hésite pas à innover, aussi bien en ce qui concerne le jeu lui-même que son système de protection contre le piratage.


Suivi de très prés par la version PC d'Assassin's Creed II, Silent Hunter 5 aura donc été le premier jeu à bénéficier/pâtir du nouveau système anti-piratage (et anti marché de l'occasion...) mis en place par Ubisoft. Afin de ne prendre personne en traître, la jaquette affiche le message d'avertissement suivant : "une connexion permanente à Internet est requise pour jouer". Les sombres promesses de l'éditeur français ont bien été tenues : il faut dorénavant être connecté en ligne pour jouer en solo. Et entre l'installation du DVD, la création d'un compte Uplay, la mise à jour du logiciel de lancement et le téléchargement automatique du premier patch, une certaine dose de patience est requise avant de pouvoir effectuer ses premières parties et vérifier par là-même si les serveurs et le système dans son ensemble tiennent la route. Concrètement, nous avons bien eu à déplorer quelques retours Windows suivi d'un message "synchronisation des sauvegardes" mais il est impossible de dire si ces plantages sont dus au système de connexion permanente ou bien au jeu lui-même qui, nous allons le voir, est bel et bien le digne successeur du quatrième épisode en termes de bugs. Au final, ce sont autant des critères "politiques" que techniques qui doivent décider les joueurs à cautionner ou non le nouveau DRM  d'Ubisoft. En attendant de savoir ce que l'avenir nous réserve, revenons à nos poissons et penchons-nous sur l'expérience de jeu apportée par Silent Hunter 5 : Battle of the Pacific. En premier lieu, on ne peut qu'apprécier les progrès graphiques effectués par ce nouveau volet. Le plus important d'entre eux concerne l'arrivée d'une vue subjective, qui permet de visiter les sous-marins en toute liberté. Slalomer entre les couchettes, ouvrir les écoutilles, grimper aux échelles ou tout simplement observer les soldats vaquer à leurs occupations renforce indéniablement l'immersion, ce qui est plutôt de bonne augure pour un jeu de sous-marins... D'un intérêt pas uniquement cosmétique, ces balades sont également l'occasion de donner des ordres à nos hommes et même de discuter de la pluie et du beau temps avec eux. Une fantaisie plutôt sympathique, même si les sujets de conversation sont extrêmement limités et donc répétitifs. Signalons au passage que le choix des missions s'effectue également en allant parler à un personnage précis dans les ports d'amarrage, partiellement visitables.

Vis ma vie d'officier de quart

C'est également à travers cette vue subjective, qui constitue en quelque sorte l'interface principale du jeu, que l'on pourra accéder aux arbres de compétences de chaque membre d'équipage. A la manière d'un jeu de rôles, les officiers et sous-officiers disposent en effet de capacités passives et actives, à débloquer grâce aux points de promotion gagnés en remplissant les objectifs de mission. Ce système va de pair avec la gestion du moral et concerne aussi bien l'ingénieur en chef et l'officier en second que l'artilleur ou encore le cuisinier. Pour ne rien gâcher, les décors et personnages affichés sont plutôt crédibles et toujours agréables à l'œil. On remarquera avec amusement que le capitaine que l'on incarne passe à travers les autres persos comme s'il s'agissait de fantômes, mais cette concession au réalisme peut être justifiée par l'exiguïté du sous-marin. Il y a fort à parier que nous aurions pesté de devoir sans cesse jouer des coudes pour évoluer d'un bout à l'autre du submersible. La beauté graphique est encore plus manifeste quand on active la caméra externe, qui permet non seulement d'observer notre U-Boot sous toutes les coutures mais également d'apprécier la parfaite modélisation des vagues et de l'écume des mers. Même le plus sérieux et blasé des amateurs de simulations ne pourra s'empêcher de plonger la caméra dans l'eau et de la ressortir pour admirer la dispersion des gouttes résiduelles sur l'objectif. Les explosions possèdent également un petit côté hollywoodien pas déplaisant, même si l'impact d'une torpille sur la coque d'un navire donne rarement lieu à un véritable feu d'artifice dans la réalité... En revanche, l'effet de pluie limité à quelques stries blanches peine à convaincre et, il faut bien le reconnaître, le jeu à tendance à ramer sur les configurations moyennes. C'est encore plus vrai quand on active au delà d'une certaine limite l'accélération du temps, capable alors de ramener le taux de rafraichissement graphique à moins de cinq images par seconde.

C'est également à travers cette vue subjective, qui constitue en quelque sorte l'interface principale du jeu, que l'on pourra accéder aux arbres de compétences de chaque membre d'équipage. A la manière d'un jeu de rôles, les officiers et sous-officiers disposent en effet de capacités passives et actives..."

Ces améliorations esthétiques attireront certainement un nouveau public, qui aurait pu autrement être rebuté par l'aspect relativement austère des premiers épisodes de la série. Cette recherche d'accessibilité s'accompagne d'une refonte totale de l'interface, nettement moins détaillée qu'auparavant. Les habitués des simulations pointues devront se tourner vers des mods amateurs pour retrouver leurs marques et pouvoir tout contrôler manuellement. Par défaut, il faut bien avouer que Silent Hunter 5 a un peu le séant entre deux chaises : son côté un peu plus arcade qu'à l'accoutumée risque de déplaire aux purs et durs de la simu, tandis que le manuel papier se montre insuffisamment documenté pour répondre à toutes les questions que ne se manquera pas de se poser un néophyte. Dans tous les cas, les uns comme les autres auront du mal à déterminer si tel ou tel problème qu'ils rencontrent est de leur fait ou de celui du jeu, programmé manifestement à la va-vite. Nous avons ainsi pu observer des hommes d'équipage flottant dans les airs au lieu d'être positionnés sur le pont, d'autres restant au contraire sur ce pont en pleine plongée et battant ainsi des records d'apnée, des phylactères (indiquant qu'on peut dialoguer avec un personnage) apparaissant ou disparaissant selon le moment où on charge une sauvegarde, un officier qui refuse d'identifier l'origine d'un pétrolier alors même qu'on distinctement son pavillon au périscope, et bien d'autres péripéties plus ou moins gênantes. La plus savoureuse provient d'un bug ayant fait partir notre sous-marin d'un port proche de Brême alors que nous l'avions stationné à Kiel. Un plantage et un rechargement de la sauvegarde plus tard, le submersible avait retrouvé la place qui lui était due. Ajoutez à cela des temps de chargement extrêmement longs, y compris pour accéder simplement au menu principal du jeu, et il apparaît alors clairement que Silent Hunter 5 ne pourra déployer tout son potentiel que dans  quelques patchs salvateurs. Ceux qui ne veulent pas essuyer les plâtres feront donc bien de repousser leur achat à dans quelques mois.




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