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Test Close to the Sun : vibrant hommage ou mauvais plagiat de BioShock ?

Test Close to the Sun : vibrant hommage ou mauvais plagiat de BioShock ?
La Note
note Close to the Sun 12 20

Accrocheur au premier abord, Close to the Sun nous enchante réellement avec sa direction artistique Art déco et son scénario scientifique qui met en avant le mésestimé Nikola Tesla. Et rien que pour ça, il est impossible de prendre le jeu en grippe. Mais il faut tout de même reconnaître que le gameplay extrêmement simpliste peine à susciter l'enthousiasme. Entre les énigmes rudimentaires et les séquences de poursuite trop millimétrées, il n'y a pas de quoi crier au génie. Il faut donc prendre la production de Storm in a Teacup pour ce qu'elle est : un bel hommage à Bioshock, même s'il est trop appuyé, dont le gameplay s'avère à peine plus évolué que celui d'un Walking Simulator. Vous voilà prévenus !


Les plus
  • La sublime direction artistique Art déco
  • La mise en avant de Nikola Tesla
  • Très bonne VO
  • Doublage français intégral
  • Changement de langue à la volée
Les moins
  • Rappelle trop BioShock
  • Le monde manque de vie
  • Enigmes trop simples
  • Courses poursuites parfois pénibles
  • Faible durée de vie


Le Test

Développé par un studio italien nommé Storm in a Teacup ("tempête dans un verre d'eau" en bon français), Close to the Sun fait partie des exclusivités négociées par Epic Games Store pour le PC. Il faut dire que le jeu présente plutôt bien, puisque son ambiance et sa direction artistique rappellent le cultissime BioShock. Mais l'aventure est-elle vraiment à la hauteur de son influence majeure ? Hélas, nous allons voir que son gameplay limité et son manque d'ambition la desservent sensiblement.


Close to the SunNous sommes à la toute fin du XIXème siècle, dans une réalité alternative où Nikola Tesla a réussi à développer son projet d'énergie gratuite, et à fédérer toute la communauté scientifique de l'époque autour de ses travaux. Sa société Wardenclyffe a pris une ampleur phénoménale et a même construit l'Hélios, un gigantesque bateau destiné à poursuivre des recherches scientifiques en toute liberté dans les eaux internationales. C'est dans ce contexte que Rose Archer reçoit une lettre de sa sœur Ada, qui lui demande de la rejoindre sur l'Hélios. Le scénario et l'univers du jeu puisent leur force dans la mise en avant des travaux de Nikola Tesla, le savant maudit que l'Histoire a failli oublier. L'inventeur serbe est ici pleinement réhabilité, à travers une uchronie qui gâte le joueur par l'évocation de la rivalité entre Tesla et Edison, la mise en avant des inventions de Tesla (tour de Tesla, bateaux télécommandés, rayon de la mort…) et la présence de références plus ou moins évidentes au monde de la science. En fouillant les décors, on s'apercevra par exemple que l'une des cabines de l'Hélios a été occupée un moment par le jeune Albert Einstein.



Close to the SunLe tout profite d'une direction artistique absolument sublime, qui reprend avec brio tous les codes du mouvement Art déco, que ce soit en matière d'architecture, de mobilier, d'affiches ou de matériaux. Seul problème, BioShock est déjà passé par là il y a quelques années... Entendons-nous bien, il n'est pas question de proclamer que le style Art déco doit devenir la propriété exclusive de BioShock dans le cadre du jeu vidéo. Mais Close to the Sun multiplie tellement les points de comparaison avec le titre d'Irrational Games qu'il s'éloigne par moments de l'hommage appuyé pour frôler le plagiat. Aventure qui commence par la lecture d'une lettre, refuge élitiste et indépendant situé en pleine mer, figure géniale et inquiétante qui chapeaute tout, utopie qui tourne à la dystopie, habitants qui portent des masques, personnage principal guidé par un mystérieux interlocuteur, inscriptions ensanglantées sur les murs : beaucoup trop de choses, jusqu'à certains jeux d'ombre et de lumière, ramènent les pensées du joueur vers BioShock.

 

BEAU CHOC

Close to the SunSi l'ambiance, le scénario et la direction artistique font immanquablement penser au hit de 2007, le gameplay est en revanche tout autre. Si Close to the Sun privilégie lui aussi une vue à la première personne, il fait l'impasse sur toute arme ou pouvoir. En ce qui concerne l'action à proprement parler, le studio invoque Soma (dont on ne vantera jamais assez les mérites), Outlast, Layers of fear, ou encore Firewatch comme références. Les développeurs se défendent d'avoir produit un clone de BioShock, et réfutent également l'appellation de Walking Simulator. Si on peut trouver dans leur production un poil plus de gameplay que dans la moyenne du genre, on reste tout de même à la frontière. A la fois jeu d 'aventure et d'horreur, Close to the Sun ne propose aucun inventaire (les quelques clés utiles à la progression sont automatiquement utilisées au bon endroit) et se contente d'énigmes extrêmement simples. La plupart d'entre elles se résument à trouver le bon code pour ouvrir tel ou tel mécanisme, le code en question étant généralement disponible à quelques mètres de là. Aucune surchauffe de neurones à l'horizon ! On a également droit à quelques jumpscares des familles, et à trois ou quatre séquences de poursuites. Ces phases où une créature maléfique nous court après amènent un peu d'action dans une aventure globalement très calme, mais leur intransigeance agace plus qu'elle ne réveille. Le parcours est calculé au poil de fesse près, ce qui oblige à recommencer plusieurs fois chaque course avant de réussir à échapper à notre poursuivant. Honnêtement, ce n'est guère passionnant.

 

TESLA T'ES LA ?

Close to the SunD'une manière générale, le jeu aurait gagné à oser un peu plus. Puisque le scénario évoque des déchirures dans le courant temporel, on aurait par exemple apprécié d'avoir accès à un pouvoir de modification du temps. Au lieu de cela, pour casser la routine de l'aventure, il faut se contenter de quelques objets scénaristiques et optionnels (lettres, schémas, photos…) à ramasser dans les décors. Aussi magnifiques soient-ils, ces derniers manquent d'ailleurs cruellement de vie. A tel point qu'on se croirait par moments revenus au temps des jeux d'aventure à la Myst. Si la liberté totale de déplacement répond heureusement à l'appel, le manque d'animation des environnements nous renvoie aux écrans fixes d'antan dès lors qu'on cesse de se mouvoir. Bon point en revanche pour les portes fermées, dont l’icône d'interaction disparaît une fois qu'on a essayé de les ouvrir. Ce souci du détail (la "quality of life" selon un terme actuellement à la mode) se retrouve dans la possibilité d'alterner en cours de partie entre les différentes langues, que ce soit pour les dialogues parlés ou les sous-titres. A noter que la VO est interprétée par de très bons acteurs qui s'impliquent réellement dans leurs rôles, et que le jeu propose une version française intégrale également de qualité (à l'exception de deux ou trois sous-titres non traduits en fin d'aventure). Enfin, à mi-chemin entre le Walking Simulator et le petit jeu d'horreur, Close to the Sun propose une faible durée de vie, cinq ou six heures suffisant pour atteindre le dernier chapitre. Ni désagréable, ni mémorable, l'expérience proposée par Storm in a Teacup ne risque pas de faire de l'ombre à BioShock, qui reste incontestablement la référence en matière de combo jeux vidéo + Art déco.


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