Test également disponible sur : PS3

Test EyePet

test eye pet PS3
La Note
note EyePet 3 20

Proposant une expérience émotionnelle et ludique sans équivalent véritable, EyePet est le premier pas d'une nouvelle manière de voir le rapport joueur/interactivité. Une avancée fascinante dans ses premières manifestations, mais qui se montre rapidement redondante, perdant de sa magie au profit d'une absence totale d'avolution ou de "narration". Compilation de jeux faibles et de possibilités d'interactions haut-de-gamme, EyePet est malheureusement et seulement réductible à cette définition. A essayer néanmoins.


Les plus
  • Une créature complètement craquante
  • Un travail sur l'émotion très convaincant
  • Des interactions ludiques nouvelles
  • Un titre très accessible
  • Une customisation de Kiki poussée
Les moins
  • Manque flagrant de renouvellement et d'évolution
  • Aucune notion réelle de progression
  • Une reconnaissance de la carte parfois capricieuse
  • L'obligation d'avoir un grand espace
  • Difficile à expérimenter avec une lumière non naturelle
  • Finalement assez peu innovant dans ses fondements


Le Test

Basé sur le désormais très courant principe de la "réalité augmentée" (qui est une technique permettant d'inscrire des éléments virtuels dans la réalité matérielle par le truchement d'un écran), EyePet tente de faire oublier la technique. Son stratagème est simple, faire entrer le sentiment en y ajoutant une interactivité poussée. Car c'est bien une petite créature attachante qui va cavaler virtuellement sur votre plancher.


Conçu en interne par Sony au sein de son studio de Soho, EyePet tire en effet parti de la caméra exclusive à la PS3, à savoir l'EyeToy. Peu mise à contribution depuis le lancement de la machine, à part peut-être dans le cadre d'expérimentations personnelles, cette dernière trouve dans EyePet l'occasion de se montrer utile mais surtout d'être au service d'une interaction développée. Dans les faits, l'EyePet est une petite créature velue à mi-chemin entre le Kiki, fameuse peluche des années 80/90, et le Mogwaï, tiré des deux films Gremlins à la mode dans la même période. En résulte un animal au design très réussi, suffisamment mignon pour créer immédiatement un attachement réel. Une affection intelligemment préparée par les premières minutes consacrées à l'observation de cet œuf mystérieux duquel sortira l'EyePet, qu'il vous faut manier avec précision et douceur. L'éclosion, simple et sans débordements de mise en scène, diffuse une émotion palpable, relayée par les comportements de votre animal au creux de sa coquille, semblant sortir en droite ligne d'un dessin animé. De même, les premiers pas un peu gauches de l'EyePet touchent immédiatement et introduisent donc un potentiel d'émotion élevé, offrant la perspective très agréable de passer du temps avec cette créature unique.

Au pied Kiki !

Sorte de Tamagotchi du nouveau millénaire, EyePet nécessite de passer du temps à l'entretien et à l'éducation de votre petit compagnon. Douche, séchage, lissage du poil, tontes et nourriture, toutes ces activités vous demanderont d'utiliser le principal élément physique du gameplay du titre de Sony, à savoir une grande carte plastifiée. Cette dernière est le "relais" de nombre d'objets virtuels, qui apparaîtront une fois choisis à son emplacement exact. D'une part, l'ensemble des outils orientés vers les soins divers, comme le sèche-cheveux, le savon, le réceptacle à croquettes, et de l'autre, les éléments ludiques. Par exemple, un trampoline ou encore une voiturette. Demandant d'être idéalement placée dans un endroit net et dégagé sous une luminosité importante, ladite carte doit être tout le temps orientée vers la caméra sous peine de perdre le contact et de ne plus afficher les objets désirés. Ces phases, relativement redondantes et sans réel intérêt, sont accompagnées de la possibilité de customiser sa créature de façon très exhaustive. La gestion du poil devient désormais une science tant les possibilités proposées par EyePet s'avèrent variées. Entre la modification de la teinte, les types de fourrure disponibles et surtout les divers accessoires débloquables au gré de votre progression dans l'apprentissage, chacun pourra bénéficier d'une petite bête unique.

