Test également disponible sur : PC

Test Enemy Territory : Quake Wars

La Note
note multi-utilisateurs Enemy Territory : Quake Wars 4 5

Longtemps présenté comme le messie du multi, Enemy Territory : Quake Wars est un titre de  qualité mais essentiellement destiné aux puristes. Pas bien accessible, avec son interface lourdingue et son concept 100% coopération à la fois très complet dans son approche tactique mais un peu limite question variété (d'autres modes auraient été bienvenus), la production de Splash Damage offre de belles possibilités aux  joueurs pourvus de temps et de skills. Si vous n'avez ni l'un, ni l'autre, oubliez, mais si vous jouiez encore à l'Enemy Territory originel la semaine dernière, préparez-vous à ressortir vos flingues.


Les plus
  • Classes complémentaires et équilibrées
  • Carte énormes et bien fichues
  • Tourelles et équipements offensifs et défensifs
  • Apologie du jeu en équipe
Les moins
  • Les contrôles auraient pu être simplifiés
  • Interface lourdingue
  • Univers pas sexy
  • Solo inutile et barbant
  • Beaucoup trop cher


Le Test

On gardait d'Enemy Territory le souvenir ému d'un mod surgi de nulle part et qui avait fait souffler un vent de brutalité raffinée sur le petit monde du jeu en ligne. Fustigé par quelques associations bien-pensantes, qui s'offusquaient que cette extension multi de Return to Castle Wolfenstein permettent à ses utilisateurs d'incarner des soldats nazis, la création gratuite de ce qui n'était à l'époque qu'une team de gamers doués a fait les beaux jours des tacticiens du FPS. Depuis, les Teutons ont été rangés au placard, l'équipe de développement s'est organisée et a constitué un studio à part entière baptisé Splash Damage, id Software a fait bien du mal à la licence Quake avec un quatrième volet fort décevant, et l'action communautaire en vue subjective s'est bien étoffée avec les sorties, entre pas mal d'autres, de Battlefield 2 et Team Fortress II. C'est dans ce drôle de contexte que débarque Enemy Territory : Quake Wars, chargé d'injecter un peu de sang neuf au conflit qui opposent les Humains et les Stroggs.


La Terre est attaquée !  Les Stroggs ont débarqué, cette vile engeance biomécanique incapable de se reproduire, qui ravage les planètes qu'elle croise au fil de ses errances stellaires, et qui complète ses effectifs en réanimant de la pire des manières les soldats ennemis tombés au combat. Face à ce péril, le monde s'organise et créé une force de défense internationale, la GDF, dont le seul objectif consiste à repousser l'ennemi. Un adversaire qui a ceci de vicieux qu'il est contrôlé par des joueurs... humains !

 

Faux contacts

 

Comme souvent avec les jeux d'action destinés aux forcenés du combat en ligne, Enemy Territory : Quake Wars débute sur une très mauvaise impression. La partie offline, censée autoriser les novices et les rouillés de la gâchette à se préparer à la grande boucherie communautaire, constitue en effet une calamiteuse expérience, au travers de laquelle il est particulièrement difficile d'éprouver ne serait-ce qu'une once de plaisir. Mais tous les sports débutent par une laborieuse phase d'apprentissage, et ces successions de joutes sans panache ni rythme ont le grand mérite de vous faire visiter les 12 énormes cartes, dont la parfaite connaissance constitue l'étape préliminaire à la réussite de quelques frags contre vos futurs adversaires. En sus de cette vacuité des fights contre l'I.A, le titre de Splash Damage a ceci de perturbant qu'il est encombré d'une interface d'une lourdeur assez inconcevable. Les menus sont rarement ergonomiques, les raccourcis manquent d'évidence, et la partie souffre longtemps de ces tares. Un phénomène d'autant plus curieux que les développeurs anglais ont consacré tous ces derniers mois à peaufiner leur bébé, à équilibrer le gameplay et les forces en présence. Une si longue période passée sur du pur tuning aurait pu, aurait dû s'accompagner d'une simplification des commandes. En l'état, Enemy Territory : Quake Wars se prend en main comme un jeu paru il y a trois ou quatre ans. On s'en sort - surtout si l'on prend quelques heures pour se familiariser avec ces commandes en pagaille - mais on a vu mieux, beaucoup mieux, ces dernières années. Ce manque d'intuitivité biaise donc l'expérience de jeu, du moins dans un premier temps. Lancé dans le bain des parties multis, qu'elles soient classées ou non, le joueur est toutefois contraint d'apprendre vite sous peine d'être humilié, et découvre alors toutes les subtilités d'un titre beaucoup plus réfléchi que son ignoble jaquette ne le laisse penser.

