Atomic Heart : on y a joué, c'est bien le jeu maboule des trailers, un BioShock ultra énervé


Atomic Heart : on y a joué, c'est bien le jeu maboule des trailers, un BioShock ultra énervé

La première fois que nous avions entendu parler d’Atomic Heart, c’était en juillet 2017. Le trailer de gameplay qui avait révélé l’existence du jeu nous montrait un FPS somme toute classique, doté d’un gameplay assez basique, mais surtout pas encore bien ajusté. Le jeu se cherchait encore, c’est une évidence, et seul l’univers bolchévique envahi de robots en qui il ne faut pas faire confiance avait été bien identifié. En cinq ans et demi, le jeu a fait du chemin et beaucoup de bruit aussi, au point d’être devenu en quelques mois une véritable curiosité. Revenu sur le devant de la scène lors de la gamescom 2022 avec un trailer d’une efficacité monstrueuse, Atomic Heart semblait trop beau pour être vrai. Imaginez un BioShock boosté aux amphétamines dans une Union Soviétique dystopique, avec une direction artistique affirmée et un gameplay ultra nerveux, telle est la promesse du studio Mundfish. Croyez-le ou non, mais non seulement les développeurs n’ont rien amplifié, mais cerise sur le cake, ils nous ont même gardé quelques belles surprises.


Atomic HeartJeune studio russe dont c’est le premier jeu, Mundfish compte dans ses rangs pas moins de 130 développeurs. C’est du moins le nombre de personnes qui ont travaillé sur Atomic Heart pendant les 5 ans de développement nécessaires pour mettre sur pied ce FPS à la fois ambitieux, mais également doté d’une véritable vision artistique. Il est vrai cependant qu’en posant nos mains sur le jeu (4h de hands-on sur PC), il est difficile de ne pas y voir les nombreuses inspirations empruntées ici et là. BioShock, Half-Life, Fallout, Control, ou bien encore les productions Arkane, le studio n’a pas hésité à piocher du côté des grands noms du First Person Shooter pour bâtir le sien. S’il faut reconnaître à Mundfish un certain bagout, une question subsiste : Atomic Heart parvient-il à offrir une véritable personnalité à force de s’inspirer des autres ? Une dizaine de minutes à découvrir le prologue du jeu auront suffi pour nous convaincre aussitôt, et constater qu’il se dégage de cet Atomic Heart une véritable identité visuelle. Sans doute parce que le jeu s’éloigne des codes habituels des jeux occidentaux où les Etats-Unis sont le centre du monde. Ici, c’est dans une Union Soviétique dystopique des années 50 que l’histoire se déroule, à une époque fictive où les inventions de Suchanop ont permis d’ouvrir une ère de prospérité technologique pour l’Union Soviétique. Dans son laboratoire, Suchanop a mis en place un dispositif qui relie les humains aux robots, avec pour objectifs de pouvoir contrôler les machines par la pensée.

 

Ce que nous avions vu dans les trailers promotionnels et le rendu final, clavier/souris ou manette en mains est similaire. Pas de downgrade ni de rendu graphique bullshit, Atomic Heart brille aussi bien par sa direction artistique que la finesse et la richesse de ses graphismes.

 

Atomic HeartEvidemment, comme toute histoire SF, rien ne se passe comme prévu et ces robots dotés d’IA pas si artificielles se sont retournés contre leurs créateurs. C’est d’ailleurs dans ce cadre idyllique que s’ouvre Atomic Heart, qui nous fait à la fois profiter de l’atmosphère grisante d’une Union Soviétique idyllique (qui s’est détournée de la course à l’Espace pour tracer une voie nettement plus avancée sur le plan technologique), mais aussi de graphismes sublimes. Le premier choc avec Atomic Heart est en effet visuel. Ce que nous avions vu dans les trailers promotionnels et le rendu final, clavier/souris ou manette en mains est similaire. Pas de downgrade ni de rendu graphique bullshit, Atomic Heart brille aussi bien par sa direction artistique que la finesse et la richesse de ses graphismes. Le prologue invite le joueur à se laisser aller à cette ambiance festive où il fait bon vivre dans cette « Russie » alternative, avec possibilité d’interagir avec de nombreux PNJ. Les développeurs ont d’ailleurs mis le paquet dès le début, avec une ville qui grouille de monde, vaquant à ses occupations, discutant entre eux et nous accostant par ailleurs pour nous proposer d’acheter des babioles technologiques ou manger une glace. Certes, on est encore loin du niveau de vie ou du taux de bavardage d’une production Rockstar Games, mais Atomic Heart n’a pas à rougir face aux mastodontes du genre fabriqués par les Américains.

