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Test Keepsake

Test Keepsake
La Note
note Keepsake : Aventures à Dragonvale 12 20

S'il n'est pas exempt de défauts, comme des plantages fréquents et une difficulté des énigmes un peu redhibitoire, Keepsake : Aventures à Dragonvale est le parfait amuse-bouche qui fera patienter les fans de jeu d’aventure jusqu’à la sortie du prochain Sokal, Paradise, prévu le mois prochain chez le même éditeur. Et là, on espère le sans faute.


Les plus
  • De jolis graphismes
  • La poésie qui se dégage de cette histoire d’amitié pour la vie
  • L’aide permanente
Les moins
  • Les plantages
  • La difficulté de certaines énigmes
  • Le dosage aventure / énigmes à l’avantage de ces dernières


Le Test

Il était une fois une jeune et jolie femme qui venait de réussir son concours d’entrée à l’école de magie de Poudl… de Dragonvale, pardon. Son arrivée fut cependant marquée sous le seau de l’étrangeté car les lieux étaient complètement vides. A Lydia, l’héroïne de percer ce mystère.


Dès les premières secondes dans l’univers de Keepsake : Aventures à Dragonvale, on est frappé. Frappé par la beauté des images que nous envoie le moniteur. C’est un point & click – pour certains, malheureusement, c’est réducteur – mais c’est sans doute l'un des plus beaux que l’on ait vu. Runaway, à côté, parait assez terne pour vous donner une idée. Et puis l’univers est assez rafraîchissant. A l’heure où 95% des jeux se déroulent dans des couloirs sombres, à l’éclairage vacillant, où de surcroît on se doute à peu près que l’intérieur de la tête du type qui se trouve à l’autre bout du couloir va finir par dégouliner sur les murs, faire une pause s’avère appréciable. L’univers de Keepsake, c’est un énorme château entouré d’une grande forêt, tellement immense que ça sent la chlorophylle jusque dans le cœur du clavier. Passe-t-on à côté d’un ruisseau où l’eau est magnifiquement modélisée que l’on aurait presque envie d’y plonger. Si, si, sérieux : on se sent bien dans cet univers, vu maintes et maintes fois il y a quelques années mais boudé par les développeurs depuis que les Point & Click ont disparu de nos écrans.

 

Amies pour la vie

 

L’histoire démarre donc par la venue de Lydia dans cette immense école de sorciers. De prime abord, on est tenté de se dire que les étudiants sont partis à la manifestation mais ça n’a pas l’air d’être le genre dans la région. Elle pérégrine quelques instants pour se retrouver dans une remise, avec de nombreux casiers. Du bruit provient de l’un d’entre eux, bientôt accompagné par une voix. Celui qui parle prétend être un puissant dragon. Rapidement, elle ouvre et se trouve face à face avec un loup. Il s’appelle Zak et raconte à l’héroïne qu’il est le familier d’un professeur. Le problème, c’est qu’il croyait vraiment être un dragon. Une potion qui a mal tournée, sans doute. Il constatera également que l’école est vide. Ensemble, ils vont donc essayer de retrouver leurs proches respectifs. L’histoire de Lydia demeure la plus intéressante. Des années auparavant, elle avait fait un serment d’amitié avec son amie Céleste. Celle-ci a pu intégrer l’école dès son plus jeune âge car son père devint directeur de l’établissement. Lydia ne connaissant rien du monde de la magie, elle continua sa vie tranquille durant sept années. Finalement, elle réussit l’examen pour entrer à l’école de magie avec une seule pensée en tête : retrouver son éternelle amie. La déconvenue fut donc énorme en constatant l’absence totale d’activité humaine dans le château. Petit à petit, elle trouvera de nouveaux indices qui la mèneront dans les recoins les plus obscurs du bâtiment. Elle découvrira qu’une histoire similaire a déjà eu lieu des années auparavant. Deux amis s’étaient déjà retrouvés séparés ; l’un d’entre eux devint un puissant sorcier et l’autre joua les autodidactes et mettant malencontreusement le feu un peu partout. Cette histoire se dévoilera pendant toute la durée de l’aventure et les similitudes frapperont le joueur. L’histoire est agréable, intéressante, on a vraiment envie de voir la suite des événements pour savoir ce qui s’est vraiment passé. Mais surtout, à chaque fin de chapitre, Lydia a des visions. Ces visions permettent de découvrir des vidéos assez bien réalisées qui ne sont pas sans rappeler celles de Syberia. Non pas au niveau de l’histoire mais sur un aspect poétique. Mais dans les deux titres, on constate une certaine amertume à propos du temps qui passe, du vieillissement ou des regrets. On s’attendait à un jeu d’aventure dans la plus pure tradition du genre et finalement, on est de plus en plus séduit par l’enrobage.

