Duke Nukem Forever : le multi


Duke Nukem Forever : le multi

Si Duke Nukem 3D a autant marqué son époque, c'est non seulement en raison d'un mode solo aussi irrévérencieux que bien ficelé, mais également grâce à son mode multi simple et diablement efficace. Quinze ans après, alors que Duke Nukem Forever s'apprête enfin à sortir du bois, il est grand temps de vérifier si la recette a été conservée intacte et si elle est toujours aussi savoureuse. Bonne nouvelle : après avoir joué pendant une bonne heure à huit autour d'une grande table, on a déjà envie d'y retourner !


Le premier round s'est déroulé sur une carte tendance Far West intitulée Morningwood, en mode Deathmatch. Ou plus exactement "Dukematch" puisque tous les modes multi ont été rebaptisés à la gloire du King. Ce premier contact, brut de décoffrage, est déjà rassurant en soi puisqu'on retrouve instantanément nos marques, acquises au siècle dernier. On renoue ainsi avec le plaisir simple du Shrinker, cette arme qui permet de réduire nos ennemis à l'état de lilliputiens, pour mieux les écrabouiller par la suite d'un simple coup de talon. On replonge inconsidérément dans les stéroïdes, ces petites pilules miracle qui décuplent nos forces et donc les dommages causés par les coups de poing (qui semblent hélas avoir définitivement remplacé le fameux coup de pied du Duke). On se remet à déclencher l'explosion des "pipe bombs" pile sous les pieds d'un groupe de joueurs qui pensaient pouvoir tranquillement s'entretuer. On retrouve même avec une certaine émotion l'Holoduke, cette copie conforme virtuelle qui leurre et détourne l'attention de nos ennemis. Et on abuse des divers autres bonus qui, selon les cas, rendent invincible, invisible ou plus fort. Le deuxième round s'est déroulé quant à lui en match à mort par équipe. Ou plus exactement, vous l'aurez deviné, en "Team Dukematch". La map retenue pour cette occasion nous a plutôt fait bonne impression puisqu'elle regorge de propulseurs qui envoient les joueurs à des endroits autrement inatteignables. Ne comptez pas pour autant camper indéfiniment au même endroit car certaines zones sont régulièrement électrifiées. En revanchez n'hésitez pas à mettre sur le pied sur ces étranges flaques verdâtres, qui vous miniaturiseront tel le premier Shrinker venu. Cela vous permettra alors de rentrer dans des conduits d'aération et d'y dénicher les meilleurs bonus et les armes les plus puissantes. Comme quoi, ce jeu extrêmement bourrin sait aussi faire preuve de subtilité par moments.

Plus on est de fous, plus on rit !

Une preuve supplémentaire nous en a été donnée dans le troisième round, que nous avons une nouvelle fois parcouru en équipes (quatre contre quatre). Cette fois, l'objectif était de capturer et tenir des points de contrôle afin de marquer un maximum de points. Un mode de jeu que les autres FPS appellent traditionnellement King of the Hill et qui a ici été judicieusement renommé "Hail to the King". Mais c'est surtout la map qui a retenu notre attention puisqu'il s'agissait tout simplement d'une cuisine ! Miniaturisés d'office, tous les joueurs s'expriment alors avec une petite voix suraiguë, qui décuple l'effet comique des répliques sévèrement burnées du Duke. Et ce terrain de jeu inhabituel réserve son lot de surprises, à l'image du four micro-ondes qui contient le sacro-saint RPG (le lance-roquettes, pour les trois du fond qui ne suivent pas) mais dont la porte peut être refermée à tout moment par un joueur malicieux. On nous a également parlé d'un jetpack dissimulé quelque part, mais personne n'a réussi à le dénicher. La partie suivante s'est déroulée dans un environnement rocailleux et dévasté, où la notion de verticalité était très présente. Le mode de jeu retenu ? Une capture de drapeaux un peu spéciale, puisqu'intitulée "Capture the Babe". Vous avez du mal à vous représenter la chose ? Les conseils distillés pendant les écrans de chargement donnent un sérieux indice puisque l'un d'entre eux déclame prosaïquement : "think of the babe as a flag with boobs", ce qu'on pourrait traduire grossièrement (dans tous les sens du terme) par "considérez la babe comme un drapeau avec des nichons". Un éclat de rire plus tard (ou une mine consternée pour les féministes radicaux), nous voici en train de nous diriger vers la babe adverse pour la capturer et la ramener à notre base. Celui qui la ramasse la porte sur son épaule et ne peut alors plus se servir que d'un simple pistolet (qui tue en un coup, heureusement). Handicap supplémentaire : la belle, paniquée, place par moments sa main dans le champ de vision de son ravisseur. Il faut alors lui taper sur les fesses afin de la ramener à la raison. C'est parfaitement crétin, mais plutôt drôle.

Mais Duke Nukem nous rappelle que le fun est une composante essentielle du jeu vidéo, ce que certains titres modernes ont tendance à oublier. Comme un pied de nez aux Call of Duty et autres Battlefield..."

Vous en voulez encore ? Pas de problème, le jeu propose également des "mutators" destinés à modifier les règles du jeu. Celui que nous avons testé, sur la map Morningwood une nouvelle fois, limitait ainsi l'arsenal à nos seuls poings et aux Pipe Bombs. Mais le meilleur nous a été gardé pour la fin, puisque cette session de jeu s'est achevée sur une map intitulée Hollywood. Les vieux de la vieille l'ont déjà compris : il s'agit d'une réédition du premier niveau de Duke Nukem 3D ! Les lieux ont été délabrés par le temps, mais l'architecture n'a pas bougé d'un poil. Ce qui veut dire, ô joie, qu'on retrouve exactement les mêmes passages secrets qu'autrefois ! Si le mode solo n'oublie pas de réutiliser ce genre d'astuces de level design, on tiendra là un grand jeu. Alors, certes, les graphismes sont un peu vieillots. Mais Duke Nukem nous rappelle que le fun est une composante essentielle du jeu vidéo, ce que certains titres modernes ont tendance à oublier. Comme un pied de nez aux Call of Duty et autres Battlefield, le système de points d'expérience de Duke Nukem Forever ne permet d'ailleurs pas de débloquer des armes plus puissantes, mais uniquement des changements cosmétiques. Chapeau, visage et chemise sont ainsi personnalisables afin de créer des Duke aux looks totalement improbables. Vous souhaitez porter une coiffe de samouraï médiéval, le masque d'Hannibal Lecter et une chemise hawaïenne ? C'est possible ! Bref, tout cela sent plutôt bon et on a hâte de pouvoir explorer le jeu dans son ensemble. Et vu qu'on attend cet événement depuis quinze ans, le petit mois qui nous sépare de la sortie s'annonce des plus excitants.




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