Watch Dogs Legion : on a replongé 4h dans le Londres d'Ubisoft, bonne surprise à l'horizon ?


Watch Dogs Legion : on a replongé 4h dans le Londres d'Ubisoft, bonne surprise à l'horizon ?En seulement deux épisodes, la franchise Watch Dogs s’est imposée parmi les marques les plus importantes d’Ubisoft. Pourtant, il s’agit aussi d’une saga qui se cherche quelque peu. Après un premier opus résolument sombre, la firme française s’est réorientée avec une suite beaucoup plus colorée, moins brute et plus accessible. Pour Watch Dogs Legion, qui vient former alors former une véritable trilogie, l’équipe de Toronto semble se positionner à mi-chemin entre les deux précédentes itérations en s’appuyant, en supplément, d’un concept d’infinité de personnages étonnante. Et surtout, on quitte les États-Unis pour le Vieux Continent, au cœur d’un Londres ultra-connecté fourmillant de systèmes à pirater et de méchants à contrer. Après quatre heures de jeu, notre avis envers ce Watch Dogs Legion intrigant commence à se préciser sérieusement : voici quelques lignes qui pourraient vous motiver en attendant la date fatidique du 29 octobre.

Watch Dogs Legion

Ce n’est pas la première fois que chez JEUXACTU, nous avons l’occasion de mettre les mains sur Watch Dogs Legion. C’est même pour nous la troisième occasion et, malgré ces essais dont le dernier remonte au mois de juillet seulement, nous y revenons toujours avec un certain plaisir. Ubisoft nous a donc conviés à plonger tout un après-midi dans la capitale anglaise, ici rongée par la milice Albion qui en veut décidément à DeadSec, l’organisation rebelle accusée de terrorisme et dont vous faite partie. Par “vous”, nous n’entendons pas un personnage principal en particulier puisque, comme vous le savez peut-être, il est ici question d’incarner une pléthore de bonhommes que l’on recrutera directement… dans la rue. Et l’on parle de quasiment chaque passant, qui disposeront tous d’un arsenal précis et de capacités bien spécifiques que ce soit dans le hacking, dans la mobilité ou dans l’attaque pure et dure. Ainsi, une vieille dame pourra peut-être ne pas courir mais s’épauler d’appareils de piratage perfectionnés ; un homme d’affaires à l’allure inoffensive pourra faire usage d’une montre IEM, d’une voiture télécommandée et d’un pistolet silencieux tandis qu’une infirmière pourra s’infiltrer plus facilement dans certains bâtiments dans sa tenue professionnelle, etc.


TOUS ENSEMBLE, TOUS ENSEMBLE, HEY, HEY !

Bien sûr, le grand risque avec ce concept est un manque d’identité évident. Contrairement aux deux précédents Watch Dogs qui nous permettaient d’apprécier Aiden Pierce et Marcus Holloway, aucune figure principale n’est ici à déclarer. Heureusement, nos recrues disposent tout de même d’une certaine personnalité et, a priori, il y a de fortes chances pour que l’on s’attache à une petite poignée de rebelles, avec lesquels on jouera majoritairement plutôt qu’avec le reste de notre équipe (qui pourra aller jusqu’à 20 membres). Assurément, il s’agit d’un parti-pris risqué de la part d’Ubisoft qui préfère alors miser sur la collectivité plutôt que sur une figure centrale : fort heureusement, cela pourrait porter ses fruits grâce à une histoire et un univers visiblement bien ficelés, riche en personnages forts et en cinématiques divers et variés. Non, ce n’est pas parce qu’il n’y a de héros principal que Watch Dogs Legion n’est pas un pur jeu solo ! Pour le coup, et c’est sans doute sa plus grande force, la trame prend rapidement aux tripes ou, tout du moins, sa ville de Londres particulièrement réussie. 



Ubisoft a toujours été très doué pour la reconstitution des villes et environnements, c’est indiscutable. D’ailleurs, concernant Londres, la société s’était déjà faite la main avec Assassin’s Creed Syndicate, qui se déroulait dans la ville anglaise au XIXe siècle : ici, il est question d’une version moderne, quasi-futuriste où la technologie a pris le dessus à base d’hologrammes et de voitures sans pilote. Qu’on se le dise d’emblée, la reconstitution des différents quartiers est impeccable et infuse une âme british franchement séduisante : on serait presque tenté de dire que le véritable héros, c’est en fait cet amas de rues, de monuments et de bars qui sentent bon la bière et les fléchettes. En termes d’ambiance ou même de scénario, Watch Dogs Legion témoigne ainsi d’un ton plus sombre que son prédécesseur, plus nocturne et plus criminel avec une aventure ponctuée d’intervenants forts – bien qu’un peu clichés, ne nous le cachons pas – et de lieux divers et variés. On est donc rassurés d’avoir cette belle immersion, certes moins édulcorée qu’auparavant mais plutôt réussie de ce que l’on a pu en voir. 

