Test également disponible sur : PC - Xbox One - PS4

Test Styx Shards of Darkness : une suite qui a du caractère

Test Styx Shards of Darkness sur PS4
La Note
note Styx : Shards of Darkness 16 20

Depuis sa première aventure solo, Styx a pas mal grandi et dispose dorénavant de capacités supplémentaires qui viennent clairement enrichir les mécaniques d'infiltration. Comme le level design est aussi tortueux et malin que celui de Master of Shadows, on se régale à emprunter tous les chemins possibles et à jouer chaque mission de Shards of Darkness plusieurs fois. Hélas, grandir amène aussi parfois à atteindre l'âge bête, et il est bien dommage que l'immersion soit régulièrement brisée par un humour déplacé et des punchlines ridicules. Mais si c'est le prix à payer pour disposer d'un jeu d'infiltration réellement exigeant, on fera avec.


Les plus
  • Capacités plus nombreuses qu'auparavant
  • Panoplie de mouvements plus étoffée
  • Level design de haute volée
  • Grosse rejouabilité
  • Arrivée d'un mode coop'
Les moins
  • Scénario moins inspiré que le précédent
  • Références à la pop culture déplacées
  • Séquences post-mortem agaçantes
  • Certaines animations perfectibles
  • Dialogues qui se chevauchent


Le Test

Apparu pour la première fois dans le jeu de rôles Of Orcs and Men en 2012, le personnage de Styx a eu droit deux ans plus tard à sa propre aventure, cette fois consacrée au genre de l'infiltration. Ce Styx: Master of Shadows ayant été une belle réussite, aujourd'hui on ne peut que se réjouir de l'arrivée de sa suite, intitulée Shards of Darkness. Nous allons voir qu'elle reprend les points forts de la précédente mouture, et améliore par petites touches la recette générale malgré quelques fautes de goût inattendues.


Styx : Shards of DarknessS'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir joué à Master of Shadows pour pouvoir apprécier ce Shards of Darkness, nous vous conseillons tout de même de vous précipiter sur les premières aventures de Styx si vous ne les connaissez pas encore. Pas tant par esprit de complétion que pour profiter tout simplement d'un excellent jeu d'infiltration qui a fait ses preuves. Il faut dire que notre rusé gobelin connaît ses classiques et n'oublie aucune mécanique importante du genre. Ami de l'obscurité, il passe plus facilement inaperçu dans les zones ombragées et peut d'ailleurs éteindre les torches fixées aux murs pour mieux se faufiler. Adepte du cache-cache, il n'hésite pas à plonger dans un tonneau ou sous une table pour échapper aux gardes, sa petite taille lui donnant accès à ce genre d'abris. Mais les malles et autres placards, qui servent par ailleurs à planquer les cadavres des ennemis, font également l'affaire. Voler les gardes en toute discrétion grâce à une approche furtive par l'arrière fait aussi partie des capacités classiques, tout comme le fait de les assassiner rapidement mais bruyamment, ou silencieusement mais lentement. En outre, la nature gobeline de notre héros lui donne droit à des pouvoirs auxquels n'accéderont jamais ni Sam Fisher, ni l'agent 47, ni Solid Snake. On pense notamment à la possibilité de vomir un clone, afin d'accéder à certaines zones précises, faire de la reconnaissance ou encore distraire des gardes. Styx est également capable de devenir invisible quelques secondes ou d'observer les environs à travers la vision d'ambre, qui met graphiquement en valeur les zones intéressantes et interactives du décor. Tout cela posait les bases d'un excellent gameplay d'infiltration dans Master of Shadows, mais les développeurs en gardaient en réalité encore sous le coude. En effet, Shards of Darkness n'est pas avare en nouveautés et notre gobelin préféré est plus habile et compétent que jamais !

 

STYX ANALOGIQUE
 

Styx : Shards of DarknessIl répond ainsi à quelques critiques qui lui avaient été faites lors du premier épisode. Par exemple, il est désormais possible de franchir les coins lorsqu'on est accroché à une rambarde. Cela évite d'avoir à trahir notre présence via un saut supplémentaire et inutile. Les sauts de point d'accroche en point d'accroche sont également facilités, tandis que de nouvelles petites interactions voient le jour. On peut ainsi pousser certains tonneaux afin qu'ils viennent s'écraser sur un ennemi situé en contrebas, ou encore lancer au loin des objets en verre pour faire diversion et inciter un garde à quitter son poste. Mieux encore, Styx est désormais à l'aise avec les cordes. Il peut se déplacer, voire glisser, sur celles qui sont tendues horizontalement. Mais également grimper aux cordes verticales, et même s'en servir comme d'une liane à laide d'un balancement. Le système de compétences a quant à lui été boosté, puisqu'il se répartit désormais en cinq branches (furtivité, assassinat, alchimie, clonage, perception), chacune d'entre elles abritant sept aptitudes plus une compétence ultime donnant le choix entre deux spécialisations distinctes. Chaque type de joueur pourra donc adapter le gameplay à son goût et de nombreuses capacités inédites font  leur apparition. Invisibilité de Styx qui se propage aux cadavres ennemis, possibilité de se téléporter dans un clone ou encore fabrication de pièges d'acide sont quelques exemples de ces nouvelles compétences. D'autre part, le rayon des nouveautés nous présente également un système de crafting, qui permet de créer fléchettes, potions et autres crochets. Moins anecdotique que dans les jeux orientés action, la présence de cet artisanat incite le joueur à ramasser les différents éléments disséminés dans les niveaux, et donc à parcourir ces derniers de fond en comble. Sans cela, on serait un peu trop tenté de foncer le plus rapidement possible vers l'objectif principal et d'emprunter systématiquement les voies les plus sûres, notamment celles situées en hauteur ainsi que les bas tunnels creusés dans les murs. Car les développeurs de Cyanide nous proposent une nouvelle fois un level design brillant, vaste, vertical et doté de multiples chemins.
 

