Test également disponible sur : Wii

Test FFF : Chocobo's Dungeon sur Wii

Test FFF : Chocobo's Dungeon
La Note
note Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon 14 20

Le Dungeon-RPG est maintenant à la portée de tous. Square Enix et h.a.n.d. Inc. nous livre en effet un Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon moins exigeant et bien plus complet que le récent Shiren The Wanderer lui permettant de s’ouvrir à un nouveau public. Pour faciliter l’adhésion à ce genre bien particulier, les développeurs ont également jugé bon de ne pas reléguer le scénario au second plan, celui-ci se montrant largement valable, et pas que du côté de la classe biberon. Une jolie petite éclaircie dans la catalogue de fin d’année bien morne de la Wii.


Les plus
  • Réalisation craquante
  • Complet et destiné à un large public
  • Durée de vie conséquente
  • Potentiellement passionnant…
Les moins
  • …mais également lassant
  • Scénario un peu mou du genou
  • Manque d'activités secondaires


Le Test

Depuis 1997 et la sortie de Final Fantasy VII, les Chocobos se sont largement affranchis de leur statut de mascotte, et à la manière d’un Yoshi chez les frères Mario, ces mignons volatiles font désormais partie intégrante de l’univers vidéoludique. Après s’être laissé approcher via quelques comptines et autres fables déclinées sous forme de mini-jeux, ou encore à travers un jeu de course peu mémorable (à moins d’être un fanboy endurci), ils s’illustrent enfin en Europe dans un Dungeon-RPG, genre qui a été le premier à leur consacrer un titre à part entière.


Parmi les nombreuses ramifications que comporte le RPG, le Dungeon-RPG est certainement la branche la plus obscure aux yeux du public occidental, sans doute la plus hardcore également. Propriété quasi-exclusive de la série Fushigi no Dungeon, ce genre à la narration dépouillée et à la multitude d’étages à explorer commence depuis quelques années à voir ses représentants tenter leur chance hors des frontières nippones, grâce au concours de Pikachu et de sa clique notamment. Difficile cependant pour un Européen allergique aux bestioles de Nintendo de comprendre la fascination que portent les Japonais vers ce genre ; ce qui est d’autant plus vrai que seul l’archaïque et extrémiste Shiren The Wanderer les a suivi au printemps dernier. Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon arrive donc à point nommé en cette fin d’année pour essayer de prêcher la bonne parole.

Dans cette vaste entreprise le soft de h.a.n.d. Inc. est bien aidé par une scénarisation convenable, qui ne marquera pas les esprits, certes, mais qui joue très bien son rôle prétexte à la traversée d’innombrables kilomètres de couloirs générés aléatoirement. L’amassement de biens et le levelling ne constitue pas une fin en soi et on se surprend à suivre les pérégrinations de Cid et de Chocobo à Temperdu, ville qui était censée avoir été rayée de la carte du monde 50 ans auparavant. Celle-ci a de plus le malheur - ou le bonheur, c’est selon - de compter en son centre un clocher, dont chaque tintement efface la mémoire des habitants. On déplorera bien une sorte d’apathie générale, et des cut scenes un brin inconsistantes, mais reconstituer chaque fragment du passé oublié de cette cité a quelque chose d’attachant, d’autant que Chocobo est le plus souvent amené à explorer les souvenirs de la population, ce qui procure une affection plus naturelle que s’il nous était demandé de partir à l’assaut d’une quelconque forteresse qui aurait poussé d’on ne sait où. De cette structure narrative résulte une difficulté progressive, à l’image de la taille croissante des niveaux, permettant à la série Fushigi no Dungeon de s’ouvrir à un public beaucoup plus large.

 

Pas de bras, pas de Choco là

 

Attention néanmoins, les yeux de biche et les adorables piaillements de notre ami Chocobo ne doivent pas vous induire en erreur. Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon est et reste un Fushigi no Dungeon, dans le sens où la vue aérienne, les déplacements libres et l’absence de menus d’action pour les attaques simples couvent un découpage géographique en damier, ainsi qu’un système au tour par tour aussi traître que rigoureux. En effet, ici chaque pas, chaque coup porté est compté, et se fait en alternance avec le camp ennemi, si bien qu’en restant immobile, il est impossible de voir un ennemi nous tomber dessus. Le jeu requiert donc d’un minimum de sens tactique pour prendre le dessus sur un adversaire. Plutôt que de venir à lui lorsqu’une case seulement nous sépare au risque de subir une attaque, il est par exemple préférable de donner un coup dans le vide afin que ce soit lui qui se jette dans la gueule du loup. Si être l’auteur de la première frappe peut paraître anodin dans beaucoup de RPG, ici ce détail revêt un caractère primordial, parfois vital même, tant les combats peuvent se jouer à quelques détails. Outre les attaques spéciales, Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon intègre un système de jobs afin d’atténuer la tension. Grand classique du RPG, ce système permet à Chocobo de revêtir une tenue vestimentaire spécifique qui lui permet d’obtenir des bonus et des malus statistiques, ainsi qu’une panoplie de techniques assortie au métier concerné. Le chevalier frappera logiquement plus fort que les mages, mais ces derniers disposent en contre-partie de sorts pour se sortir des situations les plus délicates. Il est important de retenir que la progression du héros est indépendante de celle des métiers - cette dernière étant affiliée à la récolte de Job Points laissés par les ennemis -, ce qui nous oblige à ne pas en favoriser un inconsidérément.

 

Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon est et reste un Fushigi no Dungeon, dans le sens où la vue aérienne, les déplacements libres et l’absence de menus d’action pour les attaques simples couvent un découpage géographique en damier..."

 

Le choix du job est en effet un facteur important en fonction de la nature des lieux traversées et des ennemis rencontrés, surtout qu’il est impossible d’en changer selon notre bon vouloir. Si la mort est de plus facilité par la présence de nombreux piège posé à même le sol, elle ne se montre pas aussi frustrante que dans un Shiren The Wanderer, Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon marquant bien une rupture avec la branche la plus hardcore des Fushigi no Dungeon. En effet, ici seul les objets non-équipés et l’argent se trouvant dans nos poches sont amenés à disparaître. Faire quelques détours réguliers par la banque de dépôt est donc largement suffisant ici, les cruelles chutes au niveau 1 étant simplement zappées dans cet opus. Pour satisfaire les puristes, précisons que les concepteurs ont tout même intégré un grand nombre de niveaux qui nous imposent des conditions parfois dantesques, comme se farcir une tour avec un seul HP. Assez exhaustif quelque soit le secteur concerné, il n’en demeure pas moins que Final Fantasy Fables : Chocobo's Dungeon n’est pas exempt des défauts inhérents au genre, et qu’il se montre fatalement répétitif. A moins d’être passionné par le scénario, l’architecture monotone des différents donjons, ou l’amassement de trésor, il pourra assez vite donner l’impression de tourner en rond. Et ce n’est pas le système de création d’objets, ni la poignée de mini-jeux ajoutés à la va-vite qui permettent de pallier à cette impression.




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Hung Nguyen

le mardi 18 novembre 2008, 20:21




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