Watch Dogs Legion


KING’S MEN

Indéniablement, Watch Dogs 2 avait particulièrement consolidé son gameplay par rapport à l’opus initial. Ici, Legions reprend à peu près la même jouabilité et autant dire qu’il y a de quoi faire : une nouvelle fois, son système de piratage est d’une importance primordiale et tend encore à s’étoffer avec l’utilisation de drones – dont un en forme d’araignée que l’on pourra améliorer – ou de ce fameux téléphone portable qui permet d’interagir avec à peu près n’importe quoi, n’importe quand. Très vite, on reprend son aise et s’amuse à jouer avec les tonnes d’éléments de l’environnement, que ce soit pour détourner le regard de gardes, semer des policiers ou rentrer dans une salle ultra-sécurisée. Watch Dogs Legion a souvent des airs de casse-tête et propose de nombreuses phases de réflexion, établissant alors une expérience plutôt complète et intelligente, franchement inspirée du deuxième chapitre de 2016. Il est aussi possible d’améliorer, grâce à des points de compétence, nos capacités afin d’étoffer nos possibilités dans l’infiltration ou la confrontation. En vérité, toutes ces mécaniques ressemblent effectivement beaucoup à celles de la précédente aventure de San Francisco et c’est une bonne chose puisqu’elles constituaient un périple plutôt divertissant et réussi.

Watch Dogs Legion

La direction artistique séduisante est efficace, fait mouche et semble établir un univers dans lequel on a véritablement envie de s’immiscer.

 

En revanche, c’est surtout d’un point de vue combats et mobilité que cette nouvelle itération change la donne. Concernant ces premiers, on se souvient tous de la Thunder Ball redoutable de Marcus Holloway, enchaînant les finish moves avec une efficacité extrême. Dans Watch Dogs Legion, Ubisoft a décidé de retourner aux fondamentaux avec du corps-à-corps classique, certains combos changeant selon les personnages, avec un système d’attaque et de blocage. Un système qui vient s’uniformiser avec ceux des autres titres de l’éditeur, ce que l’on ne trouve pas forcément des plus adaptés pour un soft comme Watch Dogs. Même les ennemis ont aussi des barres de vie, un élément primordial à prendre en compte lors des fusillades qui, s’il s’adapte aux standards actuels, pourra casser l’immersion pour certaines personnes. Côté Parkour, s’il sera toujours possible d’escalader des bâtiments et d’enjamber des surfaces mais avec bien moins d’aisance et d’accrobaties que dans le volet précédent, rendant le tout un poil plus rigide et forcément moins stylisé. Néanmoins, notons que tout cela, bastons comme free-roam, devrait répondre des capacités de chacune des recrues que l’on incarnera : il n’est donc pas exclu de tomber sur un véritable John Wick (comme le laissait penser une vidéo de gameplay) ou un adepte de la grimpette extrême. 

Watch Dogs Legion

 

Enfin, force est de constater que quelques problèmes subsistent toujours chez Ubisoft : l’intelligence artificielle des ennemis semble infiniment contrariée, nos chers adversaires enchaînant les gestes incompréhensibles tandis que ceux-ci souffrent de pas mal de problèmes d’animations, tant dans les collisions que dans le ragdoll. De ce côté-là, la firme est malheureusement fidèle à ses tares et l’on espère que l’expérience finale ne souffrira pas des autres bugs habituels que l’on retrouve souvent dans les productions de l’entreprise. Fort heureusement, le soft s’en sort franchement bien graphiquement et, même si quelques effets sont inégaux, la direction artistique séduisante est efficace, fait mouche et semble établir un univers dans lequel on a véritablement envie de s’immiscer. Et c’est bien là son principal point fort et pourquoi on l’attend avec curiosité, à défaut d’avoir une formule révolutionnée. 


Notre degré d’attente
Watch Dogs Legion est plutôt bien parti pour proposer une aventure immersive au sein d’un Londres sacrément bien retranscrit. À défaut d’avoir un personnage central, il se pourrait bien que son cadre british efficace et ultra-connecté ne fasse office de figure principale pour un récit plus sombre, plus criminel qu’auparavant : ce n’est pas forcément pour nous déplaire et, oui, nous avons une certaine hâte de nous immerger dans les quartiers de la capitale anglaise. Et même si les combats ou le parkour ont perdu en panache et que l’IA est regrettable, cette prochaine grosse production d’Ubisoft s’appuie de mécaniques de piratage toujours aussi solides et complètes, tout en osant cette multitude de héros jouables qui a l’audace de changer les codes. Il n’est pas dit que cette dernière facette serve pleinement l’immersion mais il s’agit d’un concept original, complétant définitivement une expérience dont des bien facettes sont reprises du divertissant Watch Dogs 2.

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