Après Sony, c'est au tour de Panasonic de céder sa division télévision à un géant chinois

Le secteur des téléviseurs est actuellement en train de traverser une grosse période de crise et de transition, avec des marques qui sont en train de changer radicalement leur façon de travailler, de fabriquer et même de vendre. Après Sony il y a à peine un mois, c'est au tour de Panasonic de devoir abandonner l'un de ses secteurs qui fut pendant longtemps un symbole de l’excellence japonaise dans l’électronique grand public. Panasonic vient en effet d'annoncer son association à Skyworth, un constructeur chinois, afin de produire et distribuer ses modèles de télévision. Une annonce qui illustre parfaitement la transformation profonde de l’industrie, où la concurrence asiatique, notamment coréenne et chinoise, impose désormais sa domination sur la production et la logistique, tandis que les marques japonaises se repositionnent sur la valeur ajoutée, le design et les services.
Panasonic a longtemps été un acteur majeur du marché des téléviseurs, sans pour autant être le plus visible ou le plus volumineux. Dans les années 2000 et 2010, l’entreprise dominait particulièrement le segment des écrans plasma, avant que cette technologie ne disparaisse sous l’effet de l’arrivée de la 4K et des contraintes énergétiques associées. Avec le temps, Panasonic a souffert d’une concurrence croissante : les fabricants coréens comme Samsung ou LG ont imposé leur modèle sur le marché mondial, et la montée en puissance des constructeurs chinois a bouleversé la hiérarchie historique. Sur le plan technique, Panasonic continuait d’investir dans la qualité, notamment via son processeur d’image HCX et le calibrage réputé « hollywoodien » de ses téléviseurs OLED. Cependant, l’entreprise ne produisait plus directement toutes ses dalles : nombre de ses modèles OLED s’appuyaient sur des écrans fournis par LG Display, parfois retravaillés pour optimiser le rendu. De la même manière, le système d’exploitation a évolué au fil des années, alternant entre My Home Screen, Android TV, Google TV et Fire OS. Ces choix démontraient une volonté de s’adapter à l’écosystème logiciel moderne, mais ne compensaient pas une structure industrielle devenue trop coûteuse face à la compétition asiatique.
Le partenariat avec Skyworth, c'est worth ?
Le 24 février 2026, Panasonic a annoncé lors d’une conférence européenne à Munich que la distribution de ses téléviseurs en Europe et aux États-Unis serait désormais confiée à Skyworth Digital Holdings, le leader chinois des téléviseurs premium et cinquième constructeur mondial de dalles. La transition prendra effet dès le 1er avril 2026, en marge de la fin de l’exercice fiscal 2025. Ce partenariat permet à Panasonic de préserver son nom et son image premium tout en réduisant considérablement ses coûts de production et de logistique. Et oui, parce que Skyworth, avec sa maîtrise de l’intégration verticale et ses technologies de pointe, prendra en charge la fabrication et la distribution. Panasonic conservera toutefois une influence sur le cahier des charges et la conception des modèles, notamment pour garantir la qualité d’image et le calibrage via le processeur HCX. L’objectif affiché est de combiner l’expertise japonaise en traitement d’image avec la puissance industrielle chinoise, créant une synergie qui pourrait maintenir l’aura premium de la marque dans un marché devenu extrêmement compétitif.
Cette transition soulève évidemment plusieurs interrogations pour les consommateurs et les passionnés d’électronique. La qualité d’image, jusqu’ici un argument clé de Panasonic, devra être maintenue malgré le transfert industriel. L’avenir des technologies audio associées, comme Technics, reste également incertain, les futurs modèles développés avec Skyworth ne garantissant pas nécessairement l’intégration de ces composants haut de gamme. D’un point de vue stratégique, le retrait de la production directe ne signifie pas la disparition de Panasonic des rayons : la marque continuera d’exister, mais sa présence sera désormais celle d’un label premium sur des téléviseurs produits et assemblés par Skyworth. Le modèle économique se rapproche ainsi de celui des licences de marque, où le nom japonais devient un gage de qualité et de confiance plutôt qu’un indicateur de fabrication locale.
En réalité, le retrait de Panasonic s’inscrit dans une tendance plus large et surtout générale. D’autres géants japonais, comme Toshiba, Sharp, Hitachi ou Pioneer, avaient déjà abandonné la production de téléviseurs, laissant la place aux concurrents coréens et chinois. Cette transformation est symptomatique de l’évolution de la chaîne industrielle mondiale : la production est désormais optimisée dans des régions à forte capacité industrielle et faible coût, tandis que le design, l’ingénierie et la valeur ajoutée restent la prérogative des marques historiques. Pour Skyworth, ce partenariat représente une opportunité stratégique majeure pour s’implanter sur les marchés européen et américain, où la marque peine encore à s’imposer sous son propre nom. Pour Panasonic, il s’agit d’une solution pragmatique pour rester compétitif, préserver son image premium et continuer à proposer des modèles OLED et Mini LED tout en réduisant les risques financiers liés à une production coûteuse.
De toutes les façons, le passage des téléviseurs Panasonic (et Sony plus tôt dans l'année) sous la supervision de Skyworth marque la fin d’une ère pour l’industrie japonaise et un tournant majeur pour le marché mondial. Cette décision traduit l’incapacité des constructeurs historiques à maintenir la production locale face à une concurrence internationale plus efficace et moins chère. Si le savoir-faire japonais en matière de traitement d’image, via le processeur HCX et l’expertise des ingénieurs, reste un atout, soyez certain que d'ici quelques années, la question ne se posera même plus : les Chinois feront sans doute mieux pour moins cher, ce n'est qu'une question de temps...
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