Test également disponible sur : PlayStation 2

Test Art of Fighting Collection

Test Art of Fighting Collection
La Note
note Art of Fighting Anthology 13 20

Art of Fighting Collection s’adresse avant tout aux joueurs qui ont toujours rêvé de posséder les trois épisodes de la série dans une conversion parfaite et surtout à un prix raisonnable. Vendu un peu plus de 5 000 yens au Japon, soit à peu près 30 €, Art of Fighting Collection peut alors s’avérer être un achat justifié pour ces grands collectionneurs. Quant aux autres, difficile de leur conseiller cette compilation qui mérite vraiment le détour uniquement pour Art of Fighting 3, le seul des trois titres à ne pas accuser le poids des années. Reste maintenant à vous situer maintenant parmi ces deux catégories de joueurs.


Les plus
  • Art of Fighting 3 n'a pas pris une ride
  • Conversions parfaites
  • Jouable en ligne
  • Vendu environ 5 000 yens au Japon (30 €)
Les moins
  • Art of Fighting est devenu indigeste
  • Jouabilité ardue avec un pad PS2 classique
  • Pas grand monde pour jouer en ligne


Le Test

Toujours dans l’optique de faire découvrir les anciens hits de la défunte Neo Geo aux jeunes possesseurs de PlayStation 2, SNK Playmore poursuit ses adaptations dédiées à la gamme NeoGeo Online Collection sur le monolithe noir de Sony. Après un The King of Fighters Orochi plutôt réussi et sorti en avril dernier au Japon, c’est au tour d’Art of Fighting de venir nous montrer ce que cette série a apporté à la baston 2D.


Test import japonais

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, seuls trois épisodes d’Art of Fighting ont vu le jour sur Neo Geo. Le dernier volet en date – Art of Fighting 3 – remontant à 1996, voilà une dizaine d’années que Ryo Sakazaki et Robert Garcia n’ont pas eu le droit à une suite dans les règles de l’art. Visiblement occupé à transcender le monde de la baston 2D avec la saga The King of Fighters, SNK a laissé bon nombre de fans de la Ryuko no Ken académie sur le carreau. Un choix assez regrettable car Dieu sait que la série Art of Fighting a apporté sa pierre à l’édifice  à l’époque dans l’univers très prisé de la baston faites de pixels. Un petit flashback s’impose donc.

 

Nausée. Ah bon ?

 

1992. Alors que la planète toute entière découvrait le mythique Street Fighter II de Capcom – le premier jeu de baston en one versus one - SNK débarquait dans les salles d’arcade puis sur Neo Geo avec Art of Fighting. Avec sa cartouche affichant 102 Megs, ses sprites gigantesques, l’introduction du zoom (repris par la suite dans la série des Samurai Spirits), des coups spéciaux ravageurs et la gestion des blessures en temps réel, Art of Fighting avait réussi à rallier bon nombre de joueurs récalcitrants qui n’ont pas tardé à clamer haut et fort que Street Fighter II avait d’ores et déjà trouvé son maître. Si à l’époque, Art of Fighting possédait de sérieux arguments pour tenir tête au titre de Capcom, il faut avouer que 14 ans après sa prime sortie, les choses ont drôlement évolué. Art of Fighting premier du nom a pris un sacré coup de vieux. Pas simplement quelques rides qu’on pourrait faire disparaître avec une crème magique de chez Garnier, non non, le pépère aurait besoin d’une intervention chirurgicale totale pour ne pas paraître aussi has-been.

 

Si le titre reste relativement agréable à regarder, le gameplay se montre tout bonnement indigeste. Les zooms révolutionnaires de l’époque rendent aujourd’hui le jeu pixellisé à souhait et la caméra instable donnent rapidement la nausée. Ironie du sort, les coups spéciaux nécessitent deux ou trois tentatives avant de réussir à sortir convenablement. Quant au mode solo, il ne disposait que de deux personnages accessibles dans un premier temps, à savoir Ryo et Robert, partis à la recherche de Yuri Sakazaki, kidnappée par Mr Karaté son propre père. En gros, pour espérer débloquer l’ensemble des 8 personnages (et oui, c’était peu mais c’était le chiffre moyen de combattants à l’époque) dans le mode solo, il fallait s’accrocher. Bref, en 2006, aussi nostalgiques et indulgents soit-on, il est impossible de trouver une quelconque qualité au premier Art of Fighting, surtout après avoir écumé l’ensemble des jeux de baston existants et ayant défilé ces 15 dernières années. Quelle tristesse, je vous l’accorde.

 

Combattre, tout un art

 

C’est donc en toute logique que nous passons à Art of Fighting 2, sorti lui en 1994 dans les salles d’arcade et dans la foulée sur Neo Geo. De 102 Megs, nous sommes passés à une cartouche affichant un numéro de 178 Megs. Un chiffre énorme à l’époque et qui se justifiait par l’arrivée de 5 nouveaux personnages que sont Yuri Sakazaki, Eiji Kisaragi, Temjin, Takuma Sakazaki et Mr Big. Mr Karaté ayant fait tomber son masque, c’est Geese Howard qui endosse le rôle de big boss du jeu. Le trentaine entamée, les cheveux longs et habillé d’un costar trois pièces, on découvrait un Geese sous un autre jour mais surtout quasiment impossible à battre. Plus fins, plus détaillés et moins grossiers surtout, les graphismes d’Art of Fighting 2 font encore leur petit effet en 2006. La taille des personnages a été augmentée de 10% et l’envergure des décors donnait une impression de gigantisme appréciable.

