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Test Dragon Quest : L'Epopée des Elus

Test Dragon Quest : L'Epopée des Elus
La Note
note Dragon Quest : L'Epopée des Elus 14 20

Faisant partie des épisodes les plus innovants de la série, Dragon Quest IV, premier opus de la Zenithian Trilogy perd ici un peu de sa superbe. Innovant sur bien des points pour son époque et conservant une construction et des idées de base de haute tenue, il reste néanmoins trop loin du joueur lambda par sa difficulté antédiluvienne et surtout par son aridité au niveau du gameplay. Il est toujours agréable de se replonger dans sources du RPG, mais dès lors qu'on le sort de son contexte, autant l'adapter un minimum à son époque. Dragon Quest : L'Epopée des Elus est un bon jeu, c'est évident. Son remake, en misant plus sur la forme que sur le fond s'avère moins convaincant. Cependant, si l'aventure et l'esprit chevaleresque sont vos critères de choix, vous ne serez pas déçus. Un remake dont vous êtes le héros.


Les plus
  • Une trame découpée intelligemment
  • Le chapitre de Torneko
  • Des modèles 3D vraiment détaillés
  • Une bande-son mélodieuse
  • L'arrivée en France d'un pan important du RPG japonais
  • La traduction intégrale
Les moins
  • Une difficulté de 1990
  • Paresse dans l'adaptation
  • Un gameplay archaïque
  • Une ultime partie plus classique
  • L'absence de fonctions tactiles
  • Mise en scène pauvre
  • Une certaine austérité


Le Test

Générateur de hordes de collégiens et de lycéens quittant les cours pour se plonger dans des terres hostiles, armés d'épées et d'armures de cuirs divers, la série Dragon Quest est une réelle institution au Japon. Dépassant la pourtant universelle saga Final Fantasy dans le cœur de nos amis nippons, cette dernière a débarqué en Europe très récemment par le biais du huitième opus sur PlayStation 2. C'est donc après ce succès d'estime que Dragon Quest IV arrive, du haut de ses 18 ans d'existence, sur nos DS et ce sans s'orner de son chiffre romain. C'est suivi du sous-titre : "L'épopée des Elus" qu'il vient nous conter l'histoire de cinq personnages réunis par la destinée.


Paru en 1990 sur la Famicom japonaise, Dragon Quest IV est l'un des premiers RPG à tenter une narration différente basée, non pas sur une trame linéaire globale, mais sur plusieurs petits scénarii mettant à chaque fois en scène un personnage en particulier. Bien évidemment, ces fragments se recomposent dans un ultime chapitre qui donne lieu à un grand rassemblement des protagonistes, dirigés par l'Elu dans sa quête contre le mal. Restant fidèle au jeu original jusque dans ses plus infimes répliques, cet opus DS conserve donc logiquement cette construction narrative réellement intéressante mais n'évite pas l'écueil d'une absence totale de remise en question. La première phase du jeu, passionnante et permettant de se lier facilement aux individus présentés sombre malheureusement dans les travers de l'époque, à savoir une lutte sans merci contre un sombre être maléfique désireux de détruire tout ce qui barre le passage à sa mégalomanie. De fait, cet archaïsme dans la dernière ligne droite, retire en grande partie l'originalité du jeu pour lui faire affronter les mêmes travers que Dragon Quest VIII, à savoir une réelle perte de rythme dès que les aboutissants sont révélés. C'est dans ces moments là où l'on se demande vraiment si le terme remake ne pourrait pas aller jusqu'à simplement adapter une narration aux attentes d'une époque, plutôt que de tenter encore et toujours un rafraîchissement graphique.

 

Silence, on tourne

 

En effet, s'il y a bien un élément que l'on remarque dès les premiers pas effectués dans ce quatrième opus de la saga Dragon Quest, c'est évidemment l'utilisation de la 3D pour tout ce qui est de l'ordre du décor (maisons, salles, palais, etc.), et ce avec un niveau de détail égal à celui du remake PSone sorti en 2001. La petite portable de Nintendo gère avec un brio relatif ce mélange de 2D et de 3D, affichant la majeure partie du temps les éléments sans accrocs, tout en subissant parfois quelques ralentissements un tantinet dommageables. Néanmoins, certains lieux tiennent de la performance visuelle et offrent, sans atteindre le niveau d'un The Legend of Zelda : Phantom Hourglass, des points de vue impressionnants. Orienté pleinement "grande aventure" Dragon Quest IV est fidèle à ses impératifs et alignent avec fierté son lot de temples mystiques, de palais baroques et de statues massives, tous et toutes sublimés par la gestion de la 3D. Malheureusement, l'intégration de sprites 2D dans cet univers en trois dimensions qu'il est possible de faire tourner comme bon nous semble est assez dérangeant, donnant l'impression que les éléments polygonaux, pourtant très réussis, sortent du paysage dans des perspectives étranges. Une sorte de monde à la Escher plutôt déstabilisant. Un problème déjà rencontré à son époque par Breath of Fire IV, qui lui n'avait pas réussi à implémenter une rotation de caméra digne de ce nom, ce que parvient justement parfaitement à faire Dragon Quest : L'Epopée des Elus, le sauvant d'une illisibilité dangereuse. Les phases de combats n'ont quant à elles pas ce genre de question à se poser, étant purement et simplement sur un seul plan. Dans la plus pure tradition de la saga d'Enix, l'écran d'affrontement est composé de manière très sobre. Les visages de nos héros, leurs points de vie et de magie et la partie centrale réservée à la créature plus ou moins féroce à abattre, rien de plus. Les ennemis, et ce malgré leurs animations assez variées et réussies sont paradoxalement trop statiques, remettant à zéro l'évolution intéressante apportée par Dragon Quest VIII. Certes, nous sommes en face d'un remake déjà existant, mais justement, n'aurait-il pas été judicieux de remodeler certains détails en fonction des avancées effectuées par la série ? Il faut croire que non à l'expérimentation du système de combat.

