Fallout 3 : on y a joué !


Entre la flambée du prix du baril, l’épuisement des réserves de pétrole, la menace du changement climatique et le lobbying intense des champions de la fission, l’actualité a remis l’énergie nucléaire en selle. Quelques irradiations accidentelles viennent judicieusement combler les colonnes bien vides de la presse estivale, mais le mouvement de réhabilitation de l’atome civil semble irrésistible, ce alors que le spectre d’une guerre atomique ne plane plus sur l’humanité. L’obstination de certains Etats orientaux à vouloir enrichir de l’uranium nous rappelle pourtant que la technologie nucléaire permet aussi de faire la guerre, et de la faire salement. Depuis 1998, la saga Fallout s’ingénie justement à représenter une planète dévastée par une troisième guerre mondiale radioactive. Sept ans après un Fallout Tactics : Brotherhood of Steel qui dénaturait la série, Fallout 3 repart à la conquête de ce singulier monde post-apocalyptique.


Présenté lors du récent E3, Fallout 3 a plutôt déçu les observateurs. Pas échaudé par cet accueil frileux, Pete Hines, inénarrable VRP de Bethesda Softworks, s’est lancé dans un tour d’Europe afin de dévoiler son nouveau rejeton à tous ceux qui ont boudé le salon de Los Angeles, comme nous. Les commentaires glanés à l’issue de la session de jeu vont toutefois dans le même sens que ceux rédigés directement depuis la Californie : Fallout 3 n’impressionne pas.

 

L’hiver nucléaire

 

Les créateurs des Elder Scrolls n’ont toutefois pas présenté leur nouvelle œuvre de la plus belle des manières. Limitée au seul périmètre entourant le Vault 101, le bunker géant où votre héros a grandi et dont il sort pour débuter sa grande aventure, largement instable et techniquement faiblarde, cette démonstration ne laissait pas transparaître grand-chose de l’ambition première des développeurs. Refusant de divulguer quoi que ce soit d’un scénario dont le point de départ est particulièrement convenu (vous devez retrouver votre père), les petits gars du Maryland auraient gagné à nous dévoiler quelques séquences ultérieures et à nous faire la démonstration de quelques skills avancés. Conçu comme un Oblivion dans un univers post-apocalyptique, Fallout 3 exploite le schéma classique de tout bon RPG. Le monde est peuplé de PNJ qui vous confient des quêtes. Vous les menez à bien pour obtenir des récompenses matérielles et des points d’XP, qui vous permettent de monter de niveau et de développer des aptitudes parmi des centaines disponibles. Certaines sont fort académiques (maniement des explosifs), d’autres bien plus exotiques (la compétence ladykiller, qui fait de vous une espèce de Landru post-Tchernobyl). La progression dans les ruines de Washington DC, cadre de cette dangereuse expédition, semble toutefois extrêmement laborieuse. Assailli de toutes parts dès les premières instants de jeu par des rats géants, des maraudeurs et autres mutants lanceurs d’excréments, vous dézinguez ce bestiaire honteux à la régulière – en vue à la première ou à la troisième personne –, ou en utilisant le mode V.A.T.S. . Sorte de bullet time raffiné, cette interface vous permet de figer l’action, de cibler des points précis du corps de vos ennemis et d’enchaîner les tirs. Une fois votre combo établi, la caméra bascule en vue objective le temps d’une cinématique à la fois gore et cheap. Fallout 3 reste toutefois un RPG et vous ne pourrez enchaîner dix-huit headshots par le biais du V.A.T.S.. La précision de vos rafales dépendant à la fois de la distance de l’ennemi et de vos stats, tous vos coups ne porteront pas. De plus, chaque attaque portée dans ce mode vous coûte quelques points d’action, que vous récupérerez automatiquement au bout de quelques minutes de jeu.

 

Le jeu de tous les excès ?

 

Mais n’est pas Epic Games ou id Software qui veut, et Bethesda Softworks manque cruellement d’expérience en matière de FPS. Il est, encore une fois, délicat de se prononcer après quelques minutes passées dans les toutes premières zones du jeu, mais les combats, en temps réel comme en mode V.A.T.S., en première comme en troisième personne, manquaient cruellement de mordant. Les ennemis, à la fois fort mal animés et grossièrement modélisés, surgissaient de nulle part, adoptaient des comportements irrationnels et finissaient par exploser, victimes de vos projectiles, dans des gerbes sanguinolentes aussi gratuites qu’irréalistes. Très sombre, très gore, Fallout 3 est également un jeu extrêmement rigide. L’interface du Pip-Boy, l’assistant personnel qui vous permet de tout gérer, de votre inventaire à la liste de vos quêtes en passant par vos stats, est aussi légère qu’un missile Pluton. Menus, sous-menus, onglets, la navigation malaisée et le manque de lisibilité de l’ensemble n’ont pas maqué de susciter quelques interrogations durant la démo ("mais où est la carte ?!"). Finalement, sans présenter grand-chose, Pete Hines est toutefois parvenu à nous montrer qu’il reste bien du travail pour faire de ce Fallout 3 un titre accrocheur et palpitant. L’un des jeux les plus attendus de ces dix dernières années finira-t-il en pétard mouillé ? En attendant la mise à feu, prévue pour octobre sur PC, PS3 et Xbox 360, il est pour l’instant bien difficile de s’emballer pour ce monde d’après l’Apocalypse aussi morne que le plateau d’Albion.

 




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