 

Beaucoup plus dynamique et moins frustrant, le système de combat reprend toutefois les bases du premier volet. Chaque coup spécial utilisé vide donc la jauge de pouvoir située juste en bas de la barre de vie. Peut-être un peu trop d’ailleurs, ce qui explique les nombreuses phases où chaque joueur concentrait leur énergie dans le coin, laissant le champ libre à son adversaire pour attaquer en fourbe. SNK avait été plus indulgent au niveau de l’exécution des coups spéciaux, bien plus simples à réaliser. Une aubaine pour ceux qui avaient du mal à sortir une furie en fin de partie. Si les combos n’avaient pas encore fait leur apparition, on pouvait se délecter d’un jeu plus rythmé et ponctué de Bonus Games tels que le cassage de gueules, de troncs d’arbres ou bien encore d’enchaînement de Haoh Sho Koh Ken, la fameuse vague déferlante de l’école Ruko no Ken. C’est peut-être ces affinements qui permettent à Art of Fighting de pouvoir rester encore en course et ne pas passer pour un tocard en 2006, malgré quelques aspects de jeu assez rédhibitoires. Malgré tout, la conversion sur PS2 dans cet Art of Fighting Collection est parfaite.

 

Tout est dans le mouvement

 

ULTRA-REALISTIC BATTLE ACTION. Voilà le sous-titre qui apparaît sur la tranche du boîtier Neo Geo d’Art of Fighting 3, volant ainsi la vedette aux 298 Megs qu’affichait à l’époque la cartouche pleine d’espoir. En 1996, SNK avait prévu de changer la charte de la série, de passer à tout autre chose. Ryo et Robert opéraient un virage dangereux à 180° qui valu à la firme bon nombre de critiques, notamment du côté des fans qui se sont sentis perdus. Les pauvres petits choux. Une fois de plus, ces personnes-là n’avaient pas compris que SNK venait une fois de plus de révolutionner le genre. En intégrant la motion capture à un jeu de baston 2D (une première !), SNK offrait à Art of Fighting 3 des animations d’une fluidité hallucinante - encore jamais égalée actuellement – mais surtout une identité unique. En repiquant l’idée de Delphine Software avec son Flashback, SNK avait également dû revoir le gameplay. Si les coups spéciaux s’exécutent toujours à l’aide de quarts de cercle et autre dragon punch, force est de constater que les attaques et autre enchaînements ne se réalisait plus comme n’importe quel jeu de baston classique. On avait en effet affaire à des combos proches dans leur exécution à un jeu de baston en 3D façon Tekken. On pouvait même achever un adversaire au sol, avant même qu’il ne se relève. Le côté brutal et bourrin des deux premiers épisodes d’Art of Fighting avait laissé place à une technicité hors-pair que beaucoup citent encore à l’heure actuelle. Bref, SNK avait emprunté des techniques de plusieurs univers pour en faire un condensé exceptionnel.

 

Pas oisifs pour un sou, les développeurs ont également revu et corrigé la réalisation graphique de la série avec Art of Fighting 3. La 2D y est resplendissante, le character design très réussi, le coup de crayon plus proche d’un dessin-animé et les décors sont d’une beauté à nous faire pleurer toutes les larmes de notre corps. Les seuls points communs avec les deux précédents volets étant la taille toujours aussi imposante des belligérants et la jauge de pouvoir à remplir pour sortir des coups spéciaux. Seul bémol, le nombre insuffisant de personnages dans le casting. Huit personnages en Arcade et pour la version cartouche du jeu contre 10 (les deux boss en supplément) pour la version Neo Geo CD disponible également en version collector, c’est clairement insuffisant et ce malgré des combattants charismatiques et variés dans leur technique de combat. Fort heureusement, pour cette compilation PS2, SNK Playmore a pris le soin d’ajouter Sinclair et Wyler comme personnages supplémentaires. Controversé, Art of Fighting 3 n’en demeure pas moins une référence de la baston 2D grâce à son parti-pris au niveau de son gameplay et sa technicité proche d’un jeu de baston 3D dans une moindre mesure.

 

Seul au monde

 

A l’instar des autres volumes de la gamme NeoGeo Online Collection, Art of Fighting Collection est une conversion parfaite. SNK Playmore n’a rien laissé au hasard et pour appâter un peu plus le chaland, l’éditeur a eu la délicatesse d’intégrer un mode de jeu en ligne pour les trois titres. Si l’on trouve du monde pour se batailler sur le Net avec Garou : Mark of The Wolves, The Last Blade 1.2 et The King of Fighters Orochi, force est de constater que les serveurs dédiés à Art of Fighting Collection sont quelque peu désertés par les joueurs japonais. Il faut bien avouer que se fritter sur Art of Fighting et Art of Fighting 2 n’est pas un exercice des plus plaisants, étant donné le coup de vieux qu’ont pris ces deux titres. C'est en revanche plus étonnant de voir si peu de monde jouer à Art of Fighting 3. Tant pis.




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