Mass Effect 2


Mass Effect 2

Les aléas du business n’ont finalement pas eu raison du talent de BioWare. Fusionné avec l’américain Pandemic Studios, racheté en sa compagnie par le fond d’investissement Elevation Partners puis revendu à Electronic Arts, le studio canadien a laissé aux porteurs d’attachés-cases le soin de régler ses affaires financières et s’est concentré sur ce qu’il fait de mieux : des jeux de rôle. Alors que Dragon Age : Origins renoue brillamment avec le passé médiéval-fantastique du développeur, celui-ci prépare déjà son futur avec la suite de son futuriste, mais non moins enthousiasmant, Mass Effect. Dévoilée en version jouable à Londres, le temps d’une trop courte démo, la nouvelle expédition de Shepard n’a manqué de faire son petit effet…


Aux quatre coins de la galaxie, des colonies entières disparaissent brutalement. Quand les autorités, inquiètes du soudain silence radio de leurs lointains protégés, dépêchent des enquêteurs sur place, ceux-ci ne retrouvent ni survivants, ni cadavres. Ne restent des petites communautés victimes du mal inconnu que quelques bâtiments déserts et aucune trace de lutte significative. Ce danger non-identifié qui frappe sans prévenir, un seul homme semble pouvoir l’affronter : ce bon vieux Shepard. Le héros beau gosse reprend donc du service dans cette suite souvent présentée comme L’Empire Contre-Attaque de Mass Effect. Une autre référence, ludique celle-ci, relative à l’univers Star Wars nous est néanmoins venue à l’esprit lors de la démonstration du jeu…

L’effet KOTOR 2

Mass Effect 2 semble en effet destiné à devenir au premier volet ce que Star Wars : Knights of the Old Republic 2 fut au premier KOTOR : une suite beaucoup plus sombre, mieux écrite, et davantage orientée action. Présentée à Londres lors du raout hivernal d’Electronic Arts, la version que nous avons pu prendre en main sur Xbox 360 confirme ces sentiments, préalablement alimentés par d’inquiétants trailers. Si les Collectors, les hommes-insectes responsables du rapt de vos congénères, n’ont pas répondu à l’appel anglais, les deux séquences dévoilées dégoulinaient de tension. Bien que fort brève, la visite dans un night-club peuplé de créatures exotiques et lascives, l’Afterlife, nous a ainsi permis de découvrir que la cote d’amour de Shepard n’est toujours pas au plus haut et qu’il lui faudra faire preuve de beaucoup de conviction pour avancer dans son aventure. Point de perdition d’Omega, une base minière assez mal fréquentée, l’Afterlife attire la lie du coin, soit autant de personnages mal intentionnés mais souvent bien informés. Plus précis, plus riche, le système de dialogue a largement été amélioré et devrait permettre à notre brave héros de sociabiliser avec gentils et mauvais garçons, et donc de se sortir de pas mal de situations. Le conditionnel est de rigueur, un vigilant représentant de BioWare nous ayant rappelé à l’ordre alors que nous tentions d’extirper des informations à la plus bavarde des PNJ présentes dans le bar. Bien inélégante manœuvre que celle du développeur canadien, qui nous vante son interface de conversation dynamique mais nous interdit de l’utiliser, officiellement afin d’éviter les fuites scénaristiques dans la presse. Passons.

Mass Effect 2 semble en effet destiné à devenir au premier volet ce que Star Wars : Knights of the Old Republic 2 fut au premier KOTOR : une suite beaucoup plus sombre, mieux écrite, et davantage orientée action."

Un poil plus longue, la seconde partie de la démo fut consacrée  à l’élimination en règle de quelques droïdes en compagnie de deux équipiers. Si Shepard retrouvera quelques-uns de ses vieux compagnons, il s’entourera également de nouveaux partenaires pas franchement propres sur eux mais à l’indéniable efficacité. Pour sauver l’humanité, le bon officier fera appel à diverses brutes à la gâchette facile et au caractère bien trempé, ce qui ne manquera de donner lieu à quelques violentes joutes verbales, voire physiques. Question démonstration de force, les performances de nos associés du jour ne nous ont guère convaincu, mais la brièveté des combats ne permettaient pas de pleinement juger des aptitudes de l’IA alliée. La baston sera dans tous les cas plus fluide et plus nerveuse que dans le premier volet, un système de couverture inspiré des shoots à la troisième personne faisant son apparition. Autre plaisante nouveauté, la localisation des dégâts ! Tirez dans un bras, il tombe. Visez la tête, c’est tout le corps qui s’effondre. Les robots lourdement blindés ou les créatures les plus titanesques offriront naturellement une belle résistance à vos balles – quelles que soient leurs caractéristiques – mais la piétaille ne résistera pas longtemps aux assauts joliment mis en scène de la furieuse bande à Shepard. Sans être spectaculaire, Mass Effect 2 ne manquera d’ailleurs pas de vous ravir les pupilles. A l’heure où Dragon Age : Origins souffre, particulièrement sur Xbox 360, d’une réalisation moyenne, le prochain RPG made in Vancouver soigne ses effets : les visages et expressions des personnages sont très détaillés et l’action ne ralentit pas. Et fort de son scénario a priori solide, voire sordide, ce second volet d’une trilogie en devenir devrait rappeler à tous les Pluto 13 (auteurs de Risen) et autres Larian Studios (à qui l’on doit Divinity II) que BioWare reste le maître occidental du RPG.




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