Test également disponible sur : PC - Xbox One

Test Cuphead : la meilleure exclu Microsoft depuis belle lurette !

Test Cuphead : la meilleure exclu Microsoft depuis belle lurette !
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La Note
note Cuphead 18 20

On en attendait beaucoup et on pouvait donc craindre d'être déçus au final, mais Cuphead tient bel et bien toutes ses promesses. A commencer par celle consistant à nous plonger dans un véritable dessin animé des années 30, grâce à des graphismes et une bande-son qui puisent habilement dans le travail des Disney, Fleischer et autres Tex Avery. Cette direction artistique totalement inédite dans le jeu vidéo est un véritable régal de tous les instants, et elle nous pousse à persévérer face à une difficulté relevée, mais jamais injuste. Même si le "die & retry" n'est pas votre tasse de thé à la base, vous y trouverez  votre compte pour peu que vous soyez un minimum sensible à l'esthétique si particulière du titre. Son prix de vingt euros et sa durée de vie inférieure à la dizaine d'heures le font peut-être rentrer dans la catégorie des petits jeux, mais il restera incontestablement dans les mémoires comme un très grand titre !


Les plus
  • Direction artistique époustouflante
  • Musique et bruitages parfaits
  • Difficile mais jamais injuste
  • Prix très raisonnable
Les moins
  • Manque de scénarisation
  • Mauvais contrôles clavier par défaut
  • Il faut aimer le "die & retry"


Le Test

Petit studio indépendant promis à un bel avenir, StudioMDHR a fait tourner quelques têtes dès 2014 avec l'annonce de Cuphead, un "run and gun" (un shoot'em up à pied donc…) reprenant l'esthétique des dessins animés des années 30. Une idée formidable sur le papier, mais qui aurait pu tomber à plat si le gameplay n'avait pas suivi ou si la réalisation technique n'avait pas tenu la route. Nous allons voir qu'il n'en est rien, et que Cuphead est clairement l'un des plus grands petits jeux du moment.


CupheadEt la plus grande force de Cuphead, c'est bien évidemment sa direction artistique absolument formidable. L'idée de reprendre tous les codes des cartoons des années 30 est excellente, tandis que la réalisation technique remplit parfaitement cet office. Animations réalisées à la main sur celluloïds, fonds peints en aquarelle avec des couleurs légèrement délavées, effets spéciaux simulant les poussières et rayures d'une pellicule de cinéma, enregistrements jazzy avec souffle et craquements des disques vinyles d'antan, tout est là pour nous replonger quasiment un siècle en arrière. D'ailleurs un simple temps de chargement accompagné de bruits et images parasites suffit à nous convaincre que l'analogique meuble bien mieux les temps morts que la pureté numérique...


TWO CUPS, ONE GAME


CupheadMais revenons aux influences majeures et pleinement revendiquées du jeu, parmi lesquelles on trouve les studios Walt Disney (qu'on ne présente plus) et Max Fleischer (Betty Boop, Popeye). Les connaisseurs pourront même dénicher des références un poil plus obscures, comme par exemple un pic-vert géant qui rappelle fortement le Woody Woodpecker de Walter Lantz, un ancien des studios Disney qui assurera à l'occasion la formation d'un certain Tex Avery... C'est donc toute une mouvance et toute une époque qu'on retrouve dans Cuphead, mais il n'est pas absolument pas nécessaire d'être un spécialiste du sujet pour apprécier ce tour de force, cette ambiance cartoon faisant de toute manière partie de la culture générale inconsciente. C'est ainsi que les héros du jeu (ils sont deux pour le cas où vous joueriez en coop) rappellent quelque peu le Mickey de la période Steamboat Willie, même s'ils prennent la forme de pièces de vaisselle. L'introduction nous apprend qu'après s'être égarés dans un casino malfamé, les bien-nommés Cuphead et Mugman se retrouvent à travailler pour le Diable et doivent aller collecter des âmes pour le compte du malin. Voilà un prétexte tout trouvé pour parcourir différents niveaux et venir à bout de multiples personnages.