C'est un vrai plaisir que d'avoir affaire à des niveaux aussi fouillés, qui assurent par leur richesse une très grande rejouabilité. 


Styx : Shards of DarknessC'est un vrai plaisir que d'avoir affaire à des niveaux aussi fouillés, qui assurent par leur richesse une très grande rejouabilité. Cette rejouabilité est également renforcée par la distribution de points de compétences si l'on arrive à remporter les emblèmes Célérité (niveau terminé en peu de temps), Ombre (aucune alerte déclenchée), Clémence (aucun ennemi tué) ou Voleur (récolte de tous les jetons du niveau). Petite subtilité par rapport à l'épisode précédent : ces emblèmes sont disponibles en version or, argent et bronze, ce qui une laisse une certaine latitude en matière de lenteur, de faux pas ou d'inattention. Enfin, impossible de ne pas noter l'arrivée d'un mode coopératif. C'est assez étonnant pour un jeu d'infiltration, mais forcément bon à prendre. Deux Styx valent mieux qu'un, surtout si l'on se laisse séduire par le côté obscur de la force et qu'on décide d'occire les gardes présents dans les niveaux. L'expérience est évidemment moins intéressante s'il s'agit juste de se suivre à la queue leu leu de cachette en cachette et de raccourci en raccourci. Mais il est temps d'aborder maintenant les points d'ombre du jeu, qui loupe de peu le statut d'incontournable. On pourra par exemple lui reprocher une technique un peu datée, notamment en ce qui concerne certaines animations un poil trop raides, ou le fait que les monologues de Styx viennent parfois se superposer aux dialogues des ennemis. Ou encore regretter la relative faiblesse du scénario, qui n'a évidemment pas la force de celui de Master of Shadows, puisque ce dernier nous révélait l'origine même des gobelins. Notons que ce nouvel épisode a tout de même le bon goût d'introduire la race des nains en plus des Humains, elfes et orcs de l'épisode précédent.

UHU STYX


Styx : Shards of DarknessMais ce qui nous a le plus irrité dans Shards of Darkness provient de la propension des développeurs à vouloir faire de l'humour à tout prix, quitte à saborder leur propre travail. Dès le premier niveau, on peut ainsi entendre Styx remarquer que l'architecture des lieux n'est pas crédible et qu'elle semble avoir été faite pour qu'il puisse se faufiler partout. Plus tard, il annonce vouloir se plaindre auprès du scénariste. Et rien que dans les deux premières heures de jeu, on se coltine des références à Toy Story, à Assassin's Creed (trois fois qui plus est), à Terminator 2, à Thief et à Dishonored. Infiltration oblige, les deux derniers pourraient encore se justifier s'ils étaient isolés, mais noyés au milieu des autres, ils perdent automatiquement toute subtilité. Il est quand même très étonnant que des développeurs se cassent le fondement à créer un univers étoffé, un scénario détaillé et des personnages crédibles pour, au final, faire régulièrement s'écrouler ce fragile édifice à coup de marteau anti-immersion. On sait que certains tueraient père et mère pour un bon mot, et manifestement certains studios sont prêt à sacrifier leur bébé pour un mauvais. Le pire est atteint avec les petites séquences qui suivent les nombreux Game Over. Elles brisent allègrement et volontairement le quatrième mur, via un Styx qui s'adresse directement au joueur pour lui proposer de prendre la manette à sa place, pour le menacer de révéler ce qu'il a fait à une tarte aux pommes (via un sous-entendu sexuel totalement incongru) ou encore pour lui demander s'il a mis la manette dans sa poche ou s'il est content de le voir… Ces blagues répétitives, vaseuses et consternantes ne collent absolument pas à l'univers dark fantasy du jeu. Les responsables de leur présence mériteraient d'être pendus par les pieds quelques jours, histoire qu'ils puissent retrouver leurs esprits et leur bon sens !


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