Atomic Heart


ATOMIC SHOCK !


Evidemment, ce paradis n’est que temporaire et comme Rapture et Columbia ont péri dans BioShock et BioShock Infinite, la prospérité va laisser place à un cauchemar mené par la rébellion des machines. Heureusement pour le soldat que l’on dirige, celui-ci est équipé d’avancées technologiques, notamment un bras gauche connecté et bionique, capable d’évoluer et de balancer toutes sortes de décharge d’énergie au fur et à mesure qu’il récoltera les ressources nécessaires pour se renforcer. C’est là que notre premier contact avec le game system s’est opéré, fortement repris des jeux de Ken Levine, avec ce gameplay ambidextre avec lequel il faut jongler. Armes à feu ou de mêlée dans la main droite, pouvoirs à déclencher avec celle de gauche, Atomic Heart ne fait pas dans la dentelle et offre des possibilités de jeu monstre. Notre personnage est même capable d’esquiver les attaques sur les côtés avec une rapidité qui est la sienne, et qui va permettre de sortir de situations souvent complexes. Car là où Atomic Heart nous a aussi surpris, c’est dans le challenge qu’il propose. Chaque robot que vous allez rencontrer va vous donner du fil à retordre, au point même que les premiers combats risquent d’en décourager plus d’un, sauf si vous êtes habitué aux tortures infligés par les productions FromSoftware et leur Dark Soul. Car oui, les ennemis peuvent nous one-shot si l’on n’est pas suffisamment attentif, tandis que les emplacements des checkpoints peuvent aussi surprendre. Atomic Heart reprend en réalité des mécaniques old school, avec des trousseaux de soin à récupérer pour se soigner, des items à récupérer en masse et des bornes de sauvegarde pour bien avancer. Il y a effectivement quelques points de sauvegarde automatiques, mais il va falloir reprendre quelques vieux réflexes de joueurs pour ne pas se laisser déborder.

Atomic Heart

 

C’est là qu’on comprend que le melee combat dans Atomic Heart a autant d’importance que les gunfights, et que certaines situations se règlent mieux au corps-à-corps qu’à distance.


Si Atomic Heart peut se montrer poussif au début, prenant le risque d’en refroidir plus d’un, c’est aussi pour nous habituer à ce qui arrive par la suite. Le jeu développé par Mundfish ne fait pas dans la sensibilité et il va falloir activer ses réflexes pour éviter de mourir à répétition. Les ennemis vont en effet se multiplier, la difficulté monter crescendo et il faut être prêt à affronter les hordes de robots qui ne reculent devant rien. Heureusement, notre soldat dispose d’un arsenal de taille pour affronter l’ennemi. Bien sûr, on commence léger, avec notamment une hache qui dispose d’une attaque légère et lourde, qui permet déjà d’affronter les premiers ennemis. C’est là qu’on comprend que le melee combat dans Atomic Heart a autant d’importance que les gunfights, et que certaines situations se règlent mieux au corps-à-corps qu’à distance. Très vite, on aura accès à des bornes pour faire évoluer ses armes, et en fabriquer d’autres, à condition de récupérer le modèle original. Un système de reproduction d’armes qui rappelle celui de The Callisto Protocol et son imprimante 3D. Côté pouvoirs, le système repose sur le même principe d’acquisition, avec la possibilité de balancer des décharges électriques, d’envoyer des vagues de polymères pour ralentir les ennemis, ou carrément les faire léviter pour les écraser au sol tel un Jedi énervé. Là où Atomic Heart va plus loin dans ce gameplay ambidextre, c’est qu’il est possible de combiner les deux éléments, entre les pouvoirs d’un côté et ses armes à feu de l’autre. Par exemple, le polymère qui envahit l’écran et ralentit les mouvements des robots peut être combiné avec un tir électrique ou une explosion de feu, puisque la substance est conductrice. Des combos qu’on peut multiplier selon les armes en possession, comme maintenir des ennemis dans les airs et les cribler de balles avant de les faire s’exploser au sol. C’est assez jouissif, on va pas le cacher.