 

Dragon Punch !

 

Comme dans les fières heures des années 90, les diverses actions générales durant les affrontements sont relayées par un menu relativement austère, comportant les principales commandes, à savoir "attaque", "magie" , "objet" et pour finir "défense". Un système issu de la moelle du jeu vidéo en général et du RPG japonais en particulier, mais qui fonctionne encore parfaitement, donnant au joueur l'impression de retomber devant une sorte de pendant vidéoludique du "livre dont vous êtes le héros" et de sa dose d'imagination obligatoire. Car, autant le signaler au préalable, il est plus que nécessaire d'avoir une bonne dose d'imaginaire pour se plonger dans un combat de Dragon Quest IV, ce qui pourra en rebuter certains. Entre des ennemis stoïques et des personnages dont la présence se résume à quelques éclats symbolisant le tranchant d'une lance ou d'une épée, il est préférable d'être un RPGiste initié ou un rôliste adepte de jeux de plateaux. D'autant que le conflit surgit très régulièrement dans Dragon Quest IV, old school oblige, accompagné de son cortège de fourberies. En effet, soucieux de préserver la saveur âpre d'antan, Square Enix a choisi de laisser la voie libre à une difficulté bien acide, obligeant à de longues et fastidieuses séquences de level-up, afin de survivre plus de dix minutes dans un donjon. Bien que la présence d'un système de sauvegarde rapide soit appréciable, il vous sera bien compliqué d'atteindre les dernières salles d'un donjon si vous ne vous êtes pas préparés convenablement. Le titre ne laisse pas de seconde chance et aboutit à des sanctions particulièrement directes. Si l'on ajoute à cela le prix prohibitif de l'équipement, on se dit clairement que le jeu nous en veut personnellement. Et pourtant. Pourtant, Dragon Quest IV est un titre accrocheur.

 

Entre des ennemis stoïques et des personnages dont la présence se résume à quelques éclats symbolisant le tranchant d'une lance ou d'une épée, il est préférable d'être un RPGiste initié ou un rôliste adepte de jeux de plateaux."

 

Bourré de facilités et de défauts, ce remake a une force cachée, celle de susciter l'appel à l'aventure, sentiment commun à tous les titres de la saga. Sa construction intelligente en chapitres réellement différents les uns des autres, tant dans leur sujet que dans leur ton, notamment celui des deux sœurs vengeresses, ses idées parfois surprenantes de finesse, à l'image du chapitre consacré à Torneko durant lequel l'objectif est de devenir un grand marchant et le côté kawaii de ses personnages tendent à rendre ce jeu "vivant", avec un vrai caractère. Il est de fait d'autant plus regrettable de voir le peu d'efforts réalisés par Square Enix pour ce remake / portage. L'absence de fonctionnalités tactiles en est le meilleur exemple. Certes, le défilement se fait sur les deux écrans simultanément, ce qui est une performance en soi ; cependant cela n'apporte rien au gameplay et reste un effet de style un peu présomptueux, mettant de côté le stylet qui aurait pu se révéler un agréable compagnon d'aventure. De même, le fait de n'avoir rien modifié de prégnant depuis la version PSone, mis à part le curieux principe d'échange de villageois entre joueurs lors de la création de cités, laisse un arrière-goût relativement amer, à l'image du jeu. Survolé par une bande sonore entre notes épiques et mélodies agréablement doucereuses, gorgé d'esprit d'aventure, pétri de bonne volonté et d'une rigueur de fond hors-normes, graphiquement surprenant et dans sa première partie assez passionnant, Dragon Quest IV ne parvient tout de même pas à mettre son austérité de côté, semblant penser à tort que tous se seront ralliés d'avance à sa cause. Ce qui est loin d'être le cas. Comme un soldat trop sûr de lui, Dragon Quest : L'Epopée des Elus ne réajuste pas sa cuirasse et laisse une ouverture propice à quelques malheureuses blessures.




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