Kill Bill The Whole Bloody Affair : pourquoi il faut revoir la version Uncut de 4h35 au cinéma (CRITIQUE)


Kill Bill The Whole Bloody Affair : pourquoi il faut revoir la version Uncut de 4h35 au cinéma (CRITIQUE)

Devenue une arlésienne depuis plus de 20 ans, la version uncut et en un seul film de Kill Bill arrive enfin au cinéme en France (elle débarque 7 mois après les Etats-Unis ceci dit en passant). Baptisé Kill Bill The Whole Bloody Affair, cette versoin a presque eu un statut mythique auprès des fans de Quentin Tarantino. Évoquée à de nombreuses reprises par le réalisateur, projetée seulement lors de quelques séances exceptionnelles à Cannes ou au New Beverly Cinema de Los Angeles, cette version intégrale était devenue une véritable légende. Elle est désormais enfin accessible au cinéma, offrant l'occasion de découvrir Kill Bill tel que Tarantino l'avait imaginé avant que le film ne soit finalement découpé en deux parties par Harvey Weinstein, le producteur de l'époque.



En effet, à l'origine, le cinéaste n'avait jamais prévu deux films. Il avait écrit un unique scénario et tourné un seul long-métrage retraçant la vengeance de Beatrix Kiddo. Mais une fois le montage terminé, la durée dépassait largement les quatre heures. Harvey Weinstein, alors producteur, lui avait proposé de couper l'œuvre en deux afin de permettre une exploitation commerciale plus classique. C'est ainsi que sont nés Kill Bill Vol. 1 et Kill Bill Vol. 2, sortis à plusieurs mois d'intervalle en 2003 et 2004. Depuis, un débat anime régulièrement les passionnés de Tarantino. Les deux volumes doivent-ils être considérés comme deux films distincts ou comme une seule œuvre ? La question n'est pas anodine puisque le réalisateur répète depuis des années qu'il ne réalisera que dix films dans sa carrière. Si l'on compte Kill Bill en deux parties, il a déjà atteint ce chiffre. Si l'on suit sa propre vision, il n'en est qu'à neuf. Avec la sortie officielle de The Whole Bloody Affair, Tarantino semble définitivement trancher le débat : Kill Bill est bien un seul et même film.

Cinéma et Jeux Vidéo

Mais cette version ne se contente pas de coller les deux volumes bout à bout. Si son montage reste globalement fidèle aux versions sorties en salles, plusieurs modifications viennent enrichir l'expérience. La plus célèbre concerne sans doute le combat contre les Crazy 88. Dans Vol. 1, une partie de cette séquence avait été convertie en noir et blanc afin d'éviter une classification trop sévère aux États-Unis. Ici, toute la scène retrouve ses couleurs d'origine. Les gerbes de sang, les éclairages et la direction artistique prennent une toute autre dimension, redonnant à cette séquence culte toute la violence graphique imaginée par Tarantino.

Le montage évolue également sur plusieurs points. Le célèbre cliffhanger qui concluait le premier film disparaît complètement. À l'époque, Bill révélait au spectateur que la fille de Beatrix était toujours en vie, une révélation destinée à donner envie de revenir voir le second volet quelques mois plus tard. Cette scène n'a plus lieu d'être dans une version pensée comme un seul film. À la place, Tarantino laisse la narration suivre naturellement son cours, ce qui renforce considérablement la surprise lors de la rencontre entre Beatrix et sa fille. Autre changement notable : plusieurs transitions ont été retravaillées afin de fluidifier le récit. Le résumé du début de Vol. 2 disparaît également, puisqu'il n'a évidemment plus de raison d'exister lorsque les deux parties s'enchaînent immédiatement. Même avec un entracte conservé au milieu de la projection, le film gagne en continuité et en cohérence.

Cinéma et Jeux Vidéo

 

Les fans découvriront aussi du contenu inédit, avec le passé d'O-Ren Ishii, qui s'est s'enrichi d'une nouvelle séquence animée réalisée plusieurs années après les films originaux par Production I.G. Cette scène montre la jeune O-Ren traquant Pretty Riki après avoir vengé ses parents. Extrêmement violente, elle prolonge l'un des meilleurs passages animés de toute la saga et accentue encore davantage la brutalité de son ascension dans le milieu des yakuzas.

D'autres ajustements, plus discrets, sont disséminés tout au long des 4h35 de projection. Certaines scènes sont légèrement rallongées, quelques plans sont modifiés et plusieurs choix de montage permettent de mieux faire respirer le récit. Les habitués remarqueront également la disparition de certains cartons ou de quelques éléments narratifs qui avaient été ajoutés uniquement pour faciliter la séparation en deux longs-métrages.

Cinéma et Jeux Vidéo

En revanche, contrairement à ce que certains pouvaient espérer, Kill Bill The Whole Bloody Affair ne révolutionne pas complètement l'œuvre. La rupture de ton entre les deux grandes parties reste très présente. La première moitié demeure un immense film de vengeance ultra stylisé, rythmé par des combats spectaculaires et des influences venues du cinéma de Hong Kong, tandis que la seconde privilégie les dialogues, les westerns et les confrontations psychologiques. Même réunis dans un seul montage, ces deux chapitres conservent leur identité propre.

L'intérêt principal réside finalement ailleurs. Voir Kill Bill d'une seule traite permet de mesurer à quel point toute l'histoire de Beatrix Kiddo fonctionne comme une immense fresque, sans attente entre deux sorties. Sa quête de vengeance paraît beaucoup plus organique, tandis que les thèmes chers à Tarantino gagnent en puissance lorsqu'ils sont vécus sans la moindre coupure.

 

Cette version de Kill Bill The Whole Bloody Affair ne fera pas de lui un nouveau film, les différences étant in fine minimes, mais elle reste néanmoins la version la plus proche de la vision originale de Quentin Tarantino. Pour ceux qui n'ont jamais vu Kill Bill, c'est sans doute la meilleure porte d'entrée. Pour les autres, c'est l'occasion de redécouvrir l'une des œuvres majeures du réalisateur sous sa forme la plus complète, tout en refermant définitivement un débat vieux de plus de 20 ans sur la véritable place de Kill Bill dans la filmo de Tarantino. Ah, et petit conseil : allez faire pipi avant la séance.

NOTRE NOTE : 9/10


Cinéma et Jeux Vidéo

Réagir à cet article Réagir à cet article


Autres articles

Adieu Sam Neill : l'inoubliable Alan Grant de Jurassic Park nous a quittés à 78 ans Le cinéma perd l'un de ses visages les plus emblématiques. Sam Neill, mondialement connu pour son rôle du professeur Alan Grant dans la saga Jurassic Park, est décédé ce 13 juillet 2026 à Sydney. 13/07/2026, 09:29
Godzilla Minus Zero : la 1ère bande-annonce promet un affrontement encore plus colossal Après avoir marqué les esprits avec Godzilla Minus One, la Toho est prête à faire revenir son célèbre kaijū et nous dévoile la toute première bande-annonce de Godzilla Minus Zero, suite directe du film sorti en 2023. 10/07/2026, 15:01