 

I, ROBOT

Atomic HeartQuoi qu’il arrive, Atomic Heart met tout en œuvre pour préparer le joueur à ce qui arrive après 7h de jeu couloir, à savoir l’accès à l’open world du jeu. A partir d’un certain moment, Atomic Heart passe du FPS très linéaire et narratif à un open world avec de multiples objectifs et quêtes à réaliser. Une bien belle surprise à laquelle nous n’étions pas préparé, mais que les développeurs ont souhaité nous montrer en nous propulsant directement dans la zone. On va pas vous le cacher, on aurait aimé le découvrir par nous-mêmes au moment du test, mais visiblement Mundfish avait à cœur de faire circuler l’information, sans doute assez fier de pouvoir proposer un tel résultat, alors que d’autres FPS sont encore à choisir entre les deux propositions. C’est dans cet open world (qu’on a pu survoler via un engin spécial) au début du jeu qui permet de mieux comprendre le gameplay, et appréhender le comportement des ennemis. Parce que nous sommes en face de robots qui attaquent de concert, et avec stratégie, il est préférable aussi pour le joueur d’établir un certain plan d’attaque et ne pas foncer tête baissée, sous peine de mourir rapidement. Les robots travaillent ensemble, avec notamment des caméras de surveillance capable d’alerter les patrouilles les plus proches. Elles peuvent être terrestres, mais aussi aériennes et c’est là que les choses se compliquent, parce que l’ennemi arrive de partout. Pire, certains robots peuvent être réparés en plein combat par d’autres soigneurs mécaniques, ce qui oblige à ne pas trop rester longtemps à s’acharner sur un ennemi. C’est là que l’usage des armes et des pouvoirs doit être le plus malin et efficace possible. Autre élément du gameplay qui existe dans Atomic Heart, mais que nous n’avons pas pu tester lors du hands-on, faute de temps, ce sont les passages de réflexion, avec pas mal de puzzle à surmonter. Là encore, le jeu fait appel aux neurones du joueur, qui va devoir user des capacités en sa possession pour débloquer une porte, activer un levier via les compétences physiques qui lui sont attribuées. Bref, de la variété dans le gameplay et les propositions, et pour un premier jeu, c’en est presque surréaliste.


Notre degré d’attente

Les Russes de chez Mundfish semblent donc avoir cerné les ingrédients forts pour faire de leur jeu un concurrent solide dans le monde du FPS. Un univers soigné et inédit, présenté dans un prologue narratif, un jeu couloir pour nous faire découvrir l’univers, le lore, un gameplay ambidextre avec possibilités de combos, des combats exigeants et stratégiques, un open world qui s’ouvre après 7h de jeu pour plus de possibilités et en prime, des boss ultra balèzes qu’il faudra affronter quand on se sentira prêt, Atomic Heart semble en effet avoir trouvé la formule pour marquer sa présence en 2023. Plus qu’un mois à attendre pour en avoir le cœur net.


Réagir à cet article Réagir à cet article


Autres articles

Atomic Heart : le gameplay décortiqué et commenté dans une grosse vidéo de 9 min Depuis qu'on a pu le prendre en mains pendant une grosse session de 4h, Atomic Heart se place comme l'un des jeux les plus attendus de ce début d'année 2023. 01/02/2023, 15:16
Atomic Heart : le BioShock russe sera à l'heure, le jeu est passé gold ! Atomic Heart ne manquera pas le rendez-vous du 21 février 2023, sa date de sortie fixée par les développeurs de Mundfish et de Focus Entertainment. 25/01/2023, 18:40