 

Un jeu d’ingénieur

 

Le gameplay – oui, pourquoi ne parlerait-on pas de gameplay pour un jeu d’aventure? – se décompose en deux grandes phases. La première, c’est bien entendu l’exploration des lieux. Attention, l’architecture de l’endroit s’avère bien plus tordue que dans n’importe quel autre jeu d’aventure. Il faut croire que les graphistes étaient payés à la marche dessinée : des kilomètres d’escaliers vous attendent. Le spectacle des pieds de Lydia à la fin de cette aventure sera sans doute diffusée dans un quelconque add-on de Doom 3 tant cela doit être gore. En bref, il n’est pas si simple de s’y retrouver. Parfois, pour aller de l’avant, il faudra résoudre une énigme pour débloquer une porte. Les premières d’entre elles pourraient être résolues par un gamin de cinq ans. Mais d’un seul coup, tout se corse diaboliquement, après le premier tiers du jeu. Là, il semble assez facile de prédire que certains joueurs lâcheront l’affaire. Il existe quand même une bonne nouvelle. Contrairement à pas mal de jeux dans ce genre, tout reste très logique. Mais on y laisse des neurones, indiscutablement. Et la difficulté continue pendant très longtemps. Seules les énigmes posent difficulté, on sait toujours où aller et que faire car une aide permanente permettra au joueur de savoir où se diriger  pour déclencher la suite de l’aventure. En cliquant sur un point d’interrogation, des images fixes apparaissent à l’écran histoire de montrer le lieu vers lequel Lydia doit se diriger. Bref, on passe cinq minutes à aller d’un point à un autre, et trois plombes pour résoudre un problème. Un rythme assez étrange donc, mais c’est un peu le cas de tous les jeux d’énigmes.

 

Mais ce n’est pas vraiment un problème. Il y a pire. La démarche du loup. Ouhlala. Ridicule. Ses pattes se meuvent toujours de la même façon, qu’il soit sur un sol plat ou sur une pente et quelle que soit la vitesse des personnages. On a donc parfois l’impression qu’il est en train de jouer dans un final de Benny Hill ou en train de faire la Moon Walk si chère à Michael Jackson. Bon, je vous l’accorde, ce n’est pas super grave non plus. Ensuite, il convient de savoir ce que vous préférez dans ce type de jeu… L’aventure, avec un inventaire bien plein, des objets à combiner ou la résolution des énigmes. Si vous êtes fan de la deuxième catégorie, ce jeu est fait pour vous. Sinon, vous risquez d’avoir quelques problèmes de volonté pour voir le mot fin. Il n’existe que très peu d’interactions avec les décors, on se contente de ramasser un objet de temps en temps. D’autre part, de très nombreux écrans ne servent à rien. On les traverse pour aller à un endroit utile. A vous de voir… Là où les choses deviennent bien plus ennuyeuses, c’est lors des plantages. Nous avons pu dresser une petite moyenne d’un plantage toutes les deux heures, avec un magnifique retour à Windows qui nous fait soudainement penser que l’on n’avait pas sauvegardé depuis une plombe. Pas vraiment grave en plein brainstorming de compréhension d’énigmes, ultra pénible s’il faut retraverser tout le château qui devient encore plus grand dans ce genre de circonstances. Ajoutez un peu de lassitude de temps en temps (ne dépassez pas la dose prescrite, pas plus de huit d’heure d’affilé !) et vous aurez un tableau assez complet d’un jeu d’aventure de bonne qualité, servie par une réalisation dont on ne se lasse pas, sauf en cas de plantage bien entendu.




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Léo de Urlevan

le jeudi 23 mars 2006, 13:30




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