 

MOURIR AVEC PLAISIR

CupheadN'allez pas croire pour autant que Cuphead soit un jeu de plateformes, ni même un "run and gun" classique. On retrouve certes quelques niveaux où l'on doit progresser dans des décors tout en évitant et éliminant moult petites créatures, mais la plupart des tableaux sont relativement fixes et se contentent de nous placer face à un unique boss. Les transformations, déplacements et invocations de ces boss, qui ont d'ailleurs une classe folle, suffisent heureusement à éviter tout ennui et, en vérité, créent même un défi extrêmement corsé. Difficile à souhait, le jeu ne se montre toutefois jamais bêtement punitif. Sévère, mais juste ! Seuls les joueurs PC qui auraient l'étrange idée de vouloir jouer au clavier pourront pester contre des contrôles par défaut mal fichus, qu'ils feront bien de changer afin de ne plus s'emmêler les pinceaux. Mais en dehors de ce point de détail, le gameplay se montre quasiment irréprochable.

N'allez pas croire pour autant que Cuphead soit un jeu de plateformes, ni même un "run and gun" classique [...] la plupart des tableaux sont relativement fixes et se contentent de nous placer face à un unique boss.


CupheadLa prise en main est immédiate, alors même que le jeu présente plusieurs subtilités intéressantes dans ses mécaniques. On dispose ainsi d'un tir primaire et secondaire, de la possibilité de bloquer sa position pour pouvoir tirer dans huit directions sans se déplacer, d'un dash extrêmement pratique, et d'un saut "simple mais un peu double de temps en temps". En effet, chaque niveau affiche quelques tirs, ennemis ou éléments de décor de couleur rose, ce qui indique la possibilité de "parer", c'est à dire s'en approcher par un saut, puis sauter une deuxième fois dès qu'on se trouve dessus. Une fonctionnalité utile pour collecter une pièce trop haut placée, se débarrasser "facilement" d'un petit ennemi, ou déclencher une action nécessaire pour vaincre un boss. Il est possible de plus de s'équiper d'un "charme" à choisir parmi plusieurs. Par exemple : vie supplémentaire (mais tir moins puissant), invisibilité (et donc invincibilité) durant le dash, ou encore  remplissage continu de la jauge de super-capacité. Par défaut, chaque tir touchant un ennemi nous rapproche en effet du moment où l'on pourra déclencher un coup spécial dévastateur.

 

C'EST DANS LES VIEILLES TASSES QU'ON FAIT LES MEILLEURES SOUPES

 

CupheadTous ces éléments forment un gameplay relativement riche, et il est nécessaire de tous les utiliser si l'on souhaite sortir vainqueur des combats. Dans tous les cas, vous mourrez souvent, le jeu fonctionnant sur le fameux principe du "mourir et réessayer". Les boss réservent leur lot de surprises et vous ne pourrez jamais anticiper leurs mouvements et leurs attaques avant de les avoir expérimentés dans votre chair. Un conseil : tendez bien l'oreille, car certains bruitages subtils donnent de précieuses indications, que ce soit sur la disponibilité de la super-attaque ou le comportement à venir d'un boss. En dehors de ces formidables ennemis, et des quelques niveaux réellement "run and gun" précédemment évoqués, Cuphead nous donne également l'occasion par moments de piloter un avion afin de traverser un tableau de type shoot'em up, ou de défendre une jarre face à une invasion de fantômes roses, qu'on ne peut donc éliminer qu'avec le saut. A chaque fois, la difficulté est corsée, mais la rapidité avec laquelle on peut recommencer un passage évite toute frustration. Il en va de même pour l'indication visuelle sur notre progression donnée en cas d'échec. Voir notre petit bonhomme tout près de la ligne d'arrivée incite à persévérer. Et la satisfaction qui suit chaque victoire se voit démultipliée par la musique, particulièrement entraînante.

A chaque fois, la difficulté est corsée, mais la rapidité avec laquelle on peut recommencer un passage évite toute frustration. Il en va de même pour l'indication visuelle sur notre progression donnée en cas d'échec.


CupheadEnfin, la sélection des niveaux se fait à travers un petit monde dans lequel on prend plaisir à évoluer, et qui permet d'abandonner pendant un temps un tableau un peu trop récalcitrant,  pour mieux y revenir plus tard. Il y a finalement très peu de choses à reprocher à Cuphead, si ce n'est une certaine timidité narrative. Puisque le jeu met particulièrement l'accent sur les boss, on aurait aimé disposer d'informations sur chacun d'entre eux, histoire de les démolir en connaissance de cause. Et le scénario aurait mérité d'être plus développé, notamment à travers des scènes cinématiques, car le moteur graphique façon dessin animé se prête particulièrement bien à l'exercice. Bref, le jeu manque un poil d'ambition en matière de narration,  mais le tour de force artistique est tel qu'on ne peut vraiment pas lui en vouloir. On se contentera d'espérer qu'un Cuphead 2 plus long et plus scénarisé soit rapidement mis en chantier !


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