 

Tue ou crève

 

Sans aller jusqu'à dire que cette variation en ligne de Quake est un titre d'une sophistication inouïe qui stimulera votre intellect comme jamais, la maîtrise des classes proposées ici et l'organisation d'un assaut parfaitement coordonné nécessite un sens tactique des plus développés. Assez curieusement, si le niveau des parties est déjà assez relevé, les débutants pourront tout de même s'amuser un peu. Le produit est toutefois clairement destiné aux habitués du genre, qui goûteront avec bonheur l'exemplaire complémentarité des différentes unités et s'empresseront de toutes les éprouver avant de se spécialiser. Les unités stroggs et terriennes n'ont pas les mêmes noms, mais les fonctions sont sensiblement identiques d'un côté et de l'autre de la ligne de front. Le Soldat / Agresseur, massacre à l'arme lourde, pose et arme des charges d'explosif ; le Médecin / Technicien ranime ses compagnons agonisants et distribue des trousses de soins ; l'Ingénieur / Constructeur construit les nids de mitrailleuse, déploie mines et tourelles, répare et désamorce ; l'Artilleur / Opresseur ravitaille ses petits camarades en munitions et guide les frappes aériennes ; quant au Saboteur / Espion, il pirate et sabote les systèmes, envoie un drône de reconnaissance ou prend les traits de l'ennemi. Deux fines équipes en perpétuelle opposition, dont chaque membre trimballe de base une arme légère et quelques grenades, arsenal auquel s'ajoute pour chacun un équipement spécifique. Cinq fonctions donc, plein de compétences et des myriades de possibilité pour 32 joueurs maximum, tous chargés de mener à bien des objectifs variés.

 

Derrière les lignes ennemies

 

Loin d'être un Risk en vue subjective, Enemy Territory : Quake Wars emprunte toutefois au célèbre jeu de plateau son concept de conquête territoriale. Les cartes réparties en différents points du globe (Europe du Nord, Amérique du Nord, Afrique et Océanie, Splash Damage gardant sous le coude quelques continents en vue de futures mises à jour) sont découpées en zones. En chassant votre adversaire de l'une d'elle, vous pourrez y déployer vos équipements d'assaut et de défense – et notamment une belle brochette de tourelles solides et efficaces – et y ressusciterez après chacune de vos disparitions. Votre mission principale consistant souvent à détruire, ou à défendre coûte que coûte, un équipement spécial, cette progression dans l'espace vous permet de mettre davantage la pression sur l'adversaire et de rallier les points-clés plus rapidement, que ce soit à pied ou à bord de l'un des nombreux véhicules du jeu. Moins bien gérés que dans un Unreal Tournament ou dans un Halo, avec des contrôles peu convaincants et une physique pas toujours au top, ces engins vous permettent toutefois de chouettes virées en groupes et raccourcissent considérablement votre parcours vers la mort. Une proximité permanente avec le feu qui facilite la chasse à l'XP. La progression du personnage est en effet au coeur du titre des développeurs anglais. Chaque mission, chaque frag, chaque action bénéfique à votre camp vous rapporte une poignées de points qui, additionnés, vont vous permettre de montrer en grade. De simple soldat, vous progressez peu à peu dans la hiérarchie, déverrouillant au passage des features bien utiles, du module supplémentaire pour votre arme à des améliorations de vos aptitudes physiques. Autant dire que la chasse au bonus risque de vous occuper un bon bout de temps.

 

Un pour tous

 

Du temps, il vous en faudra pour vous familiariser avec un titre techniquement pensé pour le multi. Graphiquement correct mais pas ostentatoire, préférant gagner en fluidité plutôt que de tenter d'impressionner des gamers qui, de toute façon, mettront toutes les options au minimum pour gagner quelques images par seconde, Enemy Territory : Quake Wars offre de très grands moments aux plus persévérants. On pourra évidemment regretter que cette invitation à la guerre collective ne soit pas gratuite, à la différence du mod homonyme qui a fait beaucoup pour Return to Castle Wolfenstein. On pourra également se plaindre d'un nombre de cartes finalement assez faible et du manque total de charisme de l'univers et des unités. Mais malgré ses nombreux défauts, la dernière création de Splash Damage est une belle, et fort riche, apologie du teamplay.




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