Radical Heights : on a joué au Battle Royale de CliffyB, un jeu développé dans l’urgence ?


Radical Heights : on a joué au Battle Royale de CliffyB, un jeu développé dans l’urgence ?

Sans grande surprise, face à la concurrence trop pressante d’Overwatch, le studio Boss Key de Cliff Bleszinski n’a pas réussi à imposer LawBreakers comme une alternative valable dans l’esprit des joueurs. Après plusieurs mois passés à péricliter, le FPS ne permettait plus au studio de se projeter dans l’avenir, ce qui a poussé la structure à devoir très vite trouver un plan B. Quelques jours à peine après l’annonce de l’abandon de LawBreakers, le studio ouvre sur Steam l’Early Access de Radical Heights. Véritable projet muri et réfléchi ou tentative scabreuse d’un studio dans la panade ? Voici nos premières impressions sur le jeu !


Radical HeightsTout d’abord, il faut préciser que si Radical Heights est en Early Access comme de nombreux autres jeux, il se trouve dans un état de développement très précoce. Attention, il s’agit ici d’une véritable pré-alpha, et de très nombreux problèmes techniques sont présents, même si le jeu s’est révélé plutôt stable. En effet, à l’heure actuelle, la map est largement incomplète, qu’il s’agisse de zones en chantier, de textures absentes, d’éléments manquants (portes, fenêtres), d’animations carrément bizarres, ou encore de la physique du jeu qui est totalement aux fraises. De même, d’innombrables bugs sont présents, mais ces derniers n’empêchent néanmoins pas de découvrir le concept de Radical Heights. Avec une obligation de résultat, Boss Key Productions s’est donc orienté vers le genre du Battle Royale, ce dernier faisant actuellement un carton en ligne. Pourtant, cette décision nous semble risquée, car face aux poids-lourds déjà établis, il nous parait très ambitieux de penser pouvoir s’imposer. En effet, le marché est déjà saturé, entre les tauliers qui occupent le secteur, à l’image de H1Z1, PUBG, Fortnite et les futurs modes pressentis dans Battlefield, Call of Duty ou encore le prochain Red Dead Redemption 2. Globalement, la recette n’évolue pas d’un iota : il s’agit toujours de se faire parachuter, puis de fouiller les alentours en quête d’armes et d’équipement, afin de pouvoir se targuer d’être le dernier survivant une fois le compte à rebours terminé.

 

RADICALEMENT VÔTRE

 

Radical HeightsDans Radical Heights, le combat nous est introduit via le prisme d’une émission de télévision éponyme qui ferait fureur dans les années 80. On a donc droit à un déferlement de couleurs néon criardes, de coupes mulet et de BMX équipés de jantes cinq bâtons, le tout afin de se sentir directement plongés dans l’ambiance. Comme il s’agit d’une émission TV, le jeu dispose de plusieurs petites particularités, dont certaines sont cosmétiques, et d’autres forment les spécificités de gameplay qui composent l’identité de Radical Heights. Au niveau cosmétique, la map est en fait un grand dôme qui abrite les combats, tandis qu’on entendra souvent la voix d’un speaker qui commentera les plus belles actions. Comme chaque participant à un jeu télévisé, le joueur prendra aussi part à cette Battle Royale pour gagner de l’argent. En effet, outre la chasse à l’homme, il faudra arpenter la map de Radical Heights à la recherche de cash. Les liasses ne sont pas très compliquées à trouver, et on pourra mener une véritable chasse au trésor dans les maisons, en détruisant les caisses enregistreuses des commerces, ou même en dépouillant le cadavre de nos ennemis. Cet argent va ensuite servir à utiliser les très nombreux distributeurs automatiques qu’on trouve sur la map, et qui vendent armes et équipement de première qualité. Vous l’avez compris, on pourra donc passer plusieurs parties à économiser en déposant son argent via des distributeurs de billets, puis tout retirer lors d’une autre partie afin d’obtenir des armes uniques de première qualité dès le début du jeu. Dans le titre de Boss Key, chaque arme ou pièce d’équipement aura un indice de qualité matérialisé par sa couleur. Le blanc est du tout-venant, le vert est plus intéressant, le bleu est gage de qualité et le doré garantit un ticket pour le Top 10.

 

Bien que le développement soit loin d’être fini et malgré les quelques bonnes idées, on a du mal à voir Radical Heights comme autre chose qu’une tentative désespérée de récupérer quelques deniers en surfant sur un genre à la mode.

 

Radical HeightsS’il est aisé de comprendre que plus la qualité d’un équipement est  haute, meilleur sont ses statistiques, il faut savoir que c’est également vrai pour les armes, et ce, indépendamment de leur type. En clair, un Colt Python qualité Or sera infiniment plus efficace qu’un fusil d’assaut Steyr Aug de qualité verte. Le jeu ne disposant pas pour l’instant de tutoriel, on vous avoue qu’on a mis du temps à comprendre qu’un petit pistolet pouvait être bien plus efficace qu’un gros fusil. L’autre particularité de Radical Heights est qu’on va pouvoir profiter de nombreux mini-jeux à l’intérieur de l’arène. Bien sûr, il s’agira là aussi d’obtenir un avantage au combat, ou de récupérer des bonus de cash pour faire enfler son compte. Parmi les réjouissances, on mentionnera des courses de BMX, des loteries (avec une grande roue) ou encore des rideaux à ouvrir comme dans l’émission "Le Juste Prix". Bien sûr, la participation à ces activités représentera un danger, car les lots attisent bien sûr la convoitise des autres joueurs du serveur. Comme dans tous les Battle Royale il faudra donc choisir entre discrétion ou démonstration de force pour atteindre le dernier cercle. Malheureusement, malgré ces quelques innovations, Radical Heights nous semble bien désarmé pour faire face à PUBG ou à Fortnite dont les mécaniques sont parfaitement rôdées et qui sont maintenus à jour par de gros studios aux moyens bien plus élevés. Bien que le développement soit loin d’être fini, et malgré les quelques bonnes idées, on a du mal à imaginer Radical Heights comme autre chose qu’une tentative désespérée de récupérer quelques deniers en surfant sur un genre à la mode. Malheureusement pour nous, Cliff Bleszinksi semble avoir perdu le feu sacré qui l’animait à l’époque d’Unreal Tournament ou de Gears of War.


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