...l'EyePet est une petite créature velue à mi-chemin entre le Kiki, fameuse peluche des années 80/90, et le Mogwaï, tiré des deux films Gremlins à la mode dans la même période. En résulte un animal au design très réussi, suffisamment mignon pour créer immédiatement un attachement réel."

Possédant des capacités cognitives supérieures à la moyenne, votre compagnon est avide d'apprendre de nouvelles choses. A vous de développer ses connaissances par le jeu et la création. Dans le premier cas, un bon nombre de mini-jeux sont proposés, allant du trampoline au bowling en passant par des séances photos. Le processus créatif est quant à lui illustré par des activités comme le dessin ou encore la répétition. Si les jeux sont un moyen de passer quelques instants divertissants, ils restent bien trop peu évolués pour figurer en tant que véritable composante importante du soft. Tout l'intérêt réside dans les interactions émotionnelles, bien plus présentes au sein du pan « apprentissage ». C'est ici que le travail réalisé par Sony Londres permet à EyePet de se différencier un tant soit peu d'une simple variation d'un produit EyeToy basique. Le simple fait de soumettre un dessin effectué à main levée à votre créature afin de la voir le reproduire avec une fidélité plutôt convaincante, reste une expérience d'échange ludique nouvelle et fascinante. Dans le même ordre d'idée, le principe du "crayon magique", à savoir la possibilité de "matérialiser" une de vos œuvres afin de créer une interaction avec votre compagnon à fourrure compose une vraie avancée dans la fusion de l'imaginaire au sein de la technique. Le message que tient à faire passer Nicolas Doucet (directeur artistique), passionné par la notion de construction d'une sorte de réalité palpable à vocation sociale. Peut-être encore un peu utopique.

Le complexe du Kiki

Développé clairement à destination d'un public jeune, voire très jeune, EyePet joue donc pleinement sur les principes d'attachement et de stimulation des sentiments. L'aspect magique de cette création ex nihilo d'une frêle bestiole à la bouille instantanément charmeuse est indiscutable. L'ensemble de ses réactions, bien rendues et surtout sans aucun temps de latence, permettent de donner corps à cette espèce de poussée onirique qui fait pour l'instant cruellement défaut sur consoles "next gen". Une notion de nouvelle génération qui trouve par ailleurs une résonance dans EyePet, tant la réalisation du titre semble dépendre viscéralement de l'évolution du média. Le joueur entame une relation au sens premier du terme avec l'animal virtuel entrant dans son environnement. Bien plus que dans un Nintendogs dont les échanges se limitent à une interface sans lien avec le réel. Mais paradoxalement, là où EyePet semble transcender son média pendant quelques temps est aussi le lieu où il chute par les lacunes basiques de ce dernier. En effet, les phases hors-jeu tournent finalement très vite en rond, votre petit animal n'évoluant en aucune manière. Une routine ludique s'installe et les schémas de réaction de l'EyePet restent également confinés dans un éventail de manœuvres assez faible. Les enfants s'amuseront un temps, sans doute plutôt court, mais davantage dans l'excitation de la découverte que dans la notion d'éducation ou d'évolution. De possible gestion d'un compagnon poilu pouvant renforcer justement la relation joueur/créature de façon constante, aboutissant à un intérêt sur le long terme, le soft passe à une compilation de jeux. Une compilation certes enrobée de gameplay émergent et de réalité augmentée sentimentalement mais qui se limite à ce qu'elle est. Occupation aussi fascinante que la découverte d'un nouveau jouet mais malheureusement aussi éphémère. EyePet, à l'image de sa créature, à beaucoup à apprendre avant de devenir ne serait-ce que le prototype d'une gestion réellement maîtrisée et  nouvelle de l'émotion et